Comment rater sa vie?

Peut-on rater sa vie comme l’on voit partir un train ? Rater sa vie, l’idée fait peur plus que la mort, car nul ne craint de manquer sa mort. Le problème de l’existence, c’est que l’on a beau souffrir, ou être malheureux, cela n’empêche en rien de mourir.

Chacun en tire une conclusion inévitable : plutôt rien que mourir, et pour cela veillons soigneusement à ce que rien ne se produise. Nous restons alors résolument au bord de la vie. Tout notre art et notre soin, nous les plaçons à ce qu’il n’arrive rien. Rien n’est donc pas un donné, mais un résultat de soins attentifs.  Rien est le but constant de la plupart des efforts.

Pourquoi nous suffit-il, ce fait qu’il y a presque un monde, et presque le bonheur ? Car nous ne sommes jamais très loin de l’existence. Et le réel est parfois fort près de se produire. Le rien est l’ensemble des évènements que nous avons évité, mais parfois de fort peu. Il s’en fallut d’un cheveu pour que quelque chose advienne, en sorte que le rien est tout bruissant de ces faits jamais faits, toujours frôlés et à jamais disparus. Peut-être suffit-il pour exister d’échapper de très peu à la vie?

Si votre réponse est toute différente, vous pouvez la laisser sur Interlude,

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32 réflexions sur “Comment rater sa vie?

  1. On ne rate jamais rien… le tout est d’assumer… presque presque presque… il ne faut pas désespérer: il n’y a pas que ça …;
    j’aime la vie… j’aime croire que le bonheur est en nous… il faut juste un peu de temps…

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  2. Comment se tromper de route parfois… Il faut du temps pour retrouver un chemin qui convienne… et garder une certaine philosophie de vie !

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  3. Tout au long de la vie, c’est une succession de décisions conditionnées par des choix. Ils sont pris en focntion des infos du moment.
    Alors bon choix ? That’s the question…

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  4. Si, on peut vraiment la rater… comme vous le décrivez, rester au bord et se contenter de ce « presque » sans jamais le tenter…
    Cela rejoint mon commentaire d’hier, tant de gens se satisfont de simplement exister sans VIVRE à fond, ne serait-ce que leurs passions.
    J’adore votre phrase :  » car nul ne craint de manquer sa mort. »

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  5. Je crois que nous avons tellement peur de vivre l’incertitude que, en effet, nous préférons rien vivre…ou à minimum vivre sur des principes et fonctionnement connus…qui ont marché un certain temps et qui ne marchent plus. La vie est le développement, la vie est le mouvement…Pour cela, il faut être un guerrier de la vie (propos de Pema Chodron)….vivre avec force et courage, bienveillance et sagesse (coupure de l’illusion)…Tout un programme!

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  6. Il n’est pas toujours nécessaire de prendre des risques, d’être extrême dans son comportement pour vivre.
    Le rien n’existe pas : si l’on ne fait pas quelque chose, c’est que l’on a choisi de faire autre chose. Comme le dit vegansandy, le tout est d’assumer ses choix.

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  7. « Peut-être suffit-il pour exister d’échapper de très peu à la vie? »Pourquoi accepter simplement d’exister quand on peut vivre? Ne peut-on pas embrasser la vie en toute sa beauté, sa détresse et la richesse d’expérience qu’elle nous offre ? Malheureusement le peur le prévient trop souvent, la crainte d’être diffèrent, de ne pas conformer. C’est triste. La vie est trop courte pour vouloir la rater.

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  8. Vous avez l’air de dire que pour réussir sa vie il faut au maximum la « remplir » – comme on remplit un vase vide, il faudrait que « quelque chose » se produise absolument (et quoi d’ailleurs ?)
    Moi je pense qu’on peut avoir une vie contemplative ou méditative apparemment vide (vide d’événements, vide de péripéties) et pourtant parfaitement réussie.

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  9. Si je suis en accord avec tout le texte, la conclusion m’échappe un peu. De ma propre expérience je peux dire que des trains j’en ai raté et beaucoup, et je regrette de les avoir raté. Parfois il m’arrive alors de quitter le train et de rester là, sur le quai, à ne plus savoir que faire pour avancer. Le train va trop vite, le train ne va pas au bon endroit, le train me fatigue. Et me voilà comme déposée sur une plage vide, dans le désert, au beau milieu de nulle part. Et il me faut me faire violence pour reprendre les bagages et remonter dans le train. Quand le grand voyage arrivera à son terme, je sais que j’aurai raté beaucoup de ma vie …. je ne sais pas si cela colle avec ce qui est dit ici.

