La réussite est-elle un échec de l’échec?

Le néant règne tant que toute existence est maître en existence. Sans licence, pourtant. L’existence est un art indu. Mais toute existence, pour le rare œil qui l’aperçoit, est leçon d’existence. Soyez-une chose, et vous mourrez sans doute. Devenez mille choses et vous existerez. Promesse du nuage. Tout essai peut échouer. Mille essais sont la divine réussite, car il y a, nécessairement quelque échec de l’échec par où quelque existence se faufile. Faites comme la vie, qui innove en tout sens, et se développe toujours riant des destructions. Nul ne peut tout détruire. C’est le drame de Dieu devant le résidu. Il y a dans tout déchet quelque chose qui résiste : c’est l’existence que nous devons avoir. Soyons de ces déchets si hautement radioactifs qu’ils sont indestructibles.

Proliférez ! Soyez une algue, un nuage de bactéries, une maladie contagieuse, une idée polyptote, une mode. Produisez et reproduisez. Créez, vivifiez, retentez.  Retentissez ! Ne vous lassez jamais de prodiguer. Soyez l’enfant prodigue, l’adulte prodigue, le vieux prodigue. Soyez généreux. Croissez en tous sens.

Tout l’art est de capter, dans chaque chose sa manière singulière, paradoxale, mais, contre toute attente, réussie d’exister.

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16 réflexions sur “La réussite est-elle un échec de l’échec?

  1. Fondement ou levier de la réussite, l’échec a la vertu de nous offrir une pause en nous-même… de grandir… sur la voie de notre humanisation… Un échec réussi est peut-être celui qui nous rapproche à tous les niveaux de ce que nous sommes ?!

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  2. ‘’Soyez-une chose, et vous mourrez sans doute. Devenez mille choses et vous existerez.’’ est sans doute la phrase qui ne frappe le plus dans ce texte-ci. Si j’accepte de n’être que le nouveau-né, alors je ne grandis pas. Cependant, si j’accepte de me multiplier, c’est-à-dire que j’accepte également cette responsabilité d’être en plus d’exister, tel une onde dont les particules se propulsent dans l’univers. Merci, très bon lundi.

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  3. Oui, la nature ne cesse de se renouveler dans une liberté absolue. Ce qui doit vivre, vit et ce qui doit mourir, meurt. Et nous, que nous manque-t-il pour témoigner d’une même fécondité? Peut-être attendons-nous trop de retours de ce que nous créons. Très bel article!

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