marcher / penser

Le pur fait de marcher, déjà, est excellent.

Marcher masse, et le ventre et l’angoisse.

Voici

le voir qui se dispense,

posément, à l’allure de la marche,

le voir de l’ensemble et le voir du détail,

embrassés tout en un en un lent défilé.

J’ai beau ne pas savoir les choses,

marcher me les présente toutes

et n’en signale aucune. Elles

figurent, toutes égales,

en un régal du fond.

Marcher réconcilie.

Mais il conseille aussi: c’est un éveil et une vie

car le fond est la gare de tout surgissement.

Si le regard se pose, c’est là son métier,

c’est justement là, qu’il faut penser

puisqu’on ne sait faire autrement:

Que voir sans avoir une idée?

La moindre chose vue,

m’éveille

telle

un flux

de matins

encore latent

qui m’atteint

et qui m’attend.

9 réflexions sur “marcher / penser

  1. Oh oui ! Je le rends à mon bureau à pieds, ça me fait une heure de marche par jour et je n’en passerai pour rien au monde tellement ça fait du bien à la tête !

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    1. Mais la randonnée
      consiste-t-elle à marcher?
      Ne risque-t-on pas d’avoir choisi,
      avec l’itinéraire,
      ce qui sera visible.
      Je veux bien entendre les jeux
      de la lumière et des saisons,
      qu’on sait quasiment capables
      de faire de nos montagnes une mer…
      Mais la ville me semble garantir
      une teneur tout autre en hasard

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      1. Pour moi, si, la randonnée, c’est bien marcher. Et c’est bien aller au devant de surprises. A commencer par la relation que chacun va établir avec les autres et avec le milieu — et chacune de ses composantes. En zone non urbaine les rencontres humaines pour être plus rares n’en sont pas moins dignes d’intérêt.
        Augustin Berque nous donne cette belle phrase de Watsuji : Sortis ensemble dans l’air du matin, nous sommes chargés ensemble d’une certaine manière d’exister. N’est-ce pas la certitude de découvertes formidables ?

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  2. Lève-toi et marche ! Attention à la marche ! Marche ou crève ! Garde à vous ! Marchez, une deux, une deux !
    ***********
    Toujours l’esprit précède la marche, et cette dernière, en retour, le stimule lorsqu’elle est suave nonchalance, dans une forêt profonde ou dans un coin de Montmartre propice à l’évasion dans l’être-là, celle qui permet au milieu d’exister avec nous et nous en laisse le temps avec lui, l’évasion de l’être dont émerge l’étant, comme naguère, peut-être. Abondance du temps. Permanence de l’agitation. Rêve, promeneur, à l’ombre du sphinx, rêve à cette silhouette délicate qui t’accompagnera dans tes doucereuses flâneries…

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