Est-il encore possible de sortir ?

Les écrans sont-ils encore des fenêtres,

ou déjà plus que des miroirs ?

Est-il possible de sortir,

notamment de soi ?

Le spectacle est-il

encore relation,

sortie,

ou bien n’est-il déjà

plus que le mur spirituel

qui se déplace autour de moi,

la mouvante paroi de ma bulle

austère, mais volontaire, et définitive ?

Est-il devenu la face interne de mon caveau ?

9 réflexions sur “Est-il encore possible de sortir ?

  1. il est légitime de se poser la question … troublée par ce texte et cette réflexion qui me touche particulièrement. ai-je une réponse ..? Une bulle qui, lorsqu’elle éclate éclabousse de fines goutelletes d’un reflet du Moi.

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  2. Je me questionne exactement sur ces choses-là, ces derniers temps. Mais vous l’exprimez d’une façon assez « rolleyes »… Je suis mon interface émotionnelle, celle qui m’influence et celle que je décide. Je suis l’avant et l’à venir…

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  3. Les écrans ont ils au moins déjà été des fenêtres ?
    il y a semble t il relation dans les idées de ce texte : fenêtre, miroir, écran
    3 termes très différents, dans notre relation au monde, à l’extériorité de « moi ».
    L’écran sépare déjà le monde, l’objet du sujet.
    Une relation indirecte qui n’a plus prise « directe » comme la fenêtre de chez moi, le regard devient outil pour transcrire, décoder une image ou ré encoder, sélectionner des bouts de ce qui me plait à « moi ».
    Dans le monde je suis, j’absorbe, réflexion des choses en moi ou intériorisation sans choix dans ce que je vis, je suis plongé quelque part, à devoir l’utiliser, faire mien, adaptation.
    Ce que je vois de la fenêtre m’est « imposer ».
    L’écran est déjà une barrière, filtre, j’ai pu aussi sélectionner pour ce que le moi « aime » déjà. Il y a relecture de ce que le monde est. Des informations sont perdues. Informations qui auraient pu me déplaire.
    Le monde agit en nature avec moi, mais si déjà je coupe des infos, ma réaction est sélection, miroir de ce que moi aime à voir.
    Je parlerai plutôt de la bulle de la culture, le façonnage et l’amalgame de ce que je suis faisant écran au monde.
    mur spirituel ? je ne sais pas si beaucoup recherchent une spiritualité …
    sortir de soi et voir … ? c’est vouloir, la volonté de s’extraire au risque de ne plus se voir ou se réfléchir, devenir inexistant, invisible pour sortir d soi et être dans le monde, au monde …
    le multimédia, les réseaux, si utilisé dans ce sens d’extériorisation, ne peuvent ils aider à se réfléchir soi même , d’une manière nouvelle, au delà de la culture, mais peut être pour s’apercevoir que la culture est de plus en plus uniformiser et que ce mur , pourrait finalement n’être fait que de miroir ?
    Horreur …?
    Des écrans qui ne sont pas dynamiques, figés ? Alors que le monde est mouvant, inattendu. Le filtre de l’écran nous présente quoi ? Ce qu’on a choisi de voir, ce qu’on s’est déjà fixé ? Qui peut me dévêtir de ce que je m’attends à voir et comprendre, il faut donc s’éduquer à ne plus se voir comme le centre, comme la référence culturel englobé dans l’écran construit pour moi. C’est donc fuir le miroir devant moi, pour retrouver l’image de ce que je ne comprends pas, qui ne me renvois pas à mes références, se réadapter, chercher, construire au lieu d’ingurgiter du fabriqué.

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  4. Votre texte me replonge dans « Fahrenheit 451 » de Bradbury. Bien que de prime abord cela n’ait rien à voir, l’idée de l’écran-prison qui entoure les êtres pour mieux les maintenir et les manipuler se retrouve dans votre poème. Il fait aussi écho à 1984. Bravo en tout cas. J’aime beaucoup la mise en forme de sablier.

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  5. Hormis le caractère émotionnel présent dans ce texte faisant écho en moi, il y a également le caractère réflexif qui fait écho en moi.
    Vous abordez la thématique qui m’intéresse beaucoup et que je commence à aborder. Et je dois dire que vos réflexions alimentent ma volonté d’arpenter ce sujet en profondeur. Pour cela je vous remercie.
    Je vous répondrais certainement dans quelques années, lorsque j’arriverais (si j’y arrive) à terme des travaux entrepris.
    Avant ça, j’ai décidé de penser, d’après mon expérience au sein de l’existence-écran, que s’il s’agit d’une bulle, fondamentalement, elle n’est pas si différente que notre bulle hors de l’écran. S’il s’agit d’une fenêtre, elle n’est pas si différente que la fenêtre d’une pièce hors de l’écran. Excepté que l’horizon visible va plus loin mais que le champ de vision est tout aussi restreint : une fenêtre.
    Un miroir ? J’ai un penchant pour celui-ci, je dirais un miroir « déformant », plutôt grossissant, je dirais même une série de 3 miroirs qui lovent notre tête, chacun permettant de se voir soi et l’Autre d’une certaine manière fluctuante selon notre position devant ces miroirs.
    Pourquoi « grossissant » ?
    Car d’après moi, il n’y a pas de problématique nouvelle à l’écran qui n’est pas été avant hors de l’écran. Si ce n’est celle de notre présence au sein de cette « réalité-écran » (une présence belle est bien réelle du sujet, au sein d’un univers qu’on nomme encore virtuel), comme le dit « univerzoro » l’écran sépare-t-il vraiment le monde, de l’objet du sujet ? Y’a-t-il vraiment une relation indirecte ? Bref, simplement que l’écran exacerbe, désinhibe, grossit donc, grossit les névroses, les travers humains, grossit l’égo, les pulsions, la mise en scène de soi.
    S’il est possible de sortir de soi, le fait-on hors de l’écran ? Là est la question, qui concerne la « continuité » qui va de hors à l’écran. Je pense être du côté de la continuité. Mais n’y a-t-il pas autant d’écran et d’usage de ce dernier que d’individus ?
    Le spectacle, reste indéniablement relation, d’après moi, mais reste spectacle à et hors l’écran. Ce qui peut être intéressant n’est-ce pas de s’interroger sur le va-et-vient entre ces deux réalités, déjà l’écran est-il une réalité ? (j’ai pris le parti de penser que oui). De laquelle peut-on vraiment s’extirper ? De laquelle veut-on s’extirper ? Surtout quand le monde hors de l’écran devient absurde et éclate en plans de réalité qui s’ignorent. Hors et à l’écran, mêmes questions, mêmes combats ?
    Mais j’arpenterai le « Hodos » Cartésien à savoir que toutes ces opinions reçues jusque là en ma créance (mon expérience ? L’expérience est-elle un argument ?), j’entreprendrai de les remettre en question !

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