L’art peut-il se vendre?

S’il existe, comme disait Aristote, un plaisir des yeux, qui soit proprement humain, à qui appartient-il ? Peut-il même être l’objet d’une propriété, ou bien est-il par nature commun et gratuit, aussi inappropriable[1] que l’homme même ? Au fond, le commerce des œuvres est-il plus licite que le commerce des hommes ? Peut-il y avoir un « marché de l’art » sans une double dénaturation, aussi obscène et dangereuse pour l’art que pour l’humanité ? Dès que l’art est marchandise, il devient l’apanage des plus riches, leur parure, et très vite la raison la plus apparente de leur domination. Faste, éclat, prestige,  folle dépense, générosité sans mesure : tous les puissants ont voulu faire de l’art l’évidence même de leur puissance. Quel grand dirigeant n’a pas demandé à l’art l’élégance de sa mise, la mémoire de ses exploits, le monument de son ambition ? Quel richissime a su se contenter de ses biens sans réclamer l’image, la mélodie, le spectacle de sa richesse ? Si l’art est privé, tous les hommes en sont privés.


[1] Le mot est de Nancy, dans Le poids d’une pensée. L’approche, paru aux éditions de la Phocide 2009.

Can art be sold?

As Aristotle was saying, If there exists a pleasure for the eyes which is truly human then to whom does it belong ? Could it even be a object for ownership? Or is it by nature shared and free ? and not subjected to ownership as a human is? In fact is the trade of a work of art more lawful than the trade of a human? Can we have an art market without a double falsification as obscene and dangerous for art and likewise for humanity? As soon as art is a merchandise, it becomes a privilege for the wealthy. It becomes their adornment and very quickly the more apparent justification for their domination. Pomp, lustre, glamour, insane spending, magnanimity without moderation — all the men of power have wanted to make art evidence of ther power. All the great leaders have taken from art the elegance of its appearance; the memory of its exploits, the height of its ambitions? Where is the overwhelmingly wealthy who has known how to be content wth their possessions without asking for the image, the melody, the spectacle of its riches? If art is private then everybody is deprived.

Translated by chiendentbel

44 réflexions sur “L’art peut-il se vendre?

  1. Bonjour, je suis d’accord, dans le sens où je ne veux pas que l’argent pervertisse ma plume, je souhaite écrire par désir et plaisir et non par appât du gain. On peut très bien créer de l’art, et travailler pour vivre dignement. C’est un avis personnel, à chacun son chemin de vie bien entendu.

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      1. Vous avez certainement raison, mais vous le dites vous même,  » si l’art est privé, tous les hommes en sont privés « . Un art professionnel est il vraiment un art? La solution pour moi est de créer de l’art sans aucune attente, et si bénéfice s’en tire, tant mieux pour l’artiste, au moins son art sera pure si il est créer sans attente de bénéfice. Pour moi l’art est un peu comme la foi, si elle se pratique par appât du gain, elle se transforme bien souvent en hypocrisie.

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  2. Ah oui !!! Je voudrais bien d’un Monet accroché dans mon salon.🙂 Trêve de plaisanterie,

    j’ai essayé de devenir professionnel en écrivant des paroles de chanson. D’ailleurs Il y en a une belle sur un album en France. J’étais certaine que je ne gagnerais pas des millions avec l’artiste qui l’interprétait mais c’était du bonbon pour mon cœur. Puis je me suis rendue compte que c’était aussi payant que de passer mon aspirateur ou que de m’occuper de ma fille autiste. Il me faudrait être riche au départ puis apprendre à chanter, danser et jouer du banjo. Là peut-être que ça deviendrait payant…mais encore…il me faudrait peut-être me déshabiller sur scène…ce qui n’est pas vraiment mon truc et puis j’n’ai plus la shape.

