Connaissez-vous une phrase vraie dont le contraire soit faux ?

En général, lorsqu’une chose est vraie, son contraire l’est aussi. Bien sûr, c’est le plus souvent d’un point de vue différent. Mais en général, on sait tellement peu quel point de vue est le bon, qu’il est sage de les envisager tous les deux.

Tentez donc l’expérience :

  1. Prenez une phrase, à votre convenance. Choisissez là bien évidente, du moins à vous yeux.
  2. Puis cherchez s’il n’y a pas un cas particulier, comme une exception, ou alors une toute autre manière de considérer cette chose, qui nous feraient conclure l’inverse.
  3. Ensuite demandez-vous si vous pouvez dire que l’un des deux contraires est plus vrai que l’autre.
  4. Ici, vous avez sans doute envie de conclure que chacun est vrai sur son propre plan, pour le pan de réalité qu’il concerne.
  5. Mais demandez-vous alors lequel des deux est vrai dans l’absolu.
  6. Vous êtes alors obligé de conclure que les deux contraires sont également vrais.

Si vous multipliez les exemples, et renouvelez l’expérience, vous finirez par vous demander comme moi, s’il ne serait pas plus simple d’admettre, comme Héraclite ou le Yi-King le firent bien avant Hegel, que chaque chose est son contraire.

25 réflexions sur “Connaissez-vous une phrase vraie dont le contraire soit faux ?

  1. « Les contraires sont les extrêmes dans un même genre » ainsi que l’on le rapporte d’Aristote.
    Je m’intéresse beaucoup à cette question de la synthèse et notamment à travers l’oeuvre d’Hamelin. Hegel est considéré par Hamelin comme le premier à clairement définir le mouvement de la synthèse par ces trois moments (thèse, antithèse, synthèse). Conseillerez-vous un ouvrage sur cette question de la synthèse par Hegel ?
    http://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/2014/11/16/la-synthese-ou-la-clef-de-la-resolution-des-problemes-de-notre-pays/

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    1. Je commencerais plutôt par Heraclite.
      Ce n’est pas une pirouette:
      je crains que Hegel n’ait admis la contradiction
      que pour rendre nécessaire la synthèse.
      Ne croyez-vous pas que la contradiction
      mérite mieux qu’un sens unique?

      Si vous me dites une phrase, nous aurons son contraire,
      et je vous parie que la synthèse ne sera
      ni le seul possible, ni le plus intéressant

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  2. L’être et le non-être n’existent pas, tout est devenir. Le contraire est aussi vrai, surtout « rien n’est devenir » où la double négation nous informe que « rien » eh bien en « non soi » se perpétue n’étant pas. L’exercice tautologique est amusant, fait de nous tous des sophistes. Et cependant, il y a des certitudes, je veux dire : une Vérité une. Mais de ma fenêtre je n’en ai que l’intuition… M.

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      1. J’entendais (et entends toujours): une Vérité globale. Elle comprend toutes les vérités, les universelles comme les particulières, autrement dit : celles partagées par tous et celles de chacun. Une Vérité non appréhendée excepté dans l’idée. Cela laisse prend beaucoup de la place, tout l’Être.
        Cdt, M.

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  3. Il y a toujours le moyen de trouver vrai le contraire d’une vérité. Nous ne savons pas exprimer la vérité avec des mots. En logique mathématique la valeur vrai (ou faux) est une notion délicate … Nous ne savons pas exprimer les absolus. Une seule vérité c »est ce que veulent tous les autoritarismes ! « Vous êtes avec moi ou contre moi. »

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  4. Je laisse à Madame Denis le soin d’apporter sa propre réponse à la question que vous lui posez.

    De mon côté, je distingue dans l’éloge de la paresse deux motifs de courage au moins, qui valent mise en danger :

    1/ la revendication (pour un(e) chrétien(ne)) de s’adonner sans plus d’égards à l’un des péchés capitaux;
    2/ la mise en cause flagrante du dogme de productivité de la société de consommation dite libérale, qui a fait sienne la dénonciation dudit péché.

    Faisons exception de ceux qui ont le courage, dans ce contexte, de s’en revendiquer eux-mêmes, ce courage fût-il teinté d’ironie. Dénoncer la paresse d’autrui revient toujours à exercer sur lui/elle une forme de contrôle, que celui-ci soit exercé par le pouvoir politique ou par le lambda. Et l’on est toujours paresseux par rapport à…

    Par conséquent, l’antithèse de la paresse est un puits sans fond. Elle est aussi le déni de la spécificité de chacun et de chaque peuple.

