Si votre existence est précaire, vous êtes joyeux

Il y a deux évolutions possibles pour les contraires : la contradiction et le contraste. Comme une bataille toute prête, la contradiction est un éclatement horizontal, latéral, rampant, une auto destruction des confins. Le contraste est un éclat transversal, une soudaine bouffée de joie qui brille comme une issue. La joie, c’est l’existence qui gagne.

L’existence, parfois, ne tient qu’à un fil. Mais il arrive que ce fil s’enfle, gagne en épaisseur, comme une contagion de douceur. Le contraste le plus vif est toujours susceptible d’un repos, d’une stase d’équilibre et d’harmonie, comme une douceur de la lumière. Là où tout était prêt pour la mort, l’existence, paradoxalement, se profile et se propage.

C’est au bord des buches, dans l’interstice incandescent, que le feu prend. C’est tout contre la peau que les draps se réchauffent. C’est sur la peau des choses que la lumière se pose. Quand le jour se lève enfin, quand tout le monde se met à chanter, quand le regard se relève, quand le sourire revient, quand la main espérée se pose sur la mienne, on sent d’un coup que la vie va continuer et qu’elle vaut la peine d’être vécue. Il suffit de suivre, entre les néants, la mélodie des contrastes.

L’être brille sur fond de néant et c’est cela, la joie.

8 réflexions sur “Si votre existence est précaire, vous êtes joyeux

  1. « Si votre existence est précaire, vous êtes joyeux ! » Un chiffre impressionnant alors d’âmes en joie…sur Gaïa ! De prime abord cela ne m’avait pas effleuré l’esprit mais l’Hermite sort si peu de sa tanière ! Me serais-je donc coupée de cet égrégore propice à l’élévation de l’âme ? Arrière toute, demain je sors, j’veux de la joie, bonjour, bonjour les hirondelles y’a de la joie et du ciel bleu par dessus les toits…y’a de la joie partout y’a de la joie🙂 partout y’a de la joie ! Oups ! je disjoncte ! La folle précaire est en joie🙂

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  2.  »L’être brille sur fond de néant et c’est cela, la joie. ». Cette phrase termine et conclue tant de choses. Je crois que toute existence est précaire du fsait qu’elle ne peut continuellement être à l’abri dess orages, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs. Le néant n’est qu’à un pas de l’homme…et s’il arrive à ne pas  »tomber », c’est alors que la joie – appeler bonheur, félicité ou autre- peut exister. Merci pour le partage, très bon week-endet gros bisous. Delvi.

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  3. Oui, ben si la précarité rend joyeux et heureux de vivre, il y aurait plus de milliardaires qui seraient prêts à partager leurs biens et qui seraient aussi prêts à payer leurs impôts.
    Si la précarité donne l’avantage de savoir qui sont nos vrais amis, la maladie fait un balayage plus conséquent…
    Mais il est vrai que n’avoir que l’essentiel permet de savoir où sont les vrais amis…si à un certain âge on en a encore.

    Bref, je trouve cette vision un peu trop…naïve??
    Gene

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  4. Tout à fait d’accord avec vous… J’ai grandi dans le luxe et l’opulence, et je n’ai jamais vraiment désiré quoi que ce soit, puisque j’avais tout… Voilà, maintenant quelques années que je galère par mes propres moyens, et la vie ne m’a jamais paru si douce, j’ai appris à apprécier les petits plaisirs de la vie, à en profiter au maximum, ne sachant pas s’ils seront toujours là demain…

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