    Je crois sincèrement qu’un vrai créateur (talentueux si possible) devrait être rénuméré pour son travail. Ça devient pour lui un encouragement, une belle récompense et ça vaut cent fois des clics sur le fameux « J’aime »… C’est mon opinion en grosso-modo

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  3. Au fond ce qui est le plus détestable dans l’art c’est sa dépendance à l’argent. N’y a t il pas là une forme de pervertion comme l’écrit Astronome? Quelle la valeur intrinsèque des œuvres d’art lorsque la finalité de l’acte de création est de réaliser un profit ? L’art ne participe t-il pas ainsi à légitimer un système de castes sociales imperméables les unes aux autres ?

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  4. Je rejoins l’Astronome : n’y a t-il pas une forme de perversion lorsque l’acte de création est motivé par l’appât du gain légitimant ainsi un système inégalitaire où même le droit à l’émerveillement est suspendu au pouvoir de l’argent ? Quel est la nature intrinsèque de l’art lorsqu’il est destiné seulement à une élite financière ?

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  5. Une production artistique, une œuvre qui touche les cœurs, qui grandit la vie, sera décrétée avoir de la valeur. Alors, étant établi que la valeur des choses est aujourd’hui mesurée par l’argent, oui, l’art peut se vendre. Mais avant de se vendre, l’art doit provoquer l’émotion. Si l’art se vend sans cette étape précédente, l’émotion, alors il ne s’agit pas d’art, mais de produit.
    L’idéal eût été que l’artiste fût perçu par la société comme un veilleur, un clairvoyant… Alors, on le remercierait simplement d’exister et de nous enchanter, en le mettant à l’abri du besoin, qu’il continue à créer sans souci… Je suis une utopiste🙂

    Un exemple bête : le poète.

    « Sentinelle

    De son phrasé qui berce
    le poète désigne
    la brindille et l’averse
    l’horizon et ses lignes

    sentinelle à la source
    il s’invite à la ronde
    près du feu où crépite
    le silence du monde

    son regard enchanté
    de mots qui dansent et prient
    embrase de veilleuses
    l’ignorance infinie

    c’est à lui avec art
    de taire la réponse
    du mystère qui m’épuise
    en l’ornant de poèmes. »

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  6. L’art devrait-il être un commerce? Je ne saurais répondre pour tous les artistes…sauf pour moi. Je ne suis et ne serai probablement jamais un artiste ‘professionnel’, mon art l’est, du moins je le crois, mais je sais que je n’en vivrai pas, ce n’est pas une question de choix, c’est tout simplement que je suis un mauvais vendeur, ces choses là ne m’intéressent guère, et j’ai un métier qui me soutient bien financièrement, et je dois admettre que je ne veux pas me plier à ce que les gens voudraient voir, qu’ils soient amateurs, ou galéristes, combien de fois on m’a dit que je vendrais plus si je faisais plus de paysages…

    Je pense aussi que l’art devrait faire partie de notre mode de vie, tout le monde n’est pas un artiste accompli, si une telle chose existe…, mais il y a presque toujours quelque chose en chacun de nous qui permet d’ouvrir cette fenêtre sur cet autre monde qu’est l’imaginaire, en faire une marchandise peut être bien pour les artistes qui veulent et peuvent en vivre; si sans faire d’efforts de marketing, je déteste me vendre, je l’ai déjà dit je crois…:), je trouvais des débouchés intéressants pour ma production, bien sûr que j’embarquerais dans le jeu et que j’en profiterais, mais je doute que cela se produise, pour moi peindre et dessiner, est en premier lieu, une détente, une échappée vers un monde bien personnel et dans lequel je me sens heureux, lorsque je pouvais me permettre de prendre des ateliers de modèles, il n’y avait rien pour moi qui peut égaler le plaisir que j’ai à dessiner, le fait de retrouver d’autres artistes ou tout simplement des gens qui aiment dessiner, retrouver l’ambiance d’un atelier, dessiner en sirotant un bon café-crème , et bien sûr tant mieux si quelque marchand ou acheteur y trouvait un intérêt.

