Chaque être a-t-il sa manière d’être ?

On le sait depuis Aristote. Ou alors, on fait semblant de le croire : le philosophe serait celui qui pense l’être au point de pouvoir classer tous les êtres, et même compter les types d’êtres. Toute sa science culminerait donc dans un savoir suprême : compter les manières d’êtres.

Et, de fait, on ne voit guère de philosophe qui ne dise qu’au fond, il n’y a qu’un être, ou bien deux, ou bien trois. Cela ne va guère au-delà, sans que l’on sache très bien pourquoi. On cherche en vain, par exemple, quelque penseur qui en aurait trouvé onze, ou mille trois cent vingt huit.

Il s’agit, dira-t-on, de nous situer dans un ou deux mondes, et sans doute serions-nous plus perdus si, par malchance, il y en avait quelques centaines. Mais depuis quand le philosophe aurait-il pour fonction de nous rassurer ?

Le pire pour la pensée serait sans doute que chacun des êtres ait son propre type d’être, ce qui équivaudrait à reconnaître qu’il n’y a même pas de type d’être. Mais la pensée la plus audacieuse n’est-elle pas celle qui accepte de penser le pire ?

11 réflexions sur “Chaque être a-t-il sa manière d’être ?

  1. il y a nécessairement continuité entre les genres s’il en existe plusieurs
    et le continu n’est pas dénombrable.

    Le piège n’est-il pas le nombre
    et les coupures qu’il parait faire dans le monde ?

    Un ou l’infini
    il n’y a pas d’autres choix
    le différent est inégalable
    (conduit à l’infini.)

    Le premier mensonge
    (et la première errance sur ce mode d’attribution d’une catégorie à un être)
    est celui du mathématicien qui prétend pouvoir choisir au hasard une fraction de l’unité.

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    1. Vous avez raison. Ces manières confèrent sans doute à chacun un degré d’être, entre l’être et le non-être. Exister, c’estt put-être toujoursen même temps ne pas existeer. C’est ce que j’appelais le rien. Mas cela ne semble pas très positif. Lemot existence, ou l’idée d’un jeu de l’existence, entre diverses teneur en être paraît moins dissuasif…

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  2. @ Aunryz

    N’appartient-il pas de distinguer le continu, ne fût-ce que pour reconnaître le distinct ?

    Ne faites-vous pas l’amalgame entre nombre et fétichisme du nombre, ce dernier à « l’œuvre » notamment dans l’omniprésence de sondages ?

    Un ou l’infini ? Un de l’infini ?

    Attribution d’une catégorie à un être ou confinement d’un être à une catégorie ? La première suppose la centralité de l’être. Or, n’est-ce pas la centralité de la catégorie qui prévaut dans toute entreprise taxinomique ?

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  3. Maître Eckhart identifie Dieu et l’être; Dieu est l’être, l’être en soi, la plénitude de l’être, on ne peut pas être plus clair. Or, autant de peuples, autant de Dieux, et autant d’individus autant d’êtres, c’est-à-dire en fin de compte, autant de façons de se représenter l’Unique Être. J’ai lu quelque part que deux êtres identiques est une impossibilité; ils n’en feraient qu’un, même les jumeaux les plus parfaits sont différents à plusieurs égards.
    Mouscad

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