Le désir est-il un labyrinthe ?

Désirer, c’est facile. Il n’y a rien à décider. Au départ, il y a les commissures de ces lèvres, le galbé de cette cuisse, ou l’arrogance de ce sein que l’on devine. Oui, mais c’est la suite qui est complexe. Car ces parties du corps sont nimbées de gestes possibles. Il percevait distinctement autour des corps une forêt, voire la jungle des caresses possibles. Il les voyait toutes également possibles, et chacune comme une histoire en soi, avec un début, un déroulement et une fin.

Hélas, que de décisions à prendre pour le moindre geste! Comment poser la main ? Faut-il être tout doux, la poser comme une plume, pour ne rien effaroucher ? Mais ne risque-ton d’endormir, ou de paraître bien tiède ? Faut-il être ferme ? Mais comment le faire sans sembler trop direct ? Faut-il trouver le bon geste pour déclencher le désir en l’autre, comme quelque mécanisme secret ?

Mais alors, il aurait fallu connaître d’avance chaque personne pour savoir par quel geste commencer. Comme il ne se résolvait pas à commencer au hasard, à commencer sans savoir comment, il préférait attendre qu’une nécessité vienne le dispenser de tout choix. Hélas, même lorsqu’une  telle nécessité survenait, il était si rarement certain que ce soit la bonne, que l’occasion finissait par s’en aller, sans avoir été saisie.

30 réflexions sur “Le désir est-il un labyrinthe ?

      1. J’ignore si un geste peut exister sans nécessité ; mais est-il nécessaire d’avoir conscience de cette nécessité à chaque instant ? C’est peut-être un signe de ma futilité, mais je me réjouis de ne pas réfléchir sans arrêt à cette question, et a priori, surtout quand le désir est en jeu. Il n‘en ressortirait pas seulement pour moi une impuissance à agir, peut-être, mais un ennui, sûrement … 🙂

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          1. Non, mais il ose souvent et cela me va bien. Quant à savoir ce que veut le désir de l’autre, il suffit parfois de le questionner, et sinon de s’accommoder de n’être pas omnipotent ni omniscient : et puis, si on savait toujours ce que veut le désir de l’autre, ne serait-ce pas profondément ennuyeux ?

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        1. Bonjour charmante et respectueuse Dame, malheureusement pour les poètes, les philosophes, etc., nous vivons dans un monde de calcules, de stratégies, d’observations, de critiques, d’attentes, cela nous influence. Sans aucune réflexion, nous sommes perdus dans le dédale, dans la foule des penseurs autres, dont il m’arrive de faire parti. Le jeu est souvent égoïste. Cordialement.

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  1. Trop de réflexion tue l’action :)Peut-être, doit-on accueillir la possibilité de s’accorder le nécessaire tâtonnement, préalable préliminaire à l’éveil ou la poussée du désir. Bonne année et bon week-end !

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      1. Monsieur Galibert bonsoir, ainsi qu’ aux lectrices, lecteurs… Lorsqu’un désir physique n’est pas partagé, alors que l’un des deux potentiel partenaire le voudrait bien ; c’est selon,l’individu, la frustration, le déséquilibre, là ; peuvent entraîner le refoulé dans les dédales d’un labyrinthe psychologique… Je passe sans doute à côté de la question. Parce que, pour moi, le désir, il y a tellement de formes de désirs… A mon humble avis, un désir tel qu’il soit, s’il n’est pas invraisemblable, noueux, n’aboutit pas dans un labyrinthe. Il faut que j’explore plus cette question. Je vais réfléchir sur Dédale… Fraternité.

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      1. Le désir pulsion se pose-t-il toutes ces questions ? S’il sort de ce contexte, s’il devient rationnel,est-il encore désir, quel que soit son choix ? sortir ou explorer. J’ai le sentiment que son questionnement inhibe son désir. Dans ce cas, il est probable d’errer indéfiniment dans le labyrinthe…

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          1. Oui, son désir se pose la question de l’autre, mais le risque vient de celui qui se projette dans les intentions de l’autre. Si l’autre manifeste son désir d’avance lui aussi cela peut peut-être rendre les choses plus simples, franchement je n’en sais rien, car il faut considérer aussi le cas où le désir naît de l’envie de faire naître le désir chez l’autre.

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              1. Je conçois que ces doutes, ces hésitations conduisent le désir dans un labyrinthe. Pour autant, est-il lui-même labyrinthe ? Cela s’applique bien dans votre exemple dans la mesure où le désirant prend en considération le désir de l’autre. L’assouvissement du désir sans cette intention de partage implique-t-il encore cette connotation de labyrinthe ?

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  2. Qu’y a-t-il derrière autant d’hésitations ? La peur de déplaire, celle d’être rejeté… Et s’il se décentrait de ses peurs et se mettait à l’écoute de l’autre ?

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  3. À lire les commentaires et leurs réponses, je vois que le désir n’est pas du tout un labyrinthe, mais que les questionnements qu’on émet à son propos nous y enfoncent droit dedans. Le désir, lui, attend patiemment à la sortie.
    Alors voici une sacrée question : plongé(e)s dans le labyrinthe, quel sera notre fil d’Ariane pour retrouver ce qui dehors existe ?

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    1. Bonsoir, Je dirais pour ma part « enrichissant » toutes ces impressions. C’est cela la diversité, le métissage des impressions, des expressions. Merci. Oui, c’est aussi délicieux de partager nos idées.

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