    Pour ce qui est de faire des artistes des ‘travailleurs ou professionnels de l’art’, je ne sais pas si c’est une bonne chose ou non, par contre je me souviens qu’en Union soviétique, on pouvait être artiste et vivre de son art…enfin dans les limites permises par le système, les nazis aussi avaient une définition de ce que devait être l’art et qui était défini comme artiste, comme on a aussi une conception dans nos sociétés, certes plus libres mais régit par les lois du marché de l’art, où voilà des années des tableaux se vendaient à des sommes astronomiques et ridicules, encore là il semble que pour accepter de vivre dans un système ou l’art est ‘officiel’ ou ‘professionnel’ revient à faire beaucoup de compromis et aussi de faire parti d’un club sélect de potes qui s’encouragent et font la promotion de leurs carrières.

    Tant qu’à moi, je me contente d’organise chez moi, à tous les 2 ans environ, une exposition des mes oeuvres, évidemment je n’ai pas la couverture, et un nombre imposant de visiteurs et de ventes, mais assez pour couvrir mes frais et organiser une belle fête entre amis, famille, amateurs qui me connaissent.

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  7. « Si l’art est privé, tous les hommes en sont privés. »… bien belle citation, ainsi que la suite de votre raisonnement. Les riches achètent des œuvres pour le seul plaisir de les posséder et souvent, ils ne les regardent même pas. Sans parler des celles, d’origine douteuse, enfermées dans les coffres….
    Le seul problème se pose : l’artiste vivant devrait pouvoir gagner correctement sa vie. Vous dites : « La solution idéale consisterait à ce que tout soit gratuit… » Bien que je sois utopiste, je crois que nous en sommes bien loin…

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  8. Partageant votre questionnement et, dans l’ensemble, vos affirmations inquiètes, je me livre à une tentative de réponse (peut-être un peu longue).

    Lorsqu’on aime une œuvre (d’art), on met souvent entre parenthèses cet aspect pourtant irréductible de l’objet (qu’il soit matériel ou non) : son appartenance. À qui appartient l’œuvre ? Je peux vouloir répondre qu’elle n’appartient pas seulement à celui qui en fait l’acquisition ; néanmoins, ce dernier à le pouvoir de m’en priver presque totalement en la faisant disparaître (en l’enfermant, voire en la détruisant). À moins qu’une copie soit possible, l’œuvre est alors réellement une propriété privée (dont je connais l’existence, ou pas).
    Comme vous l’écrivez, « tous les puissants ont voulu faire de l’art l’évidence même de leur puissance » et c’est pour cela que l’art est si présent là où se trouvent les puissances financières et patrimoniales (qui se sont constituées grâce au travail des autres). C’est effectivement le signe que la puissance pour elle-même ne suffit pas au puissant.
    En ce sens, l’œuvre-multiple (partition musicale, estampe, film, photographie…) sauve l’art d’une telle appropriation totalement privée. Et (par conséquent) le multiple se vend (en principe) moins cher que l’unique. On peut en déduire sans trop risquer de se tromper que le prix de l’œuvre unique est en rapport direct avec la puissance du puissant (lorsque celui-ci s’intéresse à l’œuvre).
    Mais le privilège de posséder une œuvre unique n’est cependant pas encore suffisant, dans cette logique. Le puissant cherche aussi à posséder l’artiste. Dans le meilleur des cas, il n’y parvient pas autrement qu’en étant le mécène, l’acheteur régulier. Mais il n’est pas si rare que l’aliénation de l’artiste (à la puissance du puissant) soit lisible dans ses prochaines œuvres. Le marché de l’art n’est d’ailleurs pas la préoccupation des seuls acheteurs et mécènes. On le sait, tout un monde gravite autour d’une impressionnante masse d’argent (dont la provenance n’est pas toujours… admirable) ; et beaucoup d’artistes en font partie. Mais tout cela peut être envisagé sous l’angle de la nécessité, bien entendu.
    Il ne fait donc pas de doute que l’art peut se vendre. Et que ce n’est pas pour cela qu’il nous intéresse, nous qui sommes philosophes. Pour nous, l’art n’a pas de prix, même si l’œuvre en a un.
    De quoi vivent les artistes ? Pas toujours de leur art. Et la question du talent n’est pas la seule en jeu ici.

