L’image brille à nos yeux de la vie qu’elle nous a prise (lecture des chronophages)

Un grand merci à Didier Epsztajn pour son compte rendu des Chronophages sur entre les lignes entre les mots. En voici quelques extraits :

 

« Nous proposons d’appeler « chronophages » à la fois les objets qui vous prennent du temps, et les entités qui vous prennent votre argent »

Voici un livre à la lecture réjouissante.

Très subjectivement, quelques points et quelques remarques, au gré d’un parcours en souriant.

Les marchandises, emballages, prix du rien ou du vide, obsolescence, péremption, non visible, « travail » imaginaire (« toute marchandise s ‘y présente comme la somme d’un produit, la part que l’on consomme, et d’un déduit, la part qu’on imagine »). Quête effrénée qui épuise « à la fois vos bourses et votre temps de loisir ».

Les marques, distinction garantie et anonymat. Le prix de l’image et le gaspillage du temps. Entités magiques.

Paiement perpétuel, abonnement, endettement, forfait, anti-usage (« vendre, d’avance et contre paiement réel, la réparation d’une panne simplement possible »).

Le temps du capital, « toute production d’un temps de capital exige la suppression d’un temps d’existence ».

Le virtuel, temps volé et pourtant facturé. J’ai notamment été séduit par la partie sur « l’idée de faire payer l’acte même de payer ». Le réel et le fatras.

La finance et « l’imagination de la rentabilité future ». Image/espérance forcement déçue d’un demain auto-engendré par la richesse imaginaire. « La capitalisation boursière est une bulle de confiance »

Un livre sur les fétichismes, au cœur du fonctionnement du mode de production et de circulation du capitalisme. Un miroir grimaçant aussi sur nos réflexes consuméristes, sur nos pertes. « Il faut bien acheter du rien, mais on ne peut pas partir sans payer ».

Et pour finir, ma lecture très personnelle (je ne sais si l’auteur s’y retrouverait) et pour prolonger le slogan « Ne pas perdre sa vie à la gagner », une incitation à refuser de perdre son temps à acheter l’espoir de le remplir…

Jean-Paul Galibert : Les chronophages

Sept principes de l’hypercapitalisme

Editions Lignes, 2013, 103 pages, 13 euros

Didier Epsztajn

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/

 

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