Comment penser l’injustice?

Ma philosophie part de l’injustice, et, évidemment, ce n’est pas un choix.

Comment prendre une chose au hasard sans faire l’expérience, immédiate et perpétuelle,  de l’injustice ?

Comment ne pas l’entendre dans les choses humaines ? Là-bas qui parle et qui se tait ? Qui bosse et qui profite ? Qui tue et qui meurt ? Comment ne pas voir ce qui se cache ?

Mais l’injustice dans les choses peut être pire encore. Car elle est double :

  1. Lorsqu’on les achète, on trouve en elles beaucoup d’image et bien peu de réalité. Cette première injustice, c’est l’écart entre le monde et le réel. Car le monde est vécu, mais imaginaire, tandis que le réel est tangible, mais absurde.
  2. Lorsqu’elles fonctionnent, on mesure l’écart entre ce qu’elles devraient être et ce qu’elle ne sont pas, l’écart entre le bien qu’elles devraient faire et le mal qu’elles font, l’écart entre la production permise et la destruction prodiguée. C’est la deuxième injustice, entre l’être, idéal et le néant, destruction.

L’injustice dont je pars est le double écart entre le monde et le réel, l’être et le néant. Voila pourquoi penser l’injustice, c’est penser le rien. Car l’injuste est toujours que rien n’existe, ni de ce qu’on dit, ni de ce qui devrait être. C’est pourquoi penser l’injustice, c’est penser qu’il y a rien, exactement comme celui qui la vit pense qu’il est rien. L’injustice est une communauté d’inexistence. Tous ceux qui l’ont subie la reconnaissent d’emblée : c’est la souffrance que l’on cache qu’il n’y ait rien pour nous, lorsqu’elle devient peu à peu la certitude d’inexister.

Bien sûr, comme disait Descartes, ce que je dis ne vaut que pour moi. Toutes les autres réponses sont tout aussi possibles et nécessaires. Si vous indiquez vos préférées, nous pourrons en discuter.

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18 réflexions sur “Comment penser l’injustice?

  1. Bon jour,
    L’injustice est au cœur des sociétés humaines, dont le pendent est le mensonge que cela soit dans le réel ou bien … l’imaginaire. La vérité n’est qu’un mensonge déguisé et le réel une forme de référentiel pour flouer un instant le néant.
    Max-Louis

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  2. J’avais pris le temps de souligner, avec hésitation, deux coquilles. Mais une correction à mon propre mot me l’a fait effacer en entier. Je me reprends donc avec moins de circonspection : au point 2 : « on mesure l’écart entre ce qu’elles devraient être et ce qu’elle[s] ne sont pas, » ; et au long paragraphe… Ah mais vous venez de vous corriger. Mes salutations distinguées. Quant au fond, il faudrait que j’y réfléchisse plus avant. Ma conception de l’injustice doit beaucoup (trop) à Platon. N’ai pas assez étudié les sagesses orientales. Un équilibre doit-il être trouvé ou une ouverture aux écarts cultivée ? Comment Nietzsche aurait-il abordé la question ? J’ai un ami qui essaie d’examiner la question de la coexistence dans la perspective (de la Théorie des symboles) de Norbert Élias. http://atenacite.blogspot.ca/ Je l’inviterai aussi à vous (re)lire !

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    1. Un grand merci à vous.
      Je vais lire votre ami, et l’accueillerai volontiers s’il le souhaite.
      Quant à Platon, je ne sais commet vous l’entendez, mais je pensais en être fort proche:
      ce que je nomme « être » correspond d’assez près à ses Idées, qui sont plus réelles que le monde ambiant, alors que l’on ne les y voit jamais.
      Donc, c’est que c’est bien par rapport à elles que l’on peut mesurer ses défauts, ses vices et son manque fondamental de réalité.
      Les Idées révèlent donc l’injustice du monde, à tous les sens du terme.

