Y a-t-il encore des privilégiés ? DES CLASSES SOCIALES AUX CLASSES VITALES. (Questions vitales 3)

Si des banquiers, eux aussi se suicident, l’ordre établi n’a que des victimes. En l’apprenant, j’ai été interloqué. Je me suis d’abord dit que si le suicide affecte aussi les principaux décideurs de l’hypercapitalisme, il cessait d’être une arme de domination, une sorte de chantage que les plus riches exercent sur les plus pauvres pour leur faire accepter leurs sort de travail perpétuel.

Puis j’ai compris que c’était l’inverse. Loin de renverser mon hypothèse d’une société désormais suicideuse, ces suicides de banquiers la confirment et l’étendent à la classe dominante elle-même.

En un sens, il n’y a plus de classe sociale. Dans l’hypercapitalisme, il y a des classes vitales, parce que ce qui est en jeu, ce n’est plus telle ou telle part de la plus-value, mais l’existence même de chaque personne. L’hypercapital s’amasse, évidemment, plus que jamais ; et il a toujours des propriétaires, mais il n’y a plus de bénéficiaires. En un sens, du point de vue de l’existence, tout le monde est victime de l’hypercapitalisme, et le trader lui-même y perd, comme tout le monde, ou bien son existence tout entière, ou bien sa vie.

30 réflexions sur “Y a-t-il encore des privilégiés ? DES CLASSES SOCIALES AUX CLASSES VITALES. (Questions vitales 3)

  1. Parmi les nombreux facteurs qui amènent au suicide, il faut prendre en compte le fait que le secteur financier est lui aussi l’objet de nombreuses charrettes de licenciements (Cf Frédéric Lordon La Crise de trop, éd. Fayard), que le banquier n’est plus nécessairement propriétaire de sa banque mais un opérateur salarié, et que son niveau de salaire n’arrive même plus à compenser la pression subie au travail, ni ne guérit les burn-out.
    Je tiens par le témoignage d’une personne placée à haut niveau à la direction d’une banque que l’usage de substances psycho-actives (anti-dépresseurs détournés de leur indication) à des fins de performance, peut aussi être un élément de compréhension de ce phénomène, de même que le rôle de la cocaïne (révélée en 2008 aux US par un trader repenti (!)) a pu avoir un effet désinhibant sur des prises de décisions inappropriées. Elles ont tout de même, s’en souvient-on, mené le système financier à procéder à l’expulsion des millions de personnes de leur domicile.

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  2. Pourquoi nos banquiers se suicident-ils ?
    Parce qu’ils sont sous pression de par leur direction. Un banquier se doit de faire du chiffre aussi, d’être rentable ! Il doit vendre des emprunts, des actions, des assurances etc… Hé oui…Le métier a évolué, notre banquier n’est plus un simple conseilleur, c’est un vendeur dorénavant. C’est triste…

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  3. Ce en sont plus les hommes qui exercent une domination sur d’autres hommes mais des systèmes comptables, des systèmes experts servis par des hommes-robots. Les machines, qui n’existent pourtant pas, prennent le pouvoir. Ceci dit il existe toujours la classe de ceux qui jouissent d’un système dont ils ne sont plus les maîtres, et ceux qui le subissent et pour lesquels il devient difficile de localiser l’adversaire de classe.

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  4. déjà avec l’Ordre Mondial dont la naissance n’est que d’Intérêts et Bénéfices fait déjà ses Victimes : la Grèce en semble un au Hasard, s’en suivra d’autres, mais c’est déjà tout autant visible, à moins d’être Aveugle sur le Reste du Monde, du continent Africain, au Moyen Orient, et en Asie, les dégâts font bien des Malheurs…. au mains de si Peu de Fortunes, l’Univers tourne pas « rond », ou si bien….à leur façon…

    le Suicide est bien le symptôme d’un manque philosophie sur la raison de Vivre… la désespérance…

    alors les banquiers, ? ont les mains liées avec les Financiers de l’Extrême Onction en jolie Communion ,avec des Millions organisent le Monde, si bien ouverts sur leurs livres de comptes,
    Les Actionnaires Multi révolutionnaires de leurs éphémères…se suicident à force de guerre, ou de production , en épuisant toutes les forces vives mais qui se reproductrices en aversion, qui un jour ou l’autre se mettent en « rebellions »… à force de flagellation (métaphores … koike !!!

