Acceptez-vous la pauvreté du bonheur ?

Quoi de plus artificiel qu’un bowling? Tout y semble empreint d’une fausse Amérique. Tout résonne, trop fort, d’une musique répétitive. Les sièges eux-mêmes, rivés à leur place, conspirent à l’ordonnancement touristico-disciplinaire du lieu. Et partout règne le noir bleuté des nouveaux enfermements.

 

Oui mais il y a les gens : ils sourient, ils rient, et souvent aux éclats. Il y là le père qui voit ses enfants un week-end sur deux, des amoureux non encore déclarés. Un groupe avec frimeur qui fait trop de tout. Tous ces gens ont là des joies qu’ils n’ont pas les autres jours. On se prendrait presque à suivre les scores, à palpiter avec eux. C’est assez pauvre, souvent, l’humanité. Oui, mais voilà : nous n’avons rien d’autre.

 

Le bowling est une faille dans l’espace-temps, où le surfait rejoue nos vies. Entre sport et jeu de hasard, ce casino du pauvre réinvente le bonheur selon une règle simple: tout irait bien mieux si nous faisions nous- mêmes tous nos événements.

13 réflexions sur “Acceptez-vous la pauvreté du bonheur ?

  1. Ou acceptons-nous qu’un mot comme « bonheur » porte en lui trop d’espoirs, d’envies, d’idéaux, de rêves, et j’en passe, que la réalité de l’instant dans certaines joies d’un quotidien banal ne puisse envisager dans son entièreté ? Je répond (si j’ose) oui à votre commentaire.

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  2. oui, mais les autorités et le monde commercial ont volé l’espace public, la plus grande partie en tout cas, puis ils ont mis sous scellés les communs : chemins, espace verts, rivières, plages , forets, champs, etc … pas tout bien sûr mais suffisamment pour bloquer l’élan, parquer le public, parquer, déterritorialiser , encadrer les espaces de loisirs et de bonheur …
    tout à un prix, le prix du bonheur ? l’espace et le temps acheté qui nous rend plus pauvre en imagination, en argent , en relation … il ne faut pas généraliser évidemment … mais ce processus dans ce monde ci existe,’ la pseudo-convivialité’ qu’on pourrait trouver dans un bowling, un karting, une piscine, une patinoire, un je ne sais quoi de controle, de fausse sécurité, d’occupation sur la liberté d’être , de créer et de penser…
    ça peut arriver …

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      1. en même temps vous suggérez que l’on puisse être heureux pour répondre, et que cette expérience vécue du bonheur pourrait par le jugement critique nous donner la réponse. peut on juger de son bonheur ?
        le bonheur peut il être pauvre ou riche ?
        une réponse ne peut venir que d’un regard critique.(sur soi ou sur les autres, mais qui suis je pour juger ? 🙂 )
        critique sur le bonheur des autres par rapport à un bonheur idéal.
        soit le bonheur est le bonheur et il n’a pas à être jugé, soit le bonheur vécu est criticable car mauvais pour la personne ou le corps social …
        un alcoolique/drogué est il heureux quand il boit ? ou il satisfait juste l’assouvissement un plaisir.
        un bonheur est il toujours entier et monolithique? si nous devons le juger c’est donc pour changer les choses ou avoir une lucidité pour dire que finallment ce n’est pas le bonheur.
        comme boire est dangereux, se droguer ne mène nulle part et entraine de sérieux problème …et masque la pauvreté de l’être et son malaise
        passer du temps dans un lieux confiné, aménager comme une ferme industrielle pour être trait et distrait est il mal, pauvre et peut on changer de mode de vie ?
        qui veut la révolution ou la révélation ?
        que font les grecs en état de disette pour être heureux ou pour oublier leurs pbs ? où est l’essentiel du bonheur ? y a t il une échelle du bonheur ou ce sentiment ne peut être évalué ?
        où est il comme la qualité de l’air … ma respiration est elle bonne quand je vis dans le couloir de la chimie ou en centre de mégalopole, ai je le choix sur la qualité de mon air quand je n’ai pas d’autre alternative que d’être présent là où je suis, si je dis oui c’est que j’ai accepté la sous condition qui régit désormais mes choix, je ne me bats plus, je suis devenu docile et le choix n’est plus possible, acceptons de tirer de la réalité le bonheur et la simplicité de son recueillement . mais pour celui qui refuse le bonheur et se satisfait juste du présent que répondre ? est il alors une anomalie qui ne se soucie pas d’évaluer sa satisfaction mais vis juste un moment paisible en dehors de tout jugement.choisissons alors de ne pas être heureux …?

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  3. La plupart du temps on ne reconnait pas le bonheur, ou c’est un mot qui a perdu du sens ou de la valeur, alors on est loin de pouvoir évaluer sa qualité, pauvre, intense ? Le bonheur n’est peut être qu’une invention des télénovelas … et de plus belle la vie

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  4. De votre exemple : le bowling, je ne comprends pas un bonheur pauvre, mais un cadre pauvre à ce bonheur, et ceci ne renseigne en rien sur la substance dudit bonheur à mon sens.

    Les joies des humains sont-elles le bonheur?
    Le matérialisme que sous-entendrait le « oui » à cette question me paraît pauvre de sens, et il me semble plus acceptable que le bonheur soit considéré comme une aspiration, une idée pure, dont les joies seraient des manifestations matérialisées.

    La symbolique du partage familial, du jeu et du rire ne sont pas dus à mon sens au cadre (le bowling ici), et c’est donc à mon sens cette symbolique que nous associons au bonheur, même si certains voient en certains rituels – ou cadre (comme le bowling, ou les repas, ou les barbecue du dimanche, les pots après le boulot ou même éventuellement les rituels religieux) les chemins vers cette symbolique.

    Merci pour cette réflexion.

    Cordialement.

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  5. Je ne pense pas (en tout cas pour moi) que le bonheur réside dans un bowling (ce serait plutôt une fameuse corvée!)

    Il y a eu des moments dans ma vie où j’avais « tout » ce qu’il faut pour être heureux, un boulot… Je vivais en couple, je croyais que ce couple était heureux, du moins avais-je attendu suffisamment longtemps pour qu’il ait toutes les chances de l’être, une famille donc, des amis, des activités plaisantes. Et au milieu de ce bonheur, des moments difficiles, pénibles, longs, très longs, des déconvenues, amicales, professionnelles, était-ce le bonheur ?

    Plus tard, je me suis retrouvée privée de tout cela. Et pourtant, dans la longue période de crise qui a suivi, qu’on qualifierait plutôt de période de malheurs, il y a eu des bons moments, des moments de bonheur. Simplement le bonheur d’être assise dans un fauteuil, les pieds sur une chaise et de téléphoner à une amie en regardant le jardin.

    Il m’arrive de vivre des moments très heureux (je me le dis au moment où je les vis) même s’ils sont encadrés de moments plus difficiles… Par essence, rien ne dure, mais le bonheur est aussi relatif, j’ai une vie heureuse, comparée à d’autres, mais elle pourrait l’être plus, comparée à d’autres aussi – et dans tout cela, je n’ai pas encore abordé la capacité à être heureux (à voir le verre à moitié plein ou plutôt, à moitié vide…) – Ce qui peut varier aussi en fonction de ce que je vis !

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