Internet a-t-il un dehors? L’inistence

Internet pose à tous la question de la totalité du temps humain. C’est le nouvel infini, inappropriable comme humain et comme infini, et qui est pourtant l’objet de toutes les luttes pour l’appropriation. C’est le nouvel espace du temps lui-même, le premier espace- temps qui soit l’humanité elle-même. La place qu’on y prend, le temps qu’on y passe, voilà le nouvel être humain, le nouveau monde et le nouveau marché. Chacun, pour exister, doit s’y rendre et s’y vendre. Nul ne sait, au fond, s’il a encore pour longtemps un dehors. Combien reste-t-il de temps pour ce qui de nous est hors de lui ? Ou bien tout de nous est-il dedans, tout, jusqu’à nous même? Vivons-nous la transhumance de l’ego, de la transcendance d’un Sartre à l’immanence d’un Deleuze? Peut-être notre existence sera-t-elle une inistence ?

12 réflexions sur “Internet a-t-il un dehors? L’inistence

  1. Heureusement que pour exister nul ne soit obligé de se vendre. Tout ceci me donne l’impression d’un monde carrément à côté de ses pompes, sans doute le fruit d’un malentendu. Comment déboucher les oreilles des sourds ? en criant ? hélas, le cri fait peur, ce qui bouche un peu plus l’entendement des obtus. Le son ne passe pas sur internet. l’image non plus, quant à la forme n’en parlons pas. Alors internet, c’est quoi, un piège pour notre débilité congénitale ? un leurre aux mains de rusés qui se croient maitres du Jeu, mais ne sont que les rouages, les instruments d’une machination terrifiante, masquant les fins de l’existence, les sens de l’homme tout bonnement . Croyez vous vraiment que nous puissions trouver la vie sans la vivre ? hors de sa chair ? Dans ces conditions limites aussi absurdes que celles dans lesquelles nous nous engouffrons séduits par ces envoutements technologiques, il faut envisager la merde qui en découle, la masse de polluants mentaux et métalliques, et radioactifs et chimiques qui se déversent dans nos corps et les tuent. Nous n’existerons en vérité que lorsque nous oserons aller cueillir les cerises, patiemment. ( D’ailleurs,il y a bon nombre de gens qui le font, et se passent d’internet … )

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    1. Internet est vital.
      Il ne s’agit pas de s’en passer,
      puisqu’il est parfois la dernière chance d’exister.
      Et il est tellement riche et séduisant
      qu’il faut trouver comment sauver la pauvreté, la fadeur,
      l’immobile routine, en un mot le désert du réel.
      Non pas vivre sans, mais parvenir aussi
      à vivre en dehors…

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  2. Mr Galibert, cette réflexion intempestive n’est pas sans faire penser à une nouvelle d’Isaac Asimov. Internet est notre Multivac, et bientôt – un temps incertain – nous y serons confondus, peut-être, pour aller plus « loin » au monde : stance pure. C’est aussi, médiatement et immédiatement, un lieu de vie et de sur-vie. Merci. M.

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  3. Un simili-pouvoir. Celui pour lequel certains vendent père et mère.

    Plus sérieusement : le changement, plaisant ou non, voulu ou non, induit toujours une perte, un effacement, comme se débarrasser d’une monnaie qui n’a plus court. Peut-être aurait-elle une nouvelle valeur, plus tard, …de collection (?). M.

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    1. Mais est-ce bien de notre corps, comme du matériel,
      que vous parlez comme « d’une monnaie qui n’a plus cours »?
      Tenons-nous si peu à cette partie de nous même,
      que nous puissions sans crainte
      la vouer à la désuétude?

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