    à y Perdre effectivement l’Existence sans aucune autre Espérance….y’a qu’à voir la Jeunesse et leurs beaux apprentissages, ont des Symboles bien aléatoires d’Espoir

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  5. Pour répondre a cette question, il faut répondre à cette question, a qui profite tout cet argent ? Les plus grosses fortunes sont la classe dominante, celles a qui appartiennent ces très grosses sociétés, il me semble.
    Elles gagnent de l’argent sur leurs cadres, qui eux même poussent, mettent sous pression leurs subordonnés afin de rentabilisé et produire un maximum.
    L’argent ne fait -il pas tourner le monde, cela depuis maintenant un temps infini, hélas…
    L’Homme fait son propre malheur !

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  6. Avec la crise, un petit propriétaire comme moi qui loue un petit bien acquis par sa vie laborieuse dans le but d’avoir une retraite complémentaire se retrouve en but à des locataires qui ne payent pas leurs loyers et qui désocialisés se mettent à boire et saccagent le bien. On ne peut ni les mettre dehors, ni récupérer les loyers. Le possédant est dépossédé. Le fonctionnement « normal » de la société libérale est perverti. Le petit propriétaire doit assumer les charges, les taxes foncières… Ne pouvant plus payer il peut finir à la rue ou être acculé au suicide. Il n’y a pas que ceux que l’on a tendance à traiter de requin qui finissent par être victime du système. Donc le petit propriétaire qui sent ce processus en marche espère récupérer son bien le plus rapidement possible et le mettre en vente. Cela fera un logement de moins disponible pour les locataires pauvres qui touchent une allocation logement. Je ne voie pas où le système actuel peut-être bénéfique à qui que ce soit. C’est un système perdant-perdant.

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  7. « Si des banquiers, eux aussi se suicident, l’ordre établi n’a que des victimes. En l’apprenant, j’ai été interloqué. Je me suis d’abord dit que si le suicide affecte aussi… »
    Si les médecins, les policiers de plus en nombreux se suicident ceux là même qui sont là pour garantir aide aux victimes et cabossés de la vie ne sont pas épargnés, victimes également de pressions insupportables… En l’apprenant de différentes sources j’ai été interloquée. Je me suis dit alors que le suicide affecte donc au delà des classes sociales l’ensemble ! Et que penser d’une jeunesse qui se suicide lentement mais surement en s’adonnant à des addictions lourdes pour oublier ou violemment parce la vie ne vaut pas la peine d’être vécue… Les morts sur la route dont on fait battage afin de réduire le nombre de morts… mais on cache aussi un malaise profond dans notre jeunesse ! Ce n’est pas sérieux de mourir à 17 ans ! Non ce n’est pas sérieux…

    Marie de Cœur

    « La mort me tente toujours comme un galop de liberté sur un cheval fou ».
    On n’est pas sérieux quand on a 17 ans
    [ Barbara Samson ]

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      1. Personnellement, je n’adhère pas à l’ensemble.
        Mais deux choses me semblaient importantes à relever :
        – la disparition de l’opposition (peut importe le parti en place et la dite opposition)
        – la censure …
        – et la manipulation qui par exemple récemment défend ‘la liberté d’expression’ …………… (no comment)
        – et le fait de déstabiliser ‘le peuple’ (la classe moyenne). Peuple qui auparavant avait une certaine confiance et sécurité pour son avenir ….

