Et si le mal était l’exclusivité ?

J’ai décidé de vous dire tout le mal que je pense de l’exclusivité.

Une envie, cela ne s’explique pas ; une colère, cela ne se commande pas; un devoir cela ne se discute pas, mais il y a parfois à tout cela une bonne raison. Je l’ai trouvée, cette bonne raison, en pensant aux choses que je déteste le plus. Car, si je fais l’effort de les considérer sans les juger d’avance, je dois bien reconnaître qu’elles ne sont pas si détestées de tous, et que donc elles ne sont peut-être pas si détestables qu’elles me semblent.

On voit bien des gens aimer la richesse, le pouvoir, le luxe et le profit. Certains adorent l’armée, la police, les vigiles et la surveillance. On voit des gens aimer les coffres, les murs, les armes et les grillages. On voit même des gens aimer l’alcool, la drogue, l’angoisse et le suicide. Il y a des gens qui aiment mépriser les autres, les chasser, les écraser et les exclure. Il y a des gens qui aiment faire pleurer.

Si toutes ces choses sont mal, elles doivent avoir en commun une chose qui les rend mal, et cette chose est l’exclusivité.

J’affirme que le mal existe, et qu’il est universel. Pourquoi ? Parce que le mal a une essence, identique pour tout et pour tous. Le mal a son origine dans l’exclusivité, et sa fin dans le néant. Le mal, c’est ce qui commence par vous opposer, et finit par vous détruire.

16 réflexions sur “Et si le mal était l’exclusivité ?

      1. Non. Mais c’est une question de formulation. Ne devrions-nous pas sortir de ces clichés et jugements ?
        Qu’est-ce qui est « bien » ou « mal » ? Il y a ce qui me blesse, me met en colère, m’attriste, me met en joie…il y a ce qui est…le reste est jugement et où il y a jugement, il n’y a pas d’observation « juste ». Ceci dit, je choisis d’avoir des relations « exclusives » ou plutôt « privilégiées » avec certaine personnes avec qui je peux établir une relation de qualité….

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  1. J’avoue ne pas comprendre cette notion d’exclusivité. S’agit-il d’une attention exclusive à tous les objets du mal, de la part de ceux qui aiment la richesse, la drogue, etc. ?

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    1. Si je peux me permettre de répondre à ta question: l’exclusif est le contraire d’inclusif. Détester l’exclusivité c’est détester tout ce qui tend à exclure plutôt qu’à inclure, quand Jean Paul dit « Car, si je fais l’effort de les considérer sans les juger d’avance, je dois bien reconnaître qu’elles ne sont pas si détestées de tous »

      Détester l’exclusivité c’est détester le mal, le premier étant l’essence du dernier…le dernier étant inclus dans le premier

      si je ne me trompe

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  2. Oui j’avoue que le mal existe et j’ajouterai qu’il est en chacun d’entre nous, sous des formes diverses et variées comme vous l’avez si bien écrit. Très intéressant post🙂

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  3. Dites, qu’est-ce que ça fait du bien de lire enfin quelqu’un qui dit « je déteste »; Ouf! Je finissais par penser que tout le monde était dans une lénifiante bonne humeur qui finalement autorise tout. Et surtout la pensée unique, donc le mal exclusif…….

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  4. L’exclusivité est source de fermeture d’esprit, et empêche de vivre pleinement sa vie en mon sens, mais pas pour autant toujours de façon aussi négative.
    Avez-vous déjà rencontrer des personnes aussi extrême, tout en sachant que nul n’est parfait ? Moi non, dieu merci ! Car cela fait peur….

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  5. Je ne suis d’accord avec aucune de vos trois prémisses, d’essence animale (pulsionnelle) quant aux deux premières, patriarcale quant à la troisième, et présentées toutes trois comme des vérités absolues. Par ailleurs, si, dans votre deuxième paragraphe, vos trois premières séquences me semblent logiques, la quatrième me semble particulièrement problématique, non seulement en ce qu’elle dissocie l’alcool de « la drogue », mais aussi en ce qu’en faisant usage du singulier – qui, en l’occurrence, ne singularise pas – pour ce dernier terme, elle s’assimile à la propagande politique, enfin en ce que la séquence en tant que telle ne me semble pas pertinente, car elle aussi trop absolue, trop exclusive pourrait-on dire, trop fondée sur ce qui semble être des a priori non étayés. Quant à la conclusion dudit paragraphe, j’ajouterais qu’il y a des gens qui méprisent, chassent, écrasent et excluent sans pour autant « aimer » ces attitudes, mais par pure externalisation de frustrations – qu’est-ce qui explique en eux cet « amour » ? –, frivolité, voire même indifférence. Lequel, du sadique ou de l’abruti, dîne-t-il avec la plus petite cuillère ? Dans le dernier paragraphe, enfin, je m’étonne que vous conceviez l’opposition comme un mal quasiment in se, dès lors qu’identification et opposition sont les mamelles de l’évolution humaine. Ne confondez-vous pas cause et conséquence ? L’exclusivité, un fléau en effet, n’est que l’outil du clan, du réseau ; elle ne me paraît être que la conséquence de l’évaporation de la bienveillance…

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  6. Dans ma compréhension, ce n’est pas d’exclusion qu’il s’agit mais d’exclusivité au sens de « ce qui distingue » plutôt que « ce qui exclut » pour ensuite, comme conclut l’auteur, opposer et finalement détruire. Qu’il y ait des gens qui aiment ce que nous appelons mal les distingue certainement des autres, leur permet d’appréhender le monde différemment, mais pas isolément puisque, de manière paradoxale, ils apprécient la communion d’idées et le rassemblement autour de leurs goûts ou principes (ce doit être simplement humain). Tout cela me paraît heureux plus que détestable puisque, à défaut, nous aurions une pensée unique.
    Pour autant, j’aurais aussi tendance à préférer les grands espaces aux grillages, la liberté à l’accoutumance ou autres forme de servilité. Mais je concède aimer la richesse, peut-être aussi le pouvoir (que je ne connais pas, je soupçonne en tout cas qu’il puisse être plaisant). Je me sens mieux dans le luxe que sous la déchéance et ne suis pas complètement détaché du profit. Que l’on me jette la pierre si tout cela est mal, une certitude est que ce n’est pas exclusif.
    Je remercie Jean-Paul Galibert de m’avoir fait connaître son blog en visitant le mien où la philosophie s’est vue kidnapper par la poésie.

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  7. Le mal existe certes en tant que souffrance ou que douleur, mais ce mal dont tout un chacun est capable n’est finalement qu’une vue de l’esprit, un « mal » nécessaire pour déterminer ce que Kant nommait les impératifs catégoriques: il y a ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Ainsi le mal serait ce qu’il ne faut pas faire, mais n’est-ce pas alors tomber dans cette exclusivité dont vous parlez et laisser de côté tout ce qui ne rentre pas dans ce schéma.

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    1. Dans l’exclusivité,
      il y a le double mouvement d’accaparer,
      pour une part, et en même temps d’exclure.
      Mais les deux mouvements me semblent relever du mal.
      Quant au mal que le mal fait, il me semble des plus réels…

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