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  9. L’art d’une façon ou d’une autre s’est toujours vendu et fort heureusement pour les artistes,sinon de quoi vivraient-ils ?
    Le problème c’est la spéculation ces dernières années qui a dévoyé le sens de l’art pour en faire un pur produit marketing.
    Idéalement l’oeuvre une fois terminée ne devrait plus appartenir qu’aux yeux de ceux qui l’apprécient sans considération de valeur marchande mais alors que devient l’artiste dans tout ça ?
    Ce qui est déplorable c’est la médiatisation de certaines œuvres contemporaines à fort potentiel marchand . Le public n’a plus que ce critère pour juger de la valeur d’une œuvre en oubliant le critère esthétique, le critère émotionnel. Ces deux derniers critères ont disparu de l’esprit du public formaté par les médias et la majorité des critiques d’art contemporain.
    Il faut aussi déplorer que certains que l’on dit « artistes » ne font qu’utiliser le système à des fins de rentabilité pour produire ou faire produire(et là on se demande aussi où est passée la main de l’artiste!) des « trucs » qui vont être encensés par la critique, exposés dans des institutions dont parfois le commissaire d’exposition également commissaire-priseur pourra par la suite mettre ces mêmes trucs en vente aux enchères….le système est dévoyé par l’argent et la seule solution appartient au public qui doit juger par lui-même en ayant confiance en son propre jugement et en écoutant son cœur et sa sensibilité. L’art véritable n’a rien à voir avec l’argent mais il faut que l’artiste puisse se nourrir .

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      1. Voilà la traduction :
        Can art be sold?
        As Aristotle was saying, If there exists a pleasure for the eyes which is truly human then to whom does it belong ? Could it even be a object for ownership? Or is it by nature shared and free ? and not subjected to ownership as a human is? In fact is the trade of a work of art more lawful than the trade of a human? Can we have an art market without a double falsification as obscene and dangerous for art and likewise for humanity? As soon as art is a merchandise, it becomes a privilege for the wealthy. It becomes their adornment and very quickly the more apparent justification for their domination. Pomp, lustre, glamour, insane spending, magnanimity without moderation — all the men of power have wanted to make art evidence of ther power. All the great leaders have taken from art the elegance of its appearance; the memory of its exploits, the height of its ambitions? Where is the otherwhelmingly wealthy who has known how to be content wth their possessions without asking for the image, the melody, the spectacle of its riches? If art is private then everybody is deprived.

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  10. C’est une grande question à laquelle chaque créateur se trouve un jour confrontée…
    Selon moi l’objet d’art peut (doit?) se vendre, mais l’art en lui-même n’appartient à personne, et le collectionneur ne sera jamais propriétaire du message, de l’émotion, de l’émerveillement, de la révolte qu’exprime l’oeuvre.

    Mais la question est aussi « qu’est-ce que l’art? », car cela dépend beaucoup de sa définition. Pour moi, l’art est le fruit d’une créativité exprimée de façon personnelle par un individu. Elle peut s’exprimer sous la forme d’un tableau, d’un poème, d’une sculpture, d’un film… d’un travail? Ne dit-on pas d’un chirurgien ou d’un maçon qu’ils peuvent être doués dans leur art? Et on les paye pour ça! Pourquoi en serait-il autrement pour un « artiste »?
    L’artiste exprime sa vision du monde, c’est un service ; et celui qui veut en bénéficier chaque jour le paie. Tant que le commanditaire, le mécène ou autre ne lui dit pas comment exprimer les choses en faisant tout faire à sa façon dans les moindres détails (tout comme il n’expliquera pas au chirurgien comment l’opérer), et tant que ce n’est pas une copie d’un existant : le support du service (tableau, sculpture etc) sera une oeuvre d’art. Plus ou moins réussie!😉

    D’un point de vue purement matériel, le fait de vendre à des prix élevés permet d’assurer une certaine pérennité à l’oeuvre car il assure sa valeur, non seulement marchande, mais globale, car comme le soulignait CLG : dans notre société c’est l’argent qui donne une évaluation de la valeur des choses. En effet, lorsque le propriétaire du support en est lassé, il le revend, le « remet sur le marché », ce qui permet également une certaine traçabilité, et évite généralement sa destruction pure et simple.