        Pour les boissons sucrées, le fait d’accoutumer les consommateurs au sucre, oui. Mais est-ce réellement ‘une volonté de rendre faible une population ?’ Au début de la vidéo, il est expliqué qu’il n’y a pas de ‘système central’ décisionnel …….. (Ne plus savoir que croire et qui croire, est certainement plus déstabilisant que ‘les boissons sucrées) !🙂

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  8. « Si des banquiers, eux aussi se suicident, l’ordre établi n’a que des victimes. En l’apprenant, j’ai été interloqué. »

    Ne faites-vous pas trop aisément vôtres des nouvelles diffusées par l’une de ces industries que vous qualifiez par ailleurs d’ « industries de la vérité » ? Un examen plus minutieux de l’hécatombe qui semble, en effet, avoir affecté le milieu bancaire lors de l’année écoulée ne s’impose-t-il pas ?

    Dans la liste suivante, qui cite avec minutie les cas de banquiers décédés de causes non naturelles en 2014, celui du Belge Philippens mérite que l’on s’y attarde : http://pilulerouge.over-blog.com/2014/11/la-liste-des-banquiers-morts-avec-sources-et-details.html

    Il s’agit certes d’un meurtre, mais qui irait croire que Calvi s’était lui-même pendu du haut d’un pont londonien ?

    Atmosphère à certains égards similaire à celle des années ’30, lors desquelles banquiers et investisseurs de Wall Street se suicidaient en masse (*), règlements de comptes (déguisés), application crue de la loi du silence à qui apparaîtrait enclin à la défier, usage massif et constant de psychotropes lourds, comme le relève un autre commentateur (cf. le film « Inside Job », oscar du meilleur documentaire 2010), instabilité personnelle et familiale, enfin… Les divers facteurs à l’origine de ces disparitions prématurées constituent un véritable entrelacs.

    Quant à en conclure que celles-ci sont autant d’indicateurs de la disparition des classes sociales, ne serait-ce pas aller un peu vite en besogne ?
    De quels types de banquiers parle-t-on ? Parmi les banquiers de la haute passés de vie à trépas, certes gavés de luxure, combien figuraient au classement des plus grandes fortunes établi par Forbes ? Buffett, celui-là même qui déclarait, il y a quelques années, que sa classe sociale avait remporté la guerre des classes (‘class warfare’), ne sait pas, depuis deux ans, que faire de son argent; trouver de nouveaux berceaux d’investissement est devenu pour lui une véritable torture. Et il s’agit là de l’un des milliardaires les plus enjoués de la clique, considéré ici ou là comme « progressiste ».

    Aux Etats-Unis, la « démocratie » n’a jamais été plus soumise aux intérêts des plus puissants que depuis que la Cour Suprême a entériné « Citizens United » (http://www.salon.com/2015/02/28/this_scotus_destroyed_america_how_citizens_united_is_ruining_more_than_our_elections/) et reconnu aux corporations le statut de personnes (http://www.npr.org/2014/07/28/335288388/when-did-companies-become-people-excavating-the-legal-evolution).

    A titre de comparaison, une loi en vigueur dans l’Etat du Wisconsin jusqu’en 1880 affirmait : « it is a felony for any person to speak with any legislator with an attempt to influencing legislation on behalf of or to further the interests of a corporation. It is a felony for any person to give money to a political party, a political candidate or any political group on behalf of a corporation with an intent to influence legislation, and it is a felony for a person to publish any form of advertising or public pronouncement on behalf of a politician or to influence legislation that is paid for by a corporation. »

    Que les banquiers soient plongés eux aussi dans la Grande Illusion (ce que Debord nommait la Société du Spectacle) semble une évidence. Mais établir, comme vous le faites, un parallèle aussi net entre leurs conditions de vie (et les raisons à leur mort prématurée) et celles des laissés-pour-compte revient à recourir à un raccourci facile, que ces derniers pourraient considérer indigne. L’illusion la plus pernicieuse n’est-elle pas celle qui consiste à soutenir la thèse fallacieuse de l’estompement des classes, qui, loin de le remettre en cause, alimente, au contraire, le système moribond ?
    __________
    (*) Le rapport entre le PIB mondial et le total des produits financiers dérivés (c’est-à-dire qui spéculent sur la spéculation) déclarés (!) est de 1 à 9 (chiffres de l’année 2012).