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  3. L’écho que je reçois, que l’injustice est en vivration dans notre société actuelle.
    Dans la nature, un animal ne chasse pas si il n’a pas faim, il chasse pour survivre et non par plaisir de chasser …
    Bonne journée.à vous …

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  4. J’aime ce que vous avez écrit, cela me touche car je l’interprète pour conforter une idée personnelle. Face à l’injustice individuelle, tant que c’est possible, ne vaut-il pas mieux continuer sa route coûte que coûte car ne pas essayer que justice soit faite, c’est-à-dire surtout éviter que leurs auteurs y échappent officiellement. Vouloir obtenir justice, est-ce autre chose que s’employer à suppléer à la conscience d’autrui ? Alors autant laisser ces auteurs face à leur conscience restante, ou, s’ils n’en ont guère, vivre dans le rien jusqu’à ce que la douleur du vide ne les ranime. Soit les condamner à changer ou ne pas exister. Mais je ne sais si sans foi en sa route, pour ne pas dire, sans une foi tout simplement, il est possible de ne pas se laisser entraîner dans les escaliers du néant, soit la colère. Votre texte rassure mais qu’est-ce qui peut apaiser autrement que la foi ? La justice vaut-elle que l’on y consacre du temps lorsqu’il reste de l’espace pour faire autre chose.

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    1. Le rien est injustice, pour qu’aucune vérité n’existe ? La foi en qui, en quoi, puisse que l’injustice nous emprisonne, chaque jour. Elle créé des malheurs, des troubles graves, même chez les personnes résistantes, instruites. La vie peut devenir une injustice, lorsque l’existence est trop mal vécu. Il n’y a pas d’être idéal, c’est injuste, mais c’est un constat. Le contraire n’est que fantasme. Dans l’injustice, ce qui est extrêmement grave, c’est qu’elle est tracée d’avance, par ceux qui ne veulent pas partager, la raison, la liberté… La finalité de l’injustice, est d’humilier et faire souffrir.

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  5. Notre société pratique le créationisme laique, à savoir l’homme détient les clefs du savoir et se croit en toute chose supérieur à la nature pour la soumettre à ses dessins selon les règles de la logique communément utilisée. Cette logique est le dogme de l’analyse où l’on peut juger de tout sans connaitre le fond des choses et croire pouvoir s’en contenter. Et la prise de décision rationalisée aux aspects financiers n’en est que l’apanage. Pourtant l’homme et la nature ne sont pas si différents et s’accordent plutôt très bien puisque sinon, l’un et l’autre ne pourraient avoir les mathématiques en commun, ou alors comment expliquer que par des calculs et selon des principes de la physique l’on puisse calculer la trajectoire d’une balle lancée en l’air ? L’homme fait partie intégrante de la nature et en tant que tel, peut difficilement prétendre ne pas être est soumis à la loi de l’évolution et renoncer au principe qui veux que, ne pas s’adapter, c’est disparaitre.
    Aujourd’hui, notre société toute entière est passée plus ou moins sans le savoir à l’état de survie tandis que l’horizon de notre avenir rétrécit de jour en jour. Rien d’étonnant à ce que des personnes souffrent. En souffrant, votre intuition se développe et vous prépare pour construire des solutions différentes, mais qui peut prétendre les connaître vraiment et dans quel ordre les développer ? Qu’est-ce qui fait que la « mayonnaise » prend ou ne prend pas ?. Quand on sait où la planète en était au départ et que l’homme n’est qu’un arrivé de dernière minute comme se le plaisait à le dire H. Reeves, qui peut avoir la prétention de croire que son évolution est dû au hasard, comme si tout était contingent et que ce simple lancer de balle ne pourrait jamais alors s’expliquer, à moins que l’homme et la Nature n’auraient rien avoir ensemble, ce qui ne se peut pas non plus ? Le créationisme tout court relève de la même erreur où l’on croit que des calculs puissent permettre d’ériger quoi ce soit. Darwin me semble rejoindre on ne peut mieux cet l’esprit de synthèse animant les paraboles bibliques.
    Et donc à l’évidence, la nature est finalisée comme le rapporte Nodé-Langlois depuis Aristote., et il devient surtout urgent de retrouver la raison. Kant a tout compris sur cet enjeu premier qui se devrait d’être enseigné dès le plus jeune âge avec des méthodes totalement dffférentes, mais personne ne le comprend aujourd’hui et encore la portée de son oeuvre. Le monde en serait totalement différent, les jugements de nos politiques aussi. La voie qu’il a ouverte n’est pas entre le scepticisme et le dogmatisme.
    Alors pour accepter que l’erreur et l’injustice deviennent intelligibles dans une planète dont la beauté ne serait que la manifestation du bien comme loi naturelle et commune avec la morale de l’homme, il y a, oui, une démarche à faire, je le crois. Et ce qui est certain, c’est que notre société n’a aucune chance d’évoluer et d’éviter la guerre si elle ne retrouve pas la voie ainsi ouverte il y a 200 ans. Je travaille sur ce sujet pour publier.

