Lire?

Galibert, Eloge de la contradictionEloge de la contradiction

Auteur: Jean-Paul Galibert
Publication : 2012
Langue : Français
Éditeur : publie.net
Collection : CRITIQUE&ESSAIS
ISBN : 978-2-8145-0684-8

 Si nous parvenions toujours à rire du pire, nous serions heureux. Car le moyen le plus sûr de rire souvent est de rire du néant. Et le capital, qui domine notre temps, nous aide puissamment : le principe de l’hypercapitalisme est la rentabilité, l’inexistence comme rasoir de l’existence. La chose, pour exister, doit être rentable, rapporter plus qu’elle ne coûte, et donc être à la fois équivalente et supérieure à sa valeur. Ainsi elle doit, pour exister, exister de moins en moins. Elle n’apparaît qu’à la condition expresse de disparaître peu à peu. L’hypercapitalisme est un mode de destruction, une économie négative, qui place la négation en condition unique de l’existence. C’est l’expansion du domaine du néant .

À quel principe ontologique plus vaste, plus puissant et plus drôle pourrait-on songer pour être comme une alternative ? La ludique propose d’opposer à la négation capitaliste le principe par excellence qui n’exclue rien : la contradiction. C’est la voie du moindre effort, la seule ouverte au fond à ceux qui n’ont aucune force. Car pour se rassembler sous la bannière de la contradiction, les adversaires du capital n’ont même pas besoin de surmonter leurs divisions. Point besoin de cohérence pour avoir des conséquences. Ils n’ont même plus besoin d’agir pour ne rien faire. Au fond, le seul espoir d’en finir avec le capital, c’est qu’il tombe de lui-même en poussière, et c’est très exactement cela, la contradiction.

COUV-GALIBERT-web-d6395Suicide et sacrifice

( Le mode de destruction hypercapitaliste )


Auteur Jean-Paul Galibert
Editeur Nouvelles Editions Lignes
Date de parution 2012
Collection Lignes
ISBN 2355261156
EAN 978-2355261152

L’hypercapitalisme est un mode de destruction, dans lequel l’essentiel de la haute rentabilité vient du démantèlement de pans entier de l’appareil productif. L’entreprise la plus rentable est celle qui supprime le plus de salaires : dégraissage, chômages techniques, plans sociaux, licenciements, démantèlements. Que devient-on sans salaire? Ce n’est pas l’affaire du système; tout au plus un problème privé, personnel, psychologique peut-être…

Dans une

telle économie, l’existence tout entière devient à la fois la source de la valeur et l’objet de toutes les luttes. Elle n’est jamais acquise, ni certaine. Tout est fait pour que chacun consacre tout son temps à imaginer la réalité, puis à acheter le résultat de son propre travail imaginaire: la marchandise parée par l’imagination de toutes les vertus, séductions et qualités. Ce système, qui commence par détruire toute réalité dans la chose, finit nécessairement par détruire toute réalité chez les personnes, car il n’autorise que les existences absolument rentables, et détruit les autres. Que faire dès lors des ouvriers? Des chômeurs. Que faire après des chômeurs? Pourquoi pas des suicidés? Certes, la société hypercapitaliste a besoin de cerveaux oisifs et disponibles pour ses spectacles et ses achats; mais ils doivent être riches, ou du moins solvables. Or que vendre aux chômeurs en fin de droits? Que peut-on espérer vendre à cette moitié des habitants du monde qui sont aussi désespérément jeunes que pauvres?

L’hypercapitalisme opère donc un tri sélectif des existences, entre celles qui vont consacrer leur existence entière à l’hypertravail de l’imagination, et celles qui seront détruites. Le suicide est le mode de sélection idéal, car aucune forme de tri sélectif autoritaire des existences n’est viable. Le suicide est le mode de sélection idéal, car la victime assure elle-même sa destruction.

9782814502017_main

L’idée de ludique

Auteur: Jean-Paul Galibert 
Publication : 2012
Langue : Français
Pages : 145
Éditeur : publie.net
Collection : CRITIQUE&ESSAIS
ISBN : 978-2-8145-0201-7

Quand tout se met à jouer, quand les choses changent de place, de forme, et même de nature, quand elles se jouent de toutes les frontières, on a facilement l’impression qu’il n’y a plus que tout devient ludique, que tout se passe comme s’il n’y avait rien.

