RIEN EXCLURE 1: L’égoïsme est-il meurtrier ?

Et si la source de l’exclusion, était l’exclusivité ? La clef de l’égoïsme résiderait alors dans la possibilité que la propriété soit privée, et donc exclusive. L’exclusivité serait ce passage secret qui mène de la propriété de l’un à la mort de l’autre. Car la propriété de l’un s’oppose au fond à l’existence de l’autre. Que signifie en effet le fameux « moi d’abord » ? Moi oui, mais toi non : je m’arroge à ton détriment le monopole des moyens de l’existence. « C’est à moi » a toujours signifié « crève! ». Exclure, c’est tuer.

21 réflexions sur “RIEN EXCLURE 1: L’égoïsme est-il meurtrier ?

  1. Bravo ! Vous avez revu la focale de cet article. Je trouvais que le précédent, que vous aviez annoncé, était fermé dans son principe et dont la réponse était contenue dans la question. Je préfère cette manière radicale, ouverte, concise et efficace. Bravo !

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  2. L’essence des révolutions ne commenceraient-elles pas dans l’exclusion ? Faut-il exclure pour s’attendre à des révoltes ? L’exclu n’est-il pas au coeur des rébellions ? Dans ce cas, je préfère que la société me mette à l’écart. Et je suis bien dans la marge. Comme dans les livres, les plus belles histoires ne sont-elle pas souvent annotées dans le blanc tournant de la page ?

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    1. Je suis de tout cœur d’accord avec vous, et pour le mêmes raisons, je crois.
      Mais il faut pouvoir se le permettre: la posture de l’exclu grand seigneur,
      envers laquelle j’ai bien des faiblesses, est fascinante, mais un peu fausse:
      il faut être assez riche, assez cultivé, et assez fier de soi pour se révolter.
      D’autres sont écrasés par l’injustice, ou déjà morts par l’injustice ou le suicide.
      Telle est peut-être la raison de l’intransigeance de tant de révolutionnaires: loin de toute vengeance,
      ils savent bien qu’il y a plus malheureux qu’eux, et se sentent représentant de fait de tout un peuple exclu

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  3. Je pense qu’on va croire que je joue avec les mots, mais pour moi, l’égoïsme n’est pas un défaut. Je pense que c’est aussi une façon de se protéger. Par contre, l’égocentrisme est meurtrier à tous les niveaux.

    Gene

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      1. Je ne peux prendre que mon propre exemple. Dans mon cas, c’est me protéger de trop ressentir les émotions des autres, au point d’en souffrir, ou bien de perdre les miennes dans le lot. Des fois, un mur permet de redéfinir mon identité. Mais rien n’empêche d’y ouvrir des portes vers autrui selon l’envie.

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  4. Pourquoi grand seigneur ? Ne faut-il pas éviter toute forme de condescendance envers les exclus ? N’est-ce pas leur nier tout espoir de révolte ? Une façon d’inscrire dans les mentalités cette impossibilité de rébellion qui leur serait consubstantielle … une sorte de négation de toute perspective d’avenir … n’est-ce pas être complice de leur situation et vouloir la maintenir comme telle ? Leur nier toute fierté n’est-ce pas les conditionner dans l’abandon de toute projection positive de soi ?
    Qu’en savez-vous qu’ils n’ont plus de fierté ? Qu’en savons-nous ?
    Pour avoir travaillé avec les exclus de la société, des détenus mineurs et adultes, je n’ai pas constaté d’abandon de toute dignité, bien au contraire. Mais il fallait l’entendre et l’accepter.
    Quand j’écris que je ressens la position de l’exclu, j’ai des raisons bien concrètes: la maladie, celle qu’on veut à tout prix cacher et ne pas dire. Celle qui fait peur au quidam. Celle qui effraie. Celle qui marginalise et qui exclue. La maladie peut détenir en elle toute la misère de l’âme.

    Philosopher sur l’exclusion n’est-ce pas envisager toutes ses formes ? Pas seulement matérielles, politiques ou économiques mais aussi psychiques ?
    Compatir: n’est-ce pas diminuer l’autre ?

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  5. Par expérience, j’ai vu l’égocentrisme et ses dégâts. Les égocentriques pensent que le monde tourne autour de leur nombril et ces personnes vont tout faire pour plaire ou faire envie, quitte à marcher sur autrui de façon ignoble. Les égocentriques deviennent assez rapidement des manipulateurs-trices jusqu’à la perversité et le narcissisme, moyens mentaux qui démontrent un travers qu’on pourrait facilement qualifier de sociopathie.

    Ce qui ne correspond pas à l’égoïsme. Si penser à se protéger de façon à ne pas se laisser bouffer par autrui, je pense que c’est une qualité qu’il faut développer chez celles et ceux qui ont justement été les victimes des égocentriques. Il n’est pas question de croire qu’on devient un grand seigneur lorsqu’on fait preuve d’égoïsme, mais plutôt de faire un cheminement pour retrouver une confiance en soi qui permettra de faire confiance aux autres. Et cette confiance en soi peut paraître être de l’égoïsme dans sa connotation négative, ce qui est navrant, voire même prêter à confusion chez celle ou celui qui doit faire un travail sur soi pour retrouver un schéma de comportement social plus en phase avec tout l’entourage, qu’il soit sociétal ou écologique.

    Chez l’égocentrique, l’altruisme n’est pas gratuit…
    Gene

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  6. empathie vous connaissez? l’esprit d’abord est là, le cœur s’émeut, les mains se tendent. Si donner est attendre en retour pour moi ce n’est pas donner c’est se satisfaire(auto satisfaction revaloriser son égo) Se préserver c’est savoir donner plus longtemps et s’aimer assez pour avoir toute sa vie ce besoin pour l’autre. Il est possible de mourir de trop recevoir (dévalorisation de l’être) Avoir assez de détachement pour garder le juste milieu .

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  7. Mon esprit ouvre mes mains. Je tends les doigts pour soigner à distance par frôlements magnétiques, les douleurs que parfois mes ignorances provoquent… L’égoïsme n’est pas du tout une protection, ce serait plutôt un enfermement par peur de l’autre, des autres. Les déceptions quel-qu’elles soient ne devraient pas nous autoriser à nous barricader. Pour moi, l’égoïsme est une forme de faiblesse, qui malgré cela peut détruire, affaiblir, affamer, à cause du manque de fraternité, de partage, de don de soi, envers le ou les demandeurs de soutien, d’un accueil cordial. Plus je donne, plus je m’enrichi intérieurement. Je ne veux blesser ni tuer personne, pourtant il m’arrive d’être violent, révolté… Qui suis-je pour fermer ma porte, mes fenêtres émotionnelles aux autres?

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