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  6. Il y a plusieurs degrés dans l’injustice, ainsi quelqu’un peut être accusé injustement d’un préjudice dont il n’est pas l’auteur et condamné ou tué pour cela par d’autres qui s’érigent en justiciers. La pire injustice.
    Le corollaire est les actions terroristes commises par ceux qui ont décidé que ceux qui ne pensaient pas comme eux, doivent être éliminés. La pire des injustices est faite à ceux dont on vole la vie pour n’importe quel prétexte !
    L’injustice matérielle de nos sociétés marchandes, me semble plus anodine. Elle le devient si on la couple au mérite. Doit-on obtenir ce je l’on mérite ou est-ce injuste si ce n’est pas le cas ? Regarder ce que possède le voisin, pour l’envier, est délétère et inutile. Mais pourtant c’est souvent le nerf de la guerre…

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    1. Bonjour, les actes, les injustices multiples que causent les folies terroristes, sont préméditées, voulues, étudiées de longue date… Pour faire mal, souffrir, humilier, faire peur, pour que les masses des populations se taisent et craignent, pour leur vie, aussi détruire toutes les confiances sociales. individuelles, où elles se trouvent de par le monde. Depuis toutes ces années (1972…1995…2015… dans le monde…) comment se fait-il que, les groupes reconnus, fabriqués par…, aient encore des tonnes de munitions, des armes, des blindés, des sommes en millions financiers, commercent avec des mercenaires politiciens…, à la vue de tous ces morts assassinés ? L’injustice n’est pas naturelle, associée au pouvoir, elle est créée par l’homme, depuis que celui-ci puissant à compris, qu’il possédait cet autorité. De tout temps, « l’être » (je ne mentionne pas d’exemple de) prétendu supérieur a fomenté des révoltes, des conflits, des guerres injustes, dans le seul but de vaincre, posséder, d’agrandir ses territoires , de créer des alliances, pour s’enrichir… Aujourd’hui encore, cela se produit. Nous sommes complices et responsables, qui que nous soyons, sur cette planète; de toutes ces injustices, même si nous nous voilons la face. La conclusion de toutes ces injustices, est que l’homme, devenu stupide, trop orgueilleux et amnésique, court à sa perte. A chaque échelon de nos Sociétés, les uns et les autres, nous pratiquons des injustices, même si celles-ci sont considérées bénignes. Certaines sont flagrantes, d’autres plus sournoises, hypocrites (dites: « diplomatique »,) mesquines ou orgueilleuses. C’est la peur et l’égoïsme qui, créent certains déséquilibres qui sont détestables, chez les êtres non fraternels. La peur de quoi ? (D’être dérangé, déclassé, licencié, accidenté, exproprié, mal soigné, passer au second rang…Etc.) Puisque : « ce qui doit arriver, arrivera, même si nous prions contre ! » Les injustices durant des siècles, malheureusement, ont toujours exister, parce que ceux qui profitent des avantages, de la manne, ne veulent pas partager ou bien accorder une place aux nouveaux arrivants. Ils sont dans l’incapacité d’altruisme, prêts à tout, n’importe quoi, pour détruire, puisque  » l’individu , » à leurs yeux ne compte pas. C’est pour cela qu’il y a tant de conflits de par le monde, même aujourd’hui ; des guerres civiles, des millions de morts sur la Planète. Depuis plus d’un demi siècle, suite à la fin du deuxième conflit mondial, après : « le plus jamais ça !,  » quel hypocrisie et quelle injustice, pour le devoir de mémoire…., les âmes de bonne volonté. La banalisation de certaines injustices, comme celle des meurtres racistes, des morts noyés de la Méditerranée, où aux abords des frontières de certains pays européens, au Etats Unis où ailleurs, etc., est la marque d’une certaine indifférence générale. Les injustices en tout genre, sont le cancer de nos Sociétés, elles qui se prétendent modernes, démocratiques. Le terreau de certaines injustices se situe, dans la peur de l’autre, l’imbécillité et la volonté de se croire supérieur à… Salutations et fraternité.

