Etre ou ne pas être? les quatre possibilités de Hamlet

Hamlet n’a jamais été face à un dilemme, qui opposerait la vie à la mort, comme sa tête à un crâne. Il n’est en rien ce dilettante, à jamais las de l’existence, qui comparerait les mérites de l’être et du non-être. Sa question n’est pas : « à quoi bon vivre ? » ou « pourquoi ne pas mourir ? », parce qu’elle n’a jamais été binaire. Au lieu de nous enfermer dans un dilemme, Hamlet nous libère par un tétralemme, riche de quatre possibilités, contraires deux à deux.
Au départ, sa question est celle de tous les révoltés : vaut-il mieux mourir debout, ou vivre à genoux ? Le choix s’effectue donc entre quatre termes, et non pas deux, car Hamlet, en opposant une existence sans vie à une vie sans existence, ouvre les deux autres possibilités de la vie avec existence et de la mort sans existence : Vivre sans exister, c’est souffrir, subir les injustices qu’il énumère, être exploité. Exister sans vivre, c’est se révolter, et être tué. Etre mort sans exister, c’est le suicide, répudié ici comme un sommeil plein de rêves. Quant à la vie existante, c’est l’art, la création, ici le théâtre, seul facteur de vérité et de joie.

37 réflexions sur “Etre ou ne pas être? les quatre possibilités de Hamlet

  1. Ok JP
    I finally had a bit of time to slowly, as my forgotten level of French requires it, read, which to my very pleasent surprise it worked.
    Your concise evaluation of Hamlet’s dillema should go down history as one of its finest, You managed to present in a few words, what others tried in volumes, sometimes uselessly.
    I especially liked « existing life » or « life existed »… very fine
    I wish it would be in English I would reblog it on the spot:-)
    Nevertheless, Thank You dear Monsieur!

    Romulus

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  2. Ok JP
    I finally had a bit of time to slowly, as my forgotten level of French requires it, read, which to my very pleasent surprise it worked.
    Your concise evaluation of Hamlet’s dillema should go down history as one of its finest, You managed to present in a few words, what others tried in volumes, sometimes uselessly.
    I especially liked « existing life » or « life existed »… very fine
    I wish it would be in English I would reblog it on the spot:-)
    Nevertheless, Thank You dear Monsieur!

    Romulus

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  3. Ce sont les dernières lignes, assez lumineuses, de votre dernier ouvrage non moins éclairant que je viens de terminer avec joie. Il contient une puissance positive explosive, quand entre les lignes l’on comprend bien que l’état suicidaire est non une posture de révolte par le repli, non : un consentement.
    Se dégagent alors des horizons insoupçonnés qui sont de nature à guérir, ou à soigner au moins, des postures culpabilisantes restées sans réponses. MERCI

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  4. Quand tu te lèves le matin, remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force. Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre. Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi même.

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  5. C’est dans le théâtre de la vie qu’il est possible d’exister et si dans chaque jour il y avait aucune représentation possible , il y aurais aucune raison d’être ….

    En passant je ne connais pas Hamlet , ou simplement de non . Le seul classique dans la littérature que je me suis forcée de lire , la raison je l’ignore c’est Zola et l’incontournable misère humaine de son époque …

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  6. Je rêve d’écrire du théâtre, quoique j’en sois incapable. Un Hamlet du 21° siècle tuerait son beau-père qui ne l’a pas coopté alors qu’il veut devenir comédien. ça donnerait : « En être, ou ne pas en être ?… »

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  7. Alors pour répondre à Lunedesoleil, Hamlet n’est pas un classique de littérature mais un classique du théâtre. Et c’est justement parce qu’on en a fait un classique de littérature dans la période romantique au XIXème, qu’Hamlet a provoqué des représentations théâtrales qui s’apparentent à de la « littérature en costume », avec un Hamlet suicidaire, dépressif.

    Comme le souligne bien l’auteur de cet article, Hamlet ne s’interroge pas sur la vie ou la mort, mais sur l’action ou l’inaction. Mourir debout, ou vivre à genoux.
    D’ailleurs, c’est simple : il écarte très vite l’idée du suicide dès son premier monologue : « ou si l’Eternel n’avait pas édicté sa loi contre le suicide ».

    Et enfin, en tant que comédien, je verrais bien le « Etre ou ne pas être » joué dague ou épée à la main, de manière énergique, dans une adresse au roi et Polonius, cachés, qui l’espionnent à ce moment là. Et le sens de départ du monologue étant : « venez, j’ai pas peur ».

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    1. Il y a plusieurs grandes questions pour un humain qui réfléchit, comme pour un artiste, dont celle-ci : Faut-il créer sans cesse pour se sentir exister pleinement ou alors, grâce à nos recherches, nos doutes quotidiens et notre travail aboutir au seuil d’un talent? La prise de conscience de sa vraie situation, quels que soient les apparences n’est pas souvent chose facile… La complexité de l’être humain au travers de tous ses méandres ne peut être sans cesse un mystère, c’est pour cela que nous avons besoin de toujours réfléchir, sur ce que nous sommes ou pourrons être dans le futur. La réflexion sur le for intérieur, le moi profond de l’être par différentes analyses, pousse l’être sensible vers la créativité. Créer, c’est toujours construire des saisons intérieures, puis selon sa discipline, les exposer à l’extérieur, après bien des études. Aimer, porté par de vrais et nobles sentiments ou bien, profiter seulement des plaisirs qu’offre une fréquentation passionnelle… Quel est le plus nourrissant? « Je pense donc je change… » D’après Bergson. Exister c’est apprendre, mûrir, évoluer, transformer certains exemples, sortir de soi, etc. Salutations.

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    2. « Faut-il mieux mourir debout ou vivre à genoux? » Nous, les êtres humains civilisés, nous prétendons vivre debout tout au long de notre vie. Pour certains, ce n’est qu’une illusion, puisqu’ils ne réfléchissent pas vraiment jour après jour sur l’essentiel. Qu’est-ce qui nous tient debout autre que notre volonté d’être, de créer, de travailler, de transformer certaines matières, certains événements de notre existence, selon bien des disciplines. Pourtant sous la forme debout, jour après jour, nous sommes forcer de nous courber, de nous rapetisser, sans même que nous en prenions vraiment conscience, puisque notre moteur orgueilleux nous voile une partie des réalités. Dans le fond, nous ne sommes pas à plaindre, puisque nous sommes les seuls responsables de toutes nos courbatures qui, finiront par nous mettre à genoux.

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  8. Hi, Jean-Paul!

    Thanks for visiting my blog and « liking » my most recent post: I appreciate it very much!

    Also, congratulations on one of the most succinct analyses of Hamlet’s famous speech I have ever read. Well done, sir!

    All best wishes for your continuing blogging growth and success,

    Jay Pochapin

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