L’existence face au rien (Qu’est-ce que le métaphysique?)

Nous parlons de métaphysique pour désigner ce qui provoque en nous le sentiment du rien : il y a des lieux métaphysiques, des instants, des expériences métaphysiques. Fumer une cigarette, parfois. Se relever la nuit. Tenter d’imaginer concrètement comment on meurt de faim. Regarder le flot des voitures depuis un pont d’autoroute. Suivre une ambulance. S’ennuyer. Revenir sur un lieu d’enfance. Regarder les autres sans les écouter, ou couper le son de la télévision. Entrer dans une salle d’accouchement, ou dans un bloc opératoire. Regarder la mer en face, ou le ciel étoilé. Sortir d’un cinéma. Manger après une longue marche. Prendre un objet au hasard et le scruter dans ses moindres détails. Aller au travail très tôt, alors que tant d’autres dorment encore.

Le sentiment du rien est le premier des sentiments, parce qu’il nous donne à sentir que nous existons face à lui, même si c’est par lui. Tout ce joue dans l’entre-deux du rien et de mon rien, comme si entre son inexistence et la mienne, le sentiment du rien traçait une ligne d’existence.

Ils sont métaphysiques ces lieux, ces instants où l’on sent que l’existence est la tangente du rien.

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23 réflexions sur “L’existence face au rien (Qu’est-ce que le métaphysique?)

  1. Dans la métaphysique, je ne vois pas l’existence du « rien » mais celle d’autre chose, de l’ailleurs, de l’incommunicable, de l’étrange (comme dans une toile du peintre « métaphysicien » Giorgio De Chirico), de l’au-delà, de l’après…

    Je sors d’un cinéma : il n’y a pas « rien » mais des images et des sons imprimés, pour certaines séquences, dans ma mémoire. Il reste à inventer le film « métaphysique » (Guy Debord s’en est approché avec ses plans tout noirs)…

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  2. Je ne le pense pas. La surface définie les points qu’on prends pur la circonférence des choses.

    C’est bien l’inverse: la chose est la limite de la surface. Si quelque chose semble morte c’est parce que sa surface est devenue pourrie.

    Mais qui sais? En tout cas je vous remercie pour votre gentillesse. Il n’y aura jamais assez de gentillesse dans cette monde, ça, oui, est sur

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  3. Dans chacune de nos cellules est inscrit tout le mystère de la vie, si semblable et en même temps si différent de celui de toutes les autres cellules de tous les êtres vivants. Que le support de ma pensée soit un amas de protéines, un assortiment de chaînes de carbone, ou encore un souffle de vent, n’a finalement que peu d’importance, puisqu’elle seule conditionne mon existence et demeure la source de tout. Et ca, ce n’est pas rien…

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      1. À chacun sa réalité
        Il semble que nous puissions habiter un trou noir avec comme limites celles de notre univers, dont il est impossible de sortir puisqu’il nous retient prisonnier…
        D’autres hypothèses inverses coexistent !
        Cependant, Le décryptage progressif de nos mécanismes cellulaires nous plonge dans le concret et nous rattache à nos racines protéines. Tant pis pour les rêveurs en mon genre qui préfèrent laisser s’envoler leur poussière d’étoile chaque nuit de pleine lune…

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  4. Votre article me fait penser à « Ces petits riens de Gainsbourg », « mieux vaut pleurer de rien que de rire de tout, pleurer pour un rien c’est déjà beaucoup ».
    (Comme Gainsbourg) vous prouvez toujours que rien est quelque chose, et en même temps j’ai l’impression que vous essayez de dire que non, « rien » au sens (déjà paradoxal à mon avis) de néant, existe. Mais puisque vous prouvez vous-même que « rien » n’existe pas, à quoi mène votre paradoxe? Pourquoi vous tenez tant au rien, quand même ?

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