Entrons-nous dans la « lutte des places » ? (Sur Placement libre d’Ella Balaert)

Dans un entretien pour Médiapart, Ella Balaert vient de jeter une lumière neuve sur notre société : peut-on penser que la lutte des classes, qui a si cruellement régné, mais où chacune avait sa place, est en train de se faire supplanter par une « lutte des places », où chacun se voit désormais seul et « jetable » ? La société suicidaire où chacun, sous couvert de « placement libre », doit se tailler sa propre place, révèle chaque jour davantage sa face sombre : le sort qu’elle réserve à ceux qui n’ont pas, ou n’ont plus de place.

Migrants, chômeurs, précaires, anonymes ou invisibles sont-ils condamnés à une même inexistence ? Toutes nos accélérations, toutes nos activités fébriles, toutes nos angoisses intimes ont-elles pour centre un tel trou noir ?

Une lecture d’autant plus urgente qu’Ella Balaert, avec son humour, sa douceur et son humanité, donne des pistes d’espoir pour que chacun crée sa place, en créant son identité.

L’entretien est en ligne sur Médiapart :

https://blogs.mediapart.fr/emmanuelle-favier/blog/261116/ella-balaert-ou-le-roman-d-une-lutte-des-places

pour consulter le site d’Ella Balaert :

https://ellabalaert.wordpress.com/

8 réflexions sur “Entrons-nous dans la « lutte des places » ? (Sur Placement libre d’Ella Balaert)

  1. Cette « lutte des places » n’efface pas la lutte des classes, elle en souligne justement l’existence prolongée puisqu’elle en est le dernier avatar repéré.
    Nos dirigeants sont, eux, pour la « lutte des glaces » : tout pouvoir accordé à l’égoïsme mis en scène par les médias à longueur de journée, choc télévisé des personnalités (la politique ramenée au seul individu prétendant l’incarner), narcissisme maquillé des « émissions spéciales » où chaque héraut visant l’élection présidentielle prochaine fait voir ce qu’il croit être son plus beau profil, déjà pourtant vu et supporté durant des dizaines d’années avant sa réapparition.
    La « lutte des glaces » – qui renvoie à la séquence célèbre du film « La Dame de Shangaï » – est devenue ainsi le feuilleton, la série la plus populaire et populiste qui traduit la politique en bataille de chiffonniers, tout cela pour un bulletin de vote qui sera transformé après coup (pour le perdant ou le gagnant peu magnifiques) en petits blocs-notes sous prétexte d’une « écologie » mince comme une feuille de papier à cigarettes suivant le modèle des « paquets neutres ».

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  2. Il reste la grande question du « confortable » Car si notre identité ne dépend plus du regard que porte la société sur notre « fonction-place-statut ». Ou bien plutôt, si nous-même ne faisons pas reposer notre identité sur notre place-statut-fonction, nous la faisons souvent reposée sur nos possibilités d’être « confortable ». Concrètement avoir les moyens financiers pour habité un endroit « confortable », se déplacer tout en étant « confortable », avoir des activités (travail, loisir, etc) « confortables. Si nous pouvons parfois appeler « travail » par loisir ou encore par activité passionnante, etc ne reste-t-il pas une dépendance de l’identité par rapport aux revenus ? Souvent même pour rencontrer des personnes « en affinité » avec nous ?

    Bien que parfois, les revenus (le confortable, à lire avec l’accent anglais) (je ne connais pas son équivalent en français ) donc actuellement, n’est-pas les moyens financiers qui ont surpassé les origines (la généalogie), la passation de la fonction, de l’entreprise, du patrimoine, du titre ou de la misère familiale ?

    Si auparavant, les « artistes » (écrivains, etc) étaient souvent totalement libres des places « obligées », et souvent totalement indépendant du « confortable », n’avaient-ils pas, à quelque part, recréé des places ? Beaucoup s’en allaient les poches vides. Depuis que plusieurs sont devenus « connus » de leur vivant, (concrètement ont soudain eu « des moyens financiers importants ») n’auraient-ils pas été « commercialement » rattrapés, justement, car la société n’identifiait soudain plus les uns et les autres, en fonction de « place » (entre autre critères de démarcation) mais de plus en plus en fonction d’avoir « des moyens financiers » car la personne a su être au bon moment, à la bonne place … c’est à dire, les moyens financiers apportent la liberté de choix, en premier la liberté de choix (par) le confortable.

    Critère de jugement pouvant être tout autant stigmatisant que d’autres critères du passé …

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