La plasticité du vide: tout et rien ont la même forme

Que le vide soit plastique, c’est ce que l’on comprend en reprenant le grand débat entre Démocrite et Aristote.

Alors qu’Aristote réclamait quatre causes pour obtenir une chose (la matière, la forme, l’agent et la fin), Démocrite, lui, n’admettait que deux principes : la matière et le vide. Un tel matérialisme comporte deux audaces radicales. D’une part il ose représenter un monde sans créateur ni but, d’autre part, il fait confiance au vide pour apporter aux choses les formes dont elles ont besoin.

Car on n’a pas assez remarqué que si les atomes et les corps matériels qu’ils composent sont dans le vide, leurs limites sont nécessairement, point par point, celles du vide, en sorte que les choses en leur totalité, et le vide qui les épouse, ont exactement la même forme. Aucune chose ne peut changer de forme dans le vide sans que celui-ci ne change aussitôt de forme autour d’elle.

Il suit de là que le vide est la plus immense est la plus labile des plasticités formelles. Le vide est le champ plastique où toutes les formes sont également possibles.

Le délicieux trouble de l’angoisse est le sentiment de la plasticité du vide. C’est  cette angoisse qui  nous questionne ; c’est cette angoisse qui nous attire et nous libère ; c’est cette angoisse qui nous rend heureux.

19 réflexions sur “La plasticité du vide: tout et rien ont la même forme

  1. Nous voilà aux cœurs des sujets et des objets. Les corps constitutifs sont nécessaires à chaque pensée. Ils permettent de multiplier les espaces envisagés. Les corps institutifs sont nommés, choselasien, truculien, machinowskien, car de nombreux étrangers amenèrent la pensée française où elle est. Leurs heures de gloires neuronales sont rappelées. Que nous reste-t’il ? Entre plein et vide, mon cœur balance.

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  2. The thought of complete emptiness is experienced as something very depressing by most people and therefor avoided. Fear if you want to call it that way. But if you manage to understand the essence of emptiness it has a very liberating effect. Personally I do not think it is the fear that is liberating, but the freedom acquired through understanding (and accepting) the emptiness that is liberating. With most people fear has the effect of clinging to known things and environments to avoid the unknown (in this particular case the emptiness). But all those things that might appear familar, like all rather material things, in reality are just temporary. That’s why to understand the emptiness you rather have to let go the clinging to all known and familar things. So consequently not the fear but the overcoming of the fear is liberating. At least that is how I look at it.

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  3. Sans aucun doute s’agit-il là de l’informé et de son potentiel plastique de transformation du vide-plein… Vous êtes le bienvenu Jean Paul pour développer le sujet dans notre revue de plasticité humaine PLASTIR (lien ci-dessous) MW

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