Pouvons-nous vivre ensemble ?

La politique s’entend souvent définir par la nécessité de vivre ensemble. Mais en sommes-nous tout simplement capables ?
Etienne Tassin propose de prendre au sérieux la question de Merleau-Ponty, qui se demandait s’il n’y avait pas, au fond de nos si fréquentes vicissitudes politiques et sociales, comme un « maléfice de la vie à plusieurs ».
Dans cet ouvrage décapant, la confiance en la politique, et la croyance au pouvoir sont d’emblée mises en doute par des questions aussi lourdes qu’inévitables : les fréquents échecs, parfois horribles, des tentatives politiques ne nous imposent-ils pas de nous demander si en général une politique peut réussir ? Est-il raisonnable d’attendre contre toute attente une amélioration d’une institution comme le gouvernement, qui semble par définition se renouveler périodiquement sur la base de l’échec ?
Mais Etienne Tassin ne se contente pas du constat affligé et affligeant. Tout le livre consiste en une tentative valeureuse et vigoureuse pour reprendre les problèmes contemporains de la gouvernementalité à la lumière de la naissance grecque de la démocratie. Selon l’auteur, les grecs ont parfaitement vu dès l’origine le lien profond, intime et permanent, entre leurs deux plus belles inventions : la tragédie et la démocratie.
=>la suite de cet article est à lire sur => http://www.lelitteraire.com
(Compte rendu de Etienne Tassin, Le maléfice de la vie à plusieurs, Bayard, sept. 2012, 320 p., 23€.)

14 réflexions sur “Pouvons-nous vivre ensemble ?

  1. Jean-Paul,

    Merci pour cette lecture et le partage de votre analyse. Je pense pour ma part que les « vicissitudes politiques » (pour reprendre votre terme que je trouve parfaitement choisi) ne viennent pas de la politique, mais du politique.

    Un grand nombre de politiciens ont la fâcheuse tendance (et l’arrogance) de croire qu’ils constituent une élite faite pour diriger et gouverner le peuple, sous prétexte que leur légitimité émane de ce peuple.

    Or c’est renverser les rôles que de penser de la sorte. Les hommes/femmes politiques ne sont que des représentants du peuple, auquel ils doivent allégeances. Représenter et servir le peuple devraient être considéré comme un privilège, non comme un passe-droit.

    Ruth Dreifuss, première femme à avoir été présidente de la Confédération Helvétique, l’a parfaitement compris : « N’oublions-pas pour qui nous travaillons et qui nous a porté à ce niveau par élection directe ou indirecte comme c’est le cas en Suisse. Il est bon que les gens sachent que nous sommes à leur service ».

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  2. Dear J-P,

    I do hope to be forgiven for writing in English. I also hope to have understood most of your post.
    Well, since the title seems to be an open question, I’ll try a decent and detailed reply: no…
    Simply because « pouvons-nous » would imply at least a decent, basic level of deliberate willingness. Unfortunately, none seems to be present, all what’s left being a passive cohabitation of thoughtless masses, happy to consider their vegetative state as being life…
    As for what am I supposed to be thankful to the Greeks besides their gorgeous yogurt, well, certainly not democracy, because that’s exactly what I meant by thoughtless, passive cohabitation… I don’t really care who’s acting as the « vox dei »: the « theos », the « demos », the « basileos » etc.
    They’re all the same, ending up by asking for mor taxes to sponsor their « vox dei » loudspeakers…

    Their strength has always been mass ignorance…

    « Vivre »? That would be too much for the proper functioning of an individual’s digestive tract…

    All my very best.

    Rom

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    1. Very well said . I couldn’t agree more . mass ignorance seems to be generational . The drug of security dulls thought and feeds the herd instinct . Most just follow they do not live in the sense of a free individuals . It takes a very loud noise to shake the masses from their sleep . I Enjoy your atricles . Good day , Steve

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  3. Hola:
    Felicidades por tu blog.
    Quiero comentar que Alain Touraine escribió un texto con este título ¿Podremos vivir juntos? y hace el planteamiento desde un pensamiento más actual y desde la posmodernidad que sería interesente comparar con el de Merlau-Ponty.
    Debido a los altos niveles de criminalidad e inseguridad en la Cd. de México cada día van apareciendo calles que son cerradas por los vecinos, colocan un guardia de seguridad a la entrada y se restringe el acceso. Cada vez más se tiene miedo del que vive al lado, cada vez más somos más individualistas. ¿Podremos vivir juntos?
    Saludos.
    Javier.

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  4. Le fait même de poser la question indique, je penses, qu’il y a réellement une ambiguité à ce sujet.
    Personnellement, je préfère me pencher sur le « Comment »…

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  5. Mais « vivre ensemble », nous le « faisons » de toute façon ! Cette réflexion me semble forte empreinte de « dualité », de résistance à ce qui est…Nous vivons « ensemble » mais comment, là est la question ? J’aurais ajouter « en harmonie » ou « en empathie ». Tout ce qui vit est en interdépendance, tout ce qui vit est en relation…
    Quant à la politique, ce n’est, apparemment, qu’une confrontation perpétuelle d’égos (individuels et collectifs)…
    On sent très bien, dans « l’air du temps », que cette façon de régler les affaires humaines est plus que dépassée…

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  6. Une question lourde de conséquence , j’ai bien aimé la pensée d’Etienne Tassin « maléfice de la vie à plusieurs » .. Le fait de vivre loin du groupe serait perçu comme anti-social . Je dirais que tout est fait pour que l’insécurité règne pour mieux gouverner l’homme qui n’aura pas su développer le pouvoir intérieur et non le rechercher à l’extérieur … Avant de rechercher à vivre ensemble il faut d’abord accepter de vivre avec soi-même …

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  7. Merci pour cette lecture et la citation forte de Merleau-Ponty au passage. Ce « maléfice de la vie à plusieurs » qui nous frapperait ne puisse-t-il pas ses racines dans nos conflits intérieurs , notre incapacité à les surmonter autrement que par une « dramatisation » et une violence faite aux autres? Je me permets au passage de faire référence à votre article sur mon blog si vous le voulez bien.

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  8. Qu’Est-ce qu’est la morale? Rien! Tout est relatif. Qui a inventé la morale? ..Les hommes. Le jugement de l’homme a t-il une réelle valeur; étant lui même en éternelle interrogation? Pourquoi parle t’on encore de morale? L’homme à travers le sens de la morale peut découvrir, les valeurs humaines ce, qui a été en quelque sorte, la sauvegarde de notre espèce. Le chemin de conduite menant à une véritable construction(sans avoir à recourir à de faux semblants. Avoir le respect de soi et des autres n’amène pas le chaos mais, une véritable construction. Pourquoi vouloir se fondre dans la masse des moutons: pour être in? Chaque être est unique et UNIFORME . Qu’est-ce qui fait la différence entre un homme, et un autre? Juste une personne à part…Une pensée commune, universelle un mode de pensées, des choix à faire. Les actes ne suivent pas forcement les pensées, pourquoi? L’homme n’est que dualité. Il passe sa vie à se chercher au travers les yeux des autres; car sans les autres, il n’existe pas…

    Marguerite

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