L’existence est-elle un sentier, au bord de l’infini?

Pourquoi y a-t-il toujours quelqu’un face à la mer ? Pourquoi partout ces chemins, ces jetées, ces digues, où les passants se croisent et longent, ou se contentent de s’asseoir ? Pourquoi tant de ferveur pour ces passages au bord de l’eau ?

C’est un appel de l’infini, sans doute, mais qui se contente du bord et de sa douce protection. Car le bord est plein de tact : il nous dispense la vue en nous dispensant de tout départ. La tempête elle-même se fait bonheur. Il offre les infinis comme un spectacle sans autre danger qu’imaginaire. On peut choisir le bord pour exister, car il est le plus sûr des infinis, le seul que nous sentons capable de survivre à tous les autres, comme un pur tracé qui nous exempterait de tout le reste.

Tout l’art du bord est d’être une extrémité qui s’exempte des deux mondes qu’il sépare. Le bord de l’eau n’est ni tout à fait la terre, ni tout à fait la mer. Il est le lieu par excellence du passant, ou mieux du promeneur : celui qui a compris que l’existence est un jeu, un pas de deux, un art de ne croire ni au monde ni à soi.

Exister : la tache est vaine, et proprement sans lieu, à moins de se faire passage, comme un flâneur sur une grève. Passons, soyons le temps au bord de l’eau, la trajectoire plus que lente, puissante, qui met tout en trajectoire. Soyons ce lent passé du temps, qui scinde les espaces. L’homme est le seul vivant capable de promenade, de figurer, sans intérêt, comme un temps pur. Soyons ce temps qui inspire tout autant qu’il expire. Suivons la sente qui s’absente de toutes les absences.

La suite de ce texte est à lire sur Remue.net:

http://remue.net/spip.php?article5633

30 réflexions sur “L’existence est-elle un sentier, au bord de l’infini?

  1. Merci pour le choix de cet extrait que j’ai beaucoup appréciée. Je ne c’est pas ou vous habitez , je suis à 20 km de la mer et j’aime beaucoup m’y balader, marcher les pieds dans l’eau , me laisser bercer par le flot des vagues … Ce que j’apprécie beaucoup marcher sur le remblai des Sables d’Olonne mais j’y vais rarement , le Port de la Rochelle … 🙂

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  2. Si belles réflexions mais j’y ressens comme un non engagement… rester au bord, demeurer spectateur, ne pas participer….
    Et si nous quittions le rivage, nous lancions au loin, là où il n’y a que l’horizon comme limite et il n’en est pas vraiment une.

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  3. Bonjour Jean Paul et bonne année à tous .
    Être au bord de la mer ou au bord de n’importe quoi est fait pour indiquer que plus loin il existe autre chose et donc nous oblige a traverser de l’autre coté pour découvrir ce qui est caché . En un mot c’est pour éveiller la curiosité et voir ce qu’il y à plus loin . Ainsi est l’homme toujours plus toujours plus loin
    Bonne journée
    Cordialement

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  4. Bonjour.Superbe texte que je relirai avec ce regard rêveur du passant..cet infini vers l’horizon ..vers cet inconnu où chacun se cherche,chacun croit se trouver ce fil invisible qui relie quoi à qui? Un remous où tout s’enfuit et revient comme le ressac de la mer en faisant pétiller nos pensées comme du champagne lames de fond qui nous emporte vers l’infini déja fini…merci à vous🙂

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  5. Belle réflexion, très agréable à lire. Cela m’a surprise car j’ai travaillée récemment sur une exposition à la location qui s’intitule « Rivages Réinventés » et qui part en tournée à partir d’avril. Il y est question de rivages, de bord de mer, de berge de fleuve à travers des photos et des textes qui l’accompagnent. Votre texte illustre magnifiquement notre propos. Peut-être la croiserez-vous si vous fréquentez certains rivages …

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  6. Merci Jean Paul de ce beau texte, je partage sur FB
    Le bord est plein de tact : il nous dispense la vue en nous dispensant de tout départ me plonge dans une rêverie ouatée et moelleuse🙂

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  7. Vous êtes non seulement un philosophe mais aussi un poète.
    Celui qui se dirige vers le bord fait preuve de curiosité. Celui qui y reste fait preuve de prudence et celui qui franchit le bord ? Quelle expérience de l’existence fait-il ?

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  8. After reading a few of your posts I am honored that it was you who « liked » my very first posting. There is a wealth of knowledge to be discovered in your philosophies. I am curious, are you a fellow fan of The Doors and their poet/philosopher frontman Jim Morrison?

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  9. Clin d’oeil aux chemins sur lesquels on marche, sur lesquels on existe, toujours entre deux frontières…
    **
    Là où deux sentiers étrangers
    Se rencontrent :
    Un col

    Massif du Toubkal, juin 2012
    **

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