Désirez-vous la plénitude ou la vacuité?

Pourquoi le vide de la nature est-il si encombré ? A quoi bon ces feuilles innombrables dans la moindre forêt ? Si Dieu est payé au poids, sans doute qu’il existe. Sinon quel meilleur indice de son inexistence que ce fatras sans fin ? Que chaque portion de l’espace soit aussi pleine de rien, voilà qui honore la providence au point de la ruiner.

Un placard si grand et si plein qu’il y aurait tout dedans, quel serait son usage ? Et quel serait son auteur ? La surface de la terre est trop pleine pour ne pas être vide. Le vide et le vrac sont les deux visage d’un même rien?

Au fond, tout et rien sont le même vide. Que chaque chiffre soit quelconque dans un  nombre infini, ou qu’il ne compte que des zéros, c’est une même chose, puisque c’est un seul et même cas, où il ne se passe rien. Tout événement suppose un être par erreur glissé dans le néant, ou bien un morceau de règle surgissant du fatras. Tout ce que l’on désire est surprenant, comme un erreur du vide, et utopique, comme un projet de loi pour le chaos. Grain de sable, grain de sel : il n’est point d’être sans insurrection.

22 réflexions sur “Désirez-vous la plénitude ou la vacuité?

  1. Le vide et le rien sont l’essence même de la vie. Ils existent avant le plein, avant le tout. L’absence, l’irrationnel, l’invisible, la mort… sont extrêmement vivants puisqu’ils hantent nos vies. Ils interpellent; ils perturbent; ils questionnent.
    Rien n’est vide de sens. Pas même la vacuité puisqu’elle peut être vécu comme une plénitude. Et vice versa.

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  2. « …Quel meilleur indice de l’inexistence de Dieu que ce fatras sans fin ». Chacun voit d’abord ce qu’on lui a appris à voir. Beaucoup s’extasient devant la beauté d’un tapis de feuilles mortes et ne remettrons jamais cette allégation en cause. D’autres comme vous sont capables de voir au-delà et se poser les bonnes questions. Dans le même ordre d’idée, on nous a appris à nous émerveiller devant une chaîne de montagnes, pourtant combien de tremblements de terre, combien de cataclysmes avec leur cortèges de souffrances a-t-il fallut pour les ériger. Encore une preuve de l’inexistence de Dieu ?

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  3. Ce « fatras », justement, n’est-il pas simplement de la vie? Toutes ces feuilles innombrables comme autant d’idées tout juste écloses, qui ne demandent qu’à être développées, tout ces chiffres qui ne demandent qu’à s’additionner, ce soustraire, se multiplier et se diviser à l’infini, tous ces grains de sable qui ne demandent qu’à rencontrer la chaleur du feu pour devenir un verre d’une grande pureté… n’est-ce pas la vie?
    Si ce placard est l’existence, il est plein et riche de toutes les expériences que nous pouvons y vivre, à conditions que nous les voyons toutes de manière individuelle et que nous fassions le choix de nous arrêter sur certaines. Alors, le chaos apparent prend tout son sens et nous en devenons l’auteur.

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  4. Exubérance amazonienne … voilà le tout . Si Dieu il y a , c’est une femme en couche. Surabondance et excès sont la marque du réel .

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