    Lorsque l’on soutient que les travailleurs allemands travaillent plus que leurs équivalents français, c’est bien une certaine forme de paresse que l’on cherche, chez ces derniers, à pointer du doigt, n’est-ce pas ? Lorsque l’on tresse des lauriers à « la France qui se lève tôt », c’est bien la paresse de ceux qui font la grasse matinée que l’on fustige. De ceux, s’entend, qui ne se donnent pas rendez-vous à onze heures sur le terrain de golf. Lorsque l’on qualifie de « P.I.G.S. » tout un ensemble de nations méridionales, c’est, de toute évidence, de leur paresse qu’il est question. Et lorsque l’on s’émerveille devant la croissance chinoise, c’est parce qu’indépendemment de l’état des besoins respectifs des diverses sociétés, l’on explique celle-ci par un dynamisme typique, qui manifeste pour la paresse une aversion évidente.

    La hantise de la paresse est donc idéologique, voire raciste, qui promulgue un certain type de comportement individuel et de structure sociale et en discrédite un(e) autre : vertu versus vice…

    Mais qui est légitime pour juger de la paresse d’autrui, sans même chercher à le/la conaître ? Et ce qui apparaît comme de la paresse est-il tel, ou lassitude et épuisement face à l’inique et au harcèlement quotidien ? « Vous voyez, il y a une très grande maturité – je l’ai toujours pensé – des Français face au système de retraites : plus personne ne proteste quand je dis qu’on va partir en retraire à 70 ans. C’est bien ! » (Frédéric Oudéa, banquier).

    La paresse comme résistance à l’esclavage…

    La paresse comme manifestation d’une inadéquation entre désirs sociaux et austérité.

    La paresse comme expression d’un ras-le-bol indiviuel face à l’ineptie des choix proposés.

    Et la dénonciation de la paresse d’autrui par d’autres prolétaires comme admission d’une insatisfaction quant à leur propre sort. Car, après tout, si l’on est satisfait de ce que l’on fait, pourquoi se soucierait-on de la paresse du voisin ?…

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  5. En ce qui concerne votre article proprement dit, il met le lecteur au défi : serez-vous celui qui parviendra à formuler l’exception ?

    Ce défi, j’aurais pu être tenté de le relever si la question que vous soulevez ne me taraudait moi-même depuis dix ans au moins.

    Voici, dans les grandes lignes, ce qu’ont produit mes cogitations, à ce stade :

    1/ Cette question s’articule autour des relations entre langage(s), signifiant universel, identité culturelle, vécu personnel et intention du locuteur.

    2/ Ce que vous soulignez est vrai surtout pour les aphorismes.

    3/ Ignorer cette contradiction essentielle confine au déni, abdiquer face à elle au renoncement intellectuel et à l’immobilisme.

    4/ Le doute (quant au caractère univoque de chaque affirmation) et la précision langagière (qui définit plus exactement la perspective et l’angle retenus par le locuteur) peuvent atténuer la contradiction de ce que l’on cherche à formuler.

    5/ Souvent, ce qui est présenté comme des verités factuelles est le fruit de constructions. Sans souci de la vérité factuelle, cependant, toute société s’effondre ou vit sous le joug d’un régime autoritaire.

    Il y a quelques années, une collègue de travail m’a accusé de harcèlement sexuel. Je n’ai jamais commis le moindre harcèlement sexuel à son égard, ni à l’égard de qui que ce soit. Elle a été déboutée. Si vous me dites quen raison de l’absence de tout arbitre extérieur qui aurait observé la situation au moment où elle se déroulait, son accusation valait en tous points ma réfutation ainsi que ma certitude (et la sienne !) qu’aucun harcèlement n’a eu lieu, c’est l’idée même de justice que vous pulvérisez. Sans idéal de justice, aucune société n’est possible, et rien ne dissocie le bourreau de la victime. Sans souci d’exactitude, pas de civilisation.

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    1. Le problème de la justice ne se pose que si on nie le réel,
      ce que je ne cherche nullement à faire, au contraire.
      C’est précisément parce que le réel est réel,
      et indéfiniment divers,
      qu’il ne se réduit jamais à une affirmation,
      et que l’inverse est souvent aussi vrai.
      A nous donc de trouver, ou d’inventer,
      comment le dire sans le réduire

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        1. Le réel, c’est tout sauf les mots. C’est ce qui est absurde. ahumain:
          Vrac, divers, détails, avalanche d’anomalies, chaos, etc.
          Mis en mot, balisé, rangé par les mots et les lois, c’est le monde.

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  6. ….Je vois le verre à moitié plein. Si je ne vois pas le verre à moitié plein, je le vois vraisemblablement à moitié vide…

    Je crois que moi aussi je vais admettre que chaque chose est son contraire. Mais, et si chaque chose était sa vérité ?

    :p

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    1. 1. il faudrait que la moitié vide soit pleine, et vide la moitié pleine.
      2. Elle serait aussi son erreur. Ce n’est pas si faux: regardez comme chaque chose tend à se réduire à son image. Même s’il n’y avait plus aucune autre réalité dirions-nous que cette image est vraie ?

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