    Ensuite, concernant le fait que la majorité des gens sont privés de l’art car il est acheté par d’autres, je ne suis pas d’accord. Tout autour de nous, il y a de l’art : dans les musées, sur les murs de nos rues, dans les films, dans les livres, au théâtre, dans la musique, dans l’architecture, dans les multiples galeries de nos villes, dans la rue lors de démonstrations, dans la campagne, au détour d’un chemin, dans les salons de l’artisanat, sur internet… Si vous voulez profiter chaque jour de la vue de cette oeuvre et que vous avez les moyens financiers de l’acheter à un prix qui permettra à l’artiste de pouvoir décemment vivre et continuer de créer, bien sûr qu’il faut l’acheter, mais sinon qu’importe? L’essentiel est l’émotion qu’il vous procure au moment où vous le regardez, et le souvenir que vous emportez. Et ça, effectivement, cela n’a pas de prix.

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  11. Ha question que je me suis souvent posée…Mais en réalité l’oeuvre ne se vend pas, mais juste l’idée que les gens qui l’achètent s’en font.
    On peut vendre une idée je crois ou une impression de maîtrise d’une technique, mais pas le reste, je ne pense pas. Si on m’achetait mes toiles on m’achèterait l’idée que se font les gens de ce qu’ils en voient, mais pas ce que moi j’ai ressenti en la faisant ni ce que j’ai sorti de moi pour la faire. Et finalement mon art à moi il est là. On ne peut donc pas l’acheter.

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  12.  » Le talent ça n’existe pas (…) avoir envie de réaliser un rêve c’est le talent, tout le reste c’est de la sueur, c’est de la transpiration et de la discipline, je suis sur de ça, l’art je ne sais pas ce que c’est les artistes je ne connais pas, je crois qu’il y a des gens qui travaillent à quelque chose avec une grande énergie et l’accident de la nature je n’y crois pas…  » Brel

    Donc l’art ne peut pas se vendre ! (enfin c’est mon avis tiré de ma perception des choses).

    Le lien de l’interview de Brel : http://www.youtube.com/watch?v=BB4mQF1GQV0

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  13. On vend plutôt la création, ou plutôt, le créateur. Même si le plaisir de voir devrait être pour tous, et donc gratuit, l’art créé n’est pas la nature, ou le vent, ou la mer. Mais fait de matériaux, et sorti d’une tête. Je rejoins la personne qui disait qu’on paye une idée. Je voudrais être payée le minimum dont je puisse avoir besoin pour me vêtir et me nourrir et acheter mes matériaux. Et à ce moment là, on payerait du coup, ma survie, et la survie de mon art🙂

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  14. D’abord ce n’est pas l’art qui est à vendre, c’est l’oeuvre. Est-ce que l’art est en l’oeuvre ? Certes non ! Ensuite, il y a cette frange d’artistes entre l’art et l’artisanat, luthier, cuisinier, illustrateur, jardinier, couturière, coiffeuse, éclairagiste … Pardonnez moi le cliché des genres. Je ne doute pas que je doive payer leur oeuvre tout à l’heure, quand j’irai leur rendre visite, et je n’y vois aucune objection de principe. Considérer l’art et la création à travers Victory Boogie Woogie ou la structure aromatique du benzène est forcément réducteur. J’ai besoin de la réduction pour comprendre, pour partager, mais pas pour ressentir. La motivation de la gestation de l’oeuvre modeste, un petit déjeuner bien présenté par exemple, m’est plus intéressante que le futur qu’aura cette pièce convoitée. S’il peut être difficile de donner un prix à une oeuvre, elle a définitivement un coût, l’investissement, personnel, qu’y a mis l’artiste-artisan. Et comme l’oeuvre est nécessaire à la société locale, la valorisation de l’artiste-artisan, dans l’échelle des valeurs locales, l’est tout autant. Ici et maintenant, la valeur locale s’appelle l’argent.

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