L’homme ne pense pas : c’est l’objet qui parle.

Bien sûr, vous croyez que vous pensez. Mais avez-vous remarqué que vous pensez toujours quelque chose ? Et que pensez-vous, au fond de cet objet ? Qu’il semble ceci ou cela, qu’il pourrait vous servir à ceci ou à cela, qu’il vous rappelle ceci ou cela. Mais tout cela, au fond, c’est ce que l’objet pourrait vous dire s’il parlait. Dès lors comment savoir si c’est vous qui pensez, ou bien lui qui parle dans votre tête ?

Rien de plus simple : essayez donc d’insulter les choses autour de vous. Si vous parvenez à avoir face aux objets un esprit critique, je veux bien admettre que c’est vous qui pensez, et qu’ils sont silencieux.

Moquez-vous donc de la chaise, insultez le mur, outragez la table ! Proclamez haut et fort que tout est laid, morne et quelconque…

Mais aussitôt, vous voilà triste, seul, désemparé. Pourquoi n’êtes-vous jamais si heureux que dans la beauté des choses ? Parce que la beauté est un concert : le beau, c’est quand tout vous parle. Ne croyez donc pas pouvoir exister par votre seule pensée au beau milieu d’un monde muet. Car vous ne penseriez plus rien du tout, et votre joie d’être en vie n’aurait plus rien à vivre.

Penser, c’est écouter, et répéter en silence tout ce que disent les objets.

Voulez-vous les entendre mieux ? Voici ce qu’ils vous disent

8 réflexions sur “L’homme ne pense pas : c’est l’objet qui parle.

  1. Les choses peuvent parler à l’homme, mais pensons-nous toujours à « quelque chose » ? Cela est possible. Est-il certain que ce que nous pensons, ou ce à quoi nous pensons soit toujours un « objet » ? La question reste ouverte. Est-ce possible de pouvoir exister par notre seule pensée au beau milieu d’un monde muet? La réponse dépendra de l’ultime but de notre « existence ».
    Les choses ou encore des situations, très souvent expriment une idée comportant des approches soit proactives ou réactives, ou encore tout juste statiques compte tenu de notre perception des choses et aussi de la situation qui prévaut. Toutefois pour percevoir ces choses, il faut un cerveau qui peut penser et contrôler les actions de l’organisme à partir des informations sensorielles qui lui parviennent, en fait le cerveau joue le rôle capital dans la création de réponses à l’environnement, puis la transmet par la pensée. Ceci dit, les choses ne peuvent pas parler sans l’intervention d’un cerveau pensant même si les interprétions mes messages reçus varient selon les différentes sensations et sensibilités.
    L’homme peut aussi penser ce qui n’est pas « objet » palpable ou tangible. L’homme peut imaginer, anticiper les situations, il peut penser à un être ou à une situation. La pensée peut même aller au-delà des choses invisibles ou spirituelles, dans ce cas précis, les choses n’ont pas la possibilité de parler à l’homme car l’homme pense à ce qu’il ne voit pas, il peut espérer ce qu’il ne voit pas ou qui n’existe pas. La possibilité donnée aux choses de parler à l’homme est bien limitée, surtout à l’homme dont les pensées sont moins orientées aux choses matérialistes.

    Est-ce possible de pouvoir exister par notre seule pensée au beau milieu d’un monde muet ? Si nous plaçons l’homme dans le contexte de la création, il se distingue d’une manière spéciale des autres créatures, c’est pourquoi il lui a été donné la possibilité de vivre en harmonie avec les autres créatures (y compris les choses), et surtout de les sauvegarder (y compris l’environnement). Les choses de l’environnement sont indispensables pour la survie de l’homme, par conséquent l’homme ne peut pas survivre ou subsister au beau milieu d’un monde muet. Le monde muet et silencieux annihilera l’homme.

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  2. … de même que certains s’arrogent le droit d’outrepasser le droit en matière de jupe dite islamique.

    Ou nous dit-il que la tentation de suprématie n’est pas uniquement où l’on tend à la situer en priorité ?

    Ne vous est-il jamais arrivé de trouver extrêmement sexy une femme portant hijab ?

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  3. Si la parole présupposait la pensée, si parler c’était d’abord se joindre à l’objet par une intention de connaissance ou par une représentation, on ne comprendrait pas pourquoi la pensée tend vers l’expression comme vers son achèvement … Pourquoi le sujet pensant lui même est dans une sorte d’ignorance de ses pensées tant qu’il ne les a pas formulées… comme le montre l’exemple de tant d’écrivains qui commencent un livre sans savoir au juste ce qu’ils y mettront.
    Maurice Merleau-Ponty ?

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