Faut-il écrire, ou sourire ?

Socrate paraît toujours sur le point de sourire : il semble écouter et parler en ce point qui empêche d’écrire. Car le sourire serait une règle inflexible, qui dissout toute évidence. Si le  sourire est ce suspens qui nous retient de croire, quelle phrase a-t-elle la pesanteur, la lourde certitude qui lui ferait mériter d’être écrite, gravée, aggravée ? Le sourire affaiblit toute phrase en hypothèse. Leçon de modestie et de démocratie : toutes les phrases naissent et demeurent également dignes du même sourire. Entre l’Idée platonicienne et l’outrance cynique, entre l’affirmation et la négation, cette parole souriante demeurerait indécidable, puisqu’elle pourrait toujours citer, susciter et se taire.

19 réflexions sur “Faut-il écrire, ou sourire ?

  1. …et pourquoi pas les deux?!? On peut sourire mais sans se perdre dabs un dédale de fantaisies ou d’imaginaire que procure le sourie parfois…non? Merci de cette réflexion, bonne fin de journée. Delvi.

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  2. Parler ou se taire ? Mais pourquoi parler ? Pourquoi se taire ? Les deux ont un prix. Faut-il s’aligner sur le moins élevé des deux ? Et puisque tout le monde se tait, qui suis-je pour oser parler ? Si le prix en est d’être ignorée ? Alors, en parlant, j’obtiens le contraire de ce dont j’ai besoin :: exister socialement.

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  3. Démocrite lui riait …. mais il dérangeait et il continue à déranger. Il écrivait aussi mais on a préféré détruire ses écrits…. eux aussi, ils dérangeaient.
    Rappelez-moi : qui est soupçonné d’avoir détruit les écrits de Démocrite?

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  4. Il m’arrive souvent de sourire mais après avoir écrit et si je souriais avant, je n’aurais pas écrit. J’aurai anticipé que ce que j’avais à dire n’est peut-être rien d’important. Et pourtant, il fallait que je le dise. Immodestie ou peur d’oublier?

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  5. Il m’arrive souvent de sourire mais après avoir écrit et si j’avais souri avant, je n’aurais pas écrit. J’aurai réalisé que ce que j’avais à dire n’est peut-être rien d’important. Et pourtant, il fallait que je le dise. Immodestie ou peur d’oublier?

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  6. … du sourire triste au sourire espiègle, en passant par le sourire apaisant, concupiscent, hypocrite, aimant, ou complice, le sourire est multiple … le sourire se manie parfois comme une arme ou comme un pansement … le silence tout autant …

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