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    1. Grand merci pour ces remarques,
      aussi précises que documentées

      Sur le fond:
      Y a-t-il encore un sens
      à opposer riches et pauvres
      parmi les suicidés?
      Ou faut-il plutôt nous rassembler tous
      contre le système nouveau qui nous vise tous?

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  9. – « Sur le fond: y a-t-il encore un sens à opposer riches et pauvres parmi les suicidés?

    Je conçois que répondre par la négative à cette question confirme vos postulats philosophiques, amplement étayés ici. Mais en quoi les conditions préalables distinctes des uns et des autres (joueurs perdants vs. exclus du jeu) nous autoriseraient-elles à le faire ?…

    – « Ou faut-il plutôt nous rassembler tous contre le système nouveau qui nous vise tous? »

    Quel serait donc, à votre estime, ce système qu’implicitement vous semblez concevoir mécanique et extérieur à l’humanité entière ? Quelle est, selon vous, la force (la volonté ?) qui le propulse ? Et si, comme vous le sous-tendez, nul n’en est bénéficiaire, quelle est donc cette pièce surréaliste sans auteur apparent dans laquelle chacun consentirait à jouer, s’il (si elle) en a l’occasion ?

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  10. “Ou faut-il plutôt nous rassembler tous contre l’entièreté de l’humanité qui nous vise tous?”

    ???

    Laissez-moi vous poser une autre question : qui est, selon vous, en position de faire éclater des guerres ?

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  11. Quels qu’ils soient, le fait qu’ils soient en mesure de déclencher la quintessence de la destruction tout en y échappant eux-mêmes ne vous renseigne-t-il pas sur leur qualité de bénéficiaires de l’ordre qui cherche à s’établir ?

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  12. Vous avez raison : il y a la souffrance de celle dont le manteau en fourrure d’hermine a été irrémédiablement taché par une crotte de pigeon, et il y a la souffrance de l’hermine que l’on a dépecée pour sa fourrure. Tout est souffrance…

    « Heal the world, make it a better place, for you and for me, and the entire human race »…

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  13. Ce n’est qu’une impression : mon empathie sélective ne s’apparente ni à un besoin d’attestation formelle, ni à une déconsidération par amalgame ou nivellement.

    Au système qui, en effet, à des degrés divers, à tous s’impose, se superpose,sans que l’on sache trop laquelle des deux est la poule, laquelle l’oeuf, et à quel agencement ordonné toutes deux répondent, l’exploitation de l’homme par l’homme. Vous laissez entendre qu’il est souhaitable de modifier le système, et qu’il est concevable de le faire sans tendre vers l’éradication prioritaire des conditions de l’exploitation de l’homme par l’homme. Mon opinion est contraire.

    Vous laissez entendre que le malaise est diffus, quasi imperceptible, et que ses causes échappent à l’influence des hommes. Mon opinion est qu’il s’explique d’abord par l’inadéquation (voire l’absence ou le reniement) de(s) réponses philopolitiques contemporaines face au nouveau paradigme mondialisation/exploitation, fondé sur la mise en concurrence forcenée, homicidaire donc suicidaire.

    L’affirmer ne revient pas pour autant à prescrire l’antithèse parfaite de ce principe de concurrence, utilisé comme méthode : l’homme exploité a des adversaires ici-bas, et il importe qu’il les désigne, non point sur base de ce qui est constitutif de leur être, mais sur la nature de leurs actions (Très rares sont les suicides de banquiers qui investissent dans l’économie durable…). Rien n’interdit, parallèlement, (que du contraire !) de penser le système affranchi de ce qui paraît être des prédéterminés : c’est le système lui-même qui contient sa propre clé (ce en quoi il est sans doute jeu d’ombres et de lumière) : l’asystème bienveillant. Le défi me semble consister à esquisser une ou des méthode(s) la (les) plus pacifique(s) possible(s) qui permettraient de faire fi des étapes intermédiaires, sans quoi le risque est grand de confondre horizon et perpétuation de « l’existant ». C’est un peu la quadrature du cercle…

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