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    1. Bonjour Marguerite, nous pouvons choisir notre propre chemin,devenu adulte, mais nous sommes et devenons marginales, si nous sommes trop indépendants, différents, hors du profil. Quel profil ? Il faut être courageux, volontaire,avoir les moyens, « savoir y faire, » pour ne pas suivre la foule, qui soit disant nous protège, nous rend anonyme. Un exemple bête et simpliste qui, peut être contrôler mille fois par jour, partout sur le territoire national. La limitation de vitesse dans les villages, bourgs ou petites agglomérations, qui sont devenus des lieux ‘dortoirs. » (Dès qu’il y a un accident, les parents craignent pour leurs enfants, mais ces mêmes parents, dans leur villages, bourgs, ne respectent pas les limitations, ni le code…) Il y a personne dans la rue, mais le panneau que nous payons de nos impôts est là, scellé dans le sol, bien visible. (Quand il ennui pas et est déraciné volontairement la nuit… Qui paye la remise en place ? Lors la circulation routière, si le premier automobiliste, qui emprunte la route de l’entrée du bourg, du lieu dit, du village, respecte la limitation, tout le monde suit le mouvement. Si l’automobiliste qui est en tête, ne réfléchit pas, roule à soixante-dix kilomètres heure, (au lieu de cinquante ou de trente, ce qui devient de plus en plus fréquent, pour obliger les automobilistes à rouler moins vite,) les autres suivent à une vitesse approchante. Là, nous avons une possibilité de vivre notre propre personnalité, de référer à nos valeurs, et rester dans un profil intelligent, en ne favorisant plus la dénaturalisation des routes, rues des petits bourgs, villages par des espèces de pièges à ralentissement, comme les « dos d’âne, » les piquets fluo pour nous déranger, nous faire stopper ou slalomer, parce que nous sommes indisciplinés et je-m’en-foutistes, puisqu’il n’y a plus un gendarme au bord des petites routes. (et c’est moi qui dit cela…) Il y a d’autres exemples aussi concluants du fait que nous cherchons les ennuis, pour nous plaindre ensuite. Le peuple français doit être maso. Là, il n’y a nul programmation, que de la paresse, et de l’orgueil déplacé. du paraître… Je joue les moralisateurs, non ! Je réponds simplement que le monde et nos vies , ce sont nous qui fabriquons toutes les contraintes, sans se sentir responsables par insouciance, imbécillité et ignorance. Mais comme je ne suis pas un université, ce que je dis…. J’espère simplement ouvrir un débat. Cela aussi est un grave problème dans la mentalité française ne pas se sentir responsable de rien; et après se plaindre.

      Qu’elle conduite

      Je me méfie des habitudes
      Ce sont des attitudes
      Journalières qui déroutent
      Faire toujours chaque jour
      La même chose au fur
      Et à mesure cela m’épouvante.

      Je me méfie des habitudes
      Cela rend paresseux
      Manque de gratitudes
      D’attentions, d’écoutes,
      Envers le groupe
      Famille, amis, la troupe.

      Je ne veux pas avoir à dire :
      « Je suis désolé, j’ai pris
      Ces mauvaises habitudes,
      Ce manque d’attitude
      Volontaire, responsable, »
      Lorsque nous sommes ensemble. Etc.

      Madame, j’aime vos écrits et votre état d’esprit. Merci Monsieur Jean Paul Galibert, pour me permettre de m’exprimer ainsi. Cordialement, que « le mieux vivre ensemble, » rentre dans toutes les consciences des êtres de bonnes volontés.

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