Art plastique : écrire la lumière.

 Les choses brillent et sombrent. Ces pans ont deux parts, l’éclat et l’ombre car tout relief est lumière. C’est la lumière qui se pose et suit les courbes, les fait saillir sur d’autres courbes. Tel est le peu qu’on voit, sans qu’il y ait rien d’autre. Que cette misère semble une telle profusion, c’est le miracle même qui rend pensant, la naissance de la contradiction, de l’impossible et du rien.

La lumière est comme le vent un des principaux néants. C’est l’invisible qui rend visible. Rien ne fait plus sans être. Je veux bien quelle soit un flux d’électrons, mais cela ne dit rien à personne. Ce n’est pas ainsi que la lumière est vécue. Qu’importe dira-t-on, si le réel n’est jamais vécu? C’est que le vécu aussi est réel. Même s’il n’est pas le réel. Le métaphysique tisse et scrute précisément tous ces liens entre vécu et irréel, réel et invécu.

Dans le cas de la lumière, on pressent qu’il se pourrait bien que le réel ne soit pas si réel ou le vécu pas si vécu. Le monde est imaginaire mais il est tout ce que nous vivons. La lumière est à décrire au plus près du vécu. Si illusoire soit-il. La seule métaphysique qui ne trahisse pas le métaphysique est une description de la réalité qui nous sert de réalité : le vécu. Le vécu est le réel de l’imaginaire.

La lumière la nuit n’effleure plus que le contour des choses. Très peu de lumière suffit à étager chaque chose du plus proche au plus lointain, de même fort peu d’être suffit  à disposer un monde :  il suffit pour cela de disperser ce très peu dans le vide avec suffisamment de complexité.

4 réflexions sur “Art plastique : écrire la lumière.

  1. Bonsoir, votre texte est très intéressant, je vous livre une réflexion, une sorte de synthèse sur mon travail en dessin. Ma technique, ou plutôt ma non-technique se rapproche de l’écriture automatique chère aux « dada ». Voilà le texte :
    « Venant du Non Créé, les traits glissent à toute vitesse sur une distance infinie, et se révèlent enfin, en sortant du tunnel de l’Esprit, être les pièces d’une composition depuis toujours préméditée.
    Translucides, ils se teintent au soleil de la conscience, en noir profond en passant par les dégrafés les plus subtils, formant ainsi le dessin d’un motif sans dessein particulier, sinon d’être là et de vouloir exister. Le nouveau pas vers le dessin voué à n’être jamais terminé, vient de laisser son empreinte. »
    Voilà prenez-le comme un témoignage de quelqu’un qui se bat avec des traits pour parvenir à la lumière.
    Cordialement.
    KO_DO

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  2. Excusez-moi pour la coquille c’est « dégradés » bien sûr, le dessin automatique ne soigne pas les distraits, mais tant mieux !

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  3. La lumière, une attirance d’une complexité surprenante qui nous lie à la vie. La peindre et l’écrire est à mon sens un formidable terrain d’expérimentation ! J ‘aime beaucoup la façon dont vous manier les mots pour en parler. Merci.

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