Pourquoi acceptons-nous tout cela ? (Questions vitales 6)

Pourquoi y a-t-il tellement d’injustice,

de souffrance, de misère et si peu de révolte?

Althusser disait que le grand événement dont jamais personne ne parle,

c’est que tout le monde est allé au travail ce matin.

(c’était au temps où le chômage pouvait encore s’oublier).

C’est un fait, toujours aussi patent, et toujours aussi inexplicable.

Du moins, du point de vue du capitalisme.

Car, lorsque l’hypercapitalisme entre en jeu,

nous avons une raison nouvelle et excellente

de partir chaque jour au travail sans jamais protester.

Car nous pourrions aussi être mort.

Et, par les temps qui courrent,

cette menace archaïque se met

à reprendre un sens hélas très actuel

Le libéralisme, en économie, affirme que le capitalisme n’est pas de l’esclavage,

parce que vous acceptez librement votre contrat de travail.

Tout dépend, évidemment, du choix qu’il vous laisse.

Le libéralisme classique vous laissait le choix entre un salaire minimal, et une vie de misère.

Si l’on voulait faire de l’humour noir,

on pourrait dire que l’hyperlibéralisme actuel,vous laisse le choix entre

le sacrifice de votre existence (en acceptant de consacrer toute votre existence au travail puis à l’hypertravail présenté comme « loisirs »)

et le sacrifice de votre vie, sous forme de suicide.

C’est un peu sinistre, évidemment,

mais l’on peut toujours considérer

que vous acceptez l’ensemble de vos conditions de travail

puisque vous ne vous êtes pas encore suicidé.

Face au spectre du suicide,

ainsi placé une nouvelle fois comme fondement de notre société,

les revendications progressistes classiques disparaissent,

au profit d’un espoir minimal de moins en moins accessible :

trouver une place et la garder.

Tous les grands idéaux de justice et de progrès, peu à peu,

se sont réduits chez chacun à un objectif unique :

l’idéal, aujourd’hui, c’est de rester vivant.

Et encore personne ne peut être certain d’y parvenir…

16 réflexions sur “Pourquoi acceptons-nous tout cela ? (Questions vitales 6)

  1. certains grecs durement touchés par la crise ne sont plus là pour en parler, si il n’y avait qu’eux …
    un revenu de base arrangerait la situation mais le liberalisme s’arrangera encore pour qu’une pomme de terre coute aussi cher qu’un jour de revenu … l’hypercapitalisme et le libéralisme devraient se suicider eux les premiers …

    J'aime

  2. Les gens ne veulent pas entendre, sauf ce qui les arrange momentanément, ou les rassure sur leur choix, leurs idées préconçues. Rien que ce matin, à propos des forêts. Le lieu commun est de dire qu’il n’y a jamais eu autant de surface forestière. Mais en toute ignorance, de ce qu’est la filière bois, de l’état des forêts, de l’enrésinement, et des usages des arbres. L’opinion pense comme on veut qu’elle pense. Si on dit qu’un arbre c’est une matière première, cela ne prend pas en compte tout ce que l’arbre abrite comme faune, et insectes, ni donne comme air pur.
    Les gens ne prennent la mesure des choses, et des évènements qu’en fonction de leur besoin immédiat, réels ou supposés, en fonction d’un contexte, sans envisager que le contexte, ils en sont aussi responsables, par leur acceptation ou leur refus.
    Après avoir protesté de façon plutôt véhémente mais non agressive, mes interlocuteurs m’ont littéralement tourné le dos… il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.😦

    J'aime

  3. « L’idéal, aujourd’hui est de rester vivant »…
    Tout le monde est certain de ne pas y parvenir. Face à cet avenir certain, ne perdons pas une minute de cette vie. Cette minute-là est la seule qui compte.

    J'aime

  4. Pour qu’une injustice soit « révoltante », il faut certaines conditions qui dépassent l’être objectif, une injustice qui pourrait nous toucher tous, une menace immédiate et identifiée. Hors il y a toujours des privilèges que le système reserve à quelques uns, même si une bonne partie n’est plus en sécurité, il y a la menace du pire aussi, qui fait que vouloir le changement se serait la mort,. Mais de toute façon cette mort agit insidieusement et tue les posiibilités d’être autre et confine dans les rôles que le système a créé et distribué. Ceux qui ne servent plus au système peuvent disparaitre sans que cela se voit trop … le système s’adresse au particulier et ne montre pas son vrai visage, l’individu renonce alors à être …

    J'aime

  5. La psychologie permet de comprendre et donc d’expliquer beaucoup de nos comportements. Lorsqu’on veut bien prendre le temps de s’y intéresser, beaucoup de choses prennent sens alors. Je suis convaincue que l’Homme est ainsi fait Mr Galibert, nous sommes tous plus ou moins égoïste.

    J'aime

  6. La psychologie est l’analyse de la personnalité afin de comprendre la structure et le fonctionnement mentale et les comportements associés. L’égoïsme est donc l’un des nombreux traits répertorier qui constitue l’être humain, et classifié en psychologie. Il est aussi répertorié en tant que sentiment.

    J'aime

  7. Pour ma part je me révolte. Mais que peut faire un petit être différent, prétentieux, rebelle, lorsqu’il a voulu faire comme tout le monde, prendre la responsabilité de fonder une famille? Je subis, me relève et dans mon coin, je cherche des solutions, pour mes proches, pour mon évolution. Je pense beaucoup aux autres, mais la plupart s’en fichent de ma main tendue. » Pas vu à la télé cela n’intéresse pas grand monde ! » C’est ainsi, même si cela est dramatique, complexe. Comme dit monsieur Alain Souchon : »On avance, on avance, on a plus assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens.. On avance…. » L’individu fait de même en s’adaptant au mieux de ses possibilités, de sa profession et de ses revenus. Personne ne peut refaire le monde seul ! Nous sommes prisonniers, puisque ce sont nous les responsables politiquement par nos votes, nos comportements. A quand la prochaine révolution? Les prises de conscience ne suffisent pas à canaliser l’incompréhensible. Nous aimons tendre les battons pour nous battre ! Nous allons malgré nos discours critiques continuer à supporter cela ! Nous devons le reconnaître, malgré toutes nos intelligences, les prix Nobel, les grands savants, les grands ingénieurs, les financiers et les industriels ce sont eux qui nous gouvernent… Il faudrait deux ou trois générations de cerveaux et formés pour renouveler, faire évoluer et changer la mauvaise donne… Quels sont les parents qui pensent à ce type de formations? Lorsque je constate que chaque parent privilégie encore le « garçon » malgré les campagnes sur l’égalité des sexes, et les mamans de garçons qui se plaignent de ne pas avoir le salaire égal… Quelles sont les institutions capables d’un tel enseignement, sil existe? Pour l’instant je n’ai pas de réponses, mais je réfléchis. Je continue d’aimer les autres, de lutter pour que la fraternité, le métissage des cultures, soient encore plus répandus. Merci à tous.

    J'aime

votre réponse:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s