Mon premier pari est de considérer ces passages à la ludique comme suffisamment positifs et irréversibles pour inspirer une philosophie nouvelle, qui prend pour principe le jeu, et que nous nommerons la ludique.

Mon deuxième pari est que l’humour soit la manière la plus sérieuse de penser le peu d’existence que nous pouvons espérer, autant pour nous-mêmes que pour notre environnement. Quand tout devient de plus en plus rentable en existant de moins en moins, il ne faut pas hésiter à s’inspirer des formes d’existence les plus modestes, mais les plus tenaces, comme les objets, les insectes, les électrons, ou même les points mathématiques.

Soyons, devenons ludiques. Prenons résolument les points de passage de la raison logique à la raison ludique comme autant de conseils à suivre pour exister. Car ils ne servent pas seulement à savoir ce que l’on peut savoir, mais à être réel dans un monde ludique, à exister même s’il n’y avait plus rien.

315TVW2XS6L__SL500_AA300_

Invitations philosophiques à la pensée du rien

  • Broché: 185 pages
  • Editeur : Léo Scheer ( 2004)
  • Collection : Manifeste
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2849380040
  • ISBN-13: 978-2849380048

Si la philosophie a toujours tenu le rien pour ce qui n’existe pas et toute forme de réflexion sur ce qui n’existe pas pour oiseuse ou ridicule, que peut-elle dire d’une civilisation où  » qu’une chose n’existe pas n’empêche en rien certains de la vendre et les autres de s’en contenter ?  »

 » Notre temps est inacceptable, écrit Jean-Paul Galibert. Qu’il soit si couramment accepté n’y change rien mais constitue au contraire un des principaux problèmes que la philosophie doit affronter […]. Si ce livre a une nécessité et une rigueur, il les doit à un refus radical d’accepter en l’état ce temps et la philosophie. Son pari est d’instituer entre eux comme un tribunal mutuel. Il s’agit d’exposer la philosophie à la critique que ce temps en impose, afin d’exposer ce temps à la critique qu’il mérite.  »

Penser le rien, c’est penser le vide qui hante ce monde ; vide qui, du sentiment du peu d’existence de toute chose, conduit à la sensation d’inexistence de soi. Mais cette pensée du rien est aussi une pensée jubilatoire qui peut, comme ici, renverser avec allégresse les murailles invisibles du sens commun

 Galibert, Socrate une philosophie du dénuement

 Socrate. Une philosophie du dénuement

  • Broché: 256 pages
  •   Editeur : Editions L’Harmattan ( 2000)
  • Collection : Ouverture philosophique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 273847179X
  • ISBN-13: 978-2738471796

Socrate demeure une énigme. Il se refuse à écrire et à laisser d’autre œuvre que sa vie. Sa philosophie demeure-t-elle, comme sa piété, doucement ironique ? En choisissant la pauvreté volontaire, l’endurance agréable, le dépouillement dialogal, l’inscience et l’impiété, Socrate invite à la plus vive et la plus riche des exigences philosophiques: le dénuement radical. Peut-on remonter, des gestes les plus quotidiens de la  » vie socratique », à une telle unité de la pensée de Socrate ?

Une réflexion sur “Lire?

  1. Bonjour !

    Je découvre votre blog et suis surpris de constater que mon article sur « la métaphysique pour les nuls au cinéma » ait pu intéresser un philosophe !

    Quant à moi, je trouve votre ouvrage « Suicide et sacrifice. Le mode de destruction hypercapitaliste » fort intéressant et pertinent. Ce qu’il dénonce me rappelle cette tentation du roi de Sodome à Abraham : « prends les biens et donne-moi les personnes »(Gen.14v21). L’oubli du principe comme quoi « il ne faut jamais sacrifier les personnes » semble avoir conduit aux dérives pointées dans ce livre.

    Bonne journée !

    J'aime

votre réponse:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s