Regardez mieux l’impossible : c’est le réel. (Villes mobiles 1)

Comment dire ce qu’a de nouveau le plus réel, ou ce qu’a de réel le plus nouveau ?

Peut-être en le faisant valoir comme un scandale logique. Le réel, surtout s’il est neuf, se donne toujours dans l’impossible.

Je prendrai ici l’exemple des villes mobiles, précisément parce qu’elles sont impossibles. Une ville, chacun le sait, c’est immobile. C’est même composé d’ «immeubles », ainsi désignés précisément parce qu’ils restent en place.

Mais regardez le mieux : notre présent est plein de villes mobiles, qui nous prennent dans leurs trajets, nous égarent dans leurs non lieux, nous emportent dans leurs guerres. Jadis les trains, Aujourd’hui les téléphones. Jadis les porte avions, aujourd’hui les drones. Autant de villes entre les villes, fugaces. Insaisissables, et qui pourtant nous saisissent.

7 réflexions sur “Regardez mieux l’impossible : c’est le réel. (Villes mobiles 1)

  1. Oui, la mobilité des villes est leur essence (oil). Elles sont changeantes, bougent au gré des regards et des surprises, elles ne sont jamais ni tout à fait les mêmes ni tout à fait d’autres. Le promeneur le sait, l’intègre, l’absorbe : il se balade au gré de leur mouvement dont il participe et il en essaie même de saisir l’éclair, de jour ou de nuit.

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  2. La nouveauté est découverte. Elle vient vers nous. Le nouveau est une conquête. Il va vers vous. Je dirais qu’il y a un territoire invisible à nommer (identifier). Le définir est chercher à le maîtriser. Cela affaiblit le sens et la raison mais nous ne sommes plus sans but. Je pense que dans le nouveau, il y a bel et bien une direction.

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  3. Ce n’est peut-être pas pour rien que les géographes n’utilisent plus le terme de ville (ou même de cité)
    et qu’on lui préfère des constructions autour du même mot en latin.
    Il est d’ailleurs difficile de s’entendre avec … même un ami (sourire) pour savoir si tel ou tel « regroupement de personnes ne travaillant pas la terre » est une ville … et si ce n’est pas le cas, ce qu’elle peut bien être.
    Les villes existent-elles encore ? … (cf « la cité invisible » qui fait écho (?) à ton « impossible » )
    ___
    « La Cité à travers l’histoire » – Lewis Mumford (1961) n’a rien perdu de son actualité

    – XVII – Le mythe de la mégalopole

    Accumulation de puissance
    « L’esclavage du plus grand nombre »
    La bureaucratie tentaculaire
    La disparition des limites
    Un gigantisme qui s’étale
    Les ombres du succès
    Congestion et décongestion
    L’explosion du réceptacle
    Destin de la mégalopole
    Fonction culturelle de la cité mondiale
    La cité invisible

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      1. Les villes spatiales de Yona Friedman… le fait d’être nomade ou précaire, au milieu d’un logement opac, opaque, de l’avoir été (précaire) et de ne pas regretter n’avoir pas eu de chemises (ou de les avoir eu toutes)… J’aimerais prendre un café avec Yona, avant qu’il ne meure et de parler d’une utopie habitable.

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