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  10. exister ou vivre sur cette corde raide. chaque pas est un risque que l’on prend, risque de basculer dans la vie ou le néant. chaque pas est un choix qui change le cours de notre vie, parfois de manière irréversible. Chaque pas ouvre de nouveaux chemins, de nouvelles possibilités. Pourquoi s’attarder sur ce que l’on rate, derrière ou à côté de nous, alors que notre regard se plonge dans l’infini des possibles? car nous avons conscience de notre finitude et voulons profiter de cette vie pour atteindre la mort en ayant construit ici bas ce qui nous survivra. Nous recherchons l’immortalité dans l’éphémère de nos existences. L’angoissante question de réussir ou rater sa vie (avoir une rollex avant 50 ans ou pas lol) se dissout dans l’acceptation de la mortalité comme délivrance et de nos vies comme une chance qu’on ne peut laisser passer. Et sur ce dernier point, nous n’avons pas le choix.

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  11. Je ne pense pas qu’on puisse rater sa vie, à la rigueur le fantasme d’un parcours de vie (selon son point de vue à un moment donné de la vie, ou celui de quelqu’un d’autre qui dirait : « elle a raté sa vie »;, mais d’après quels critères ?). Mais la question est intéressante, qui ne peut pas se poser en unique bilan au moment de mourir – ou alors, c’est ironique, il est bien tard pour avoir enfin réussi sa vie !…

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  12. On peut vraiment la manquer lorsque l’on s’aperçoit vraiment de l’opportunité exceptionnelle que la vie nous envois en cadeau … Sinon de manquer de suivre ces inspirations là serais de rater véritablement sa vie …😉

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  13. Je pense que la plupart des gens sont trop à la recherche d’une sorte d’existence parfaite, un état qui en fin de compte ne pourra jamais être atteint car c’est en fait tout notre vie qui fait notre existence. A mon avis, il faut se concentrer sur chaque petit détail dans le kaléidoscope de cette vie qui pourra éventuellement nous apporter une réponse sur ce qui au-delà de notre simple existence forme notre essence. Peu importe que la vie soit considérée comme une préparation à l’au-delà ou comme une fin en elle-même (ce qui personnellement me paraît peu satisfaisant comme idée mais chacun considère les choses comme il veut), il reste toujours le désir de vouloir « comprendre quelque chose » et de ne pas rester à l’état du simple « bétail sur le sable », c’est-à-dire des êtres qui vivent sans être conscients même d’eux-mêmes. (Désolée si je ne m’exprime peut-être pas assez clairement, c’est que le français n’est pas ma langue maternelle…)

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  14. Un tien, vaut mieux que deux tu l’auras et si ce tien c’est rien eh bien, c’est déjà quelque chose. Et c’est ce quelque chose rassure car il est connu. La peur mortifère se cache t’ elle derrière ? Si oui,
    entretenir ce rien donne l’illusion de pouvoir reculer les limites de la mort. Mais une vie faite de rien n’est elle pas déjà une mort en soi ?

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  15. Ne jamais rien rater même si le fait de vouloir connaître l’univers d’un autre humain se conclut par un refus de coopérer de sa part. La méfiance est une nouvelle tendance, n’oublions pas. Ne pas hésiter une minute à foncer car les portes qui s’ouvrent devant soi sont des enseignements.Elles se représenteront ultérieurement dans le cas d’une hésitation. Les commandes de notre existence sont bien plus simples que l’on croit !

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  16. J’ai l’intuition ,que pour beaucoup leur réussite est leur nombril ,et non le coeur ,aujourd’hui combien pensent à l’avenir de leurs descendants ,pourtant écoutez Corinne Gouget sur notre nourriture ,alimentaire ,Claude Bourguignon sur notre terre nourricière ,pour être heureuse ,je n’aie jamais pensé à ma personne ,Pour moi notre destin est écrit ,notre société est dans sa phase finale ,car chacun a pensé philosophiquement ,on nous a confectionné ,cultivé comme un légume végétatif ,on regardent mourir de faim ,en jetant des tonnes de nourritures ,on massacrent des peuples

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  17. Comment puis-je rater ma vie puisque je ne suis pas à l’origine de celle-ci? Comment peut-on décider de son enfance et des chemins déjà tracés? Je n’ai pas choisi d’exister, d’être une femme, mes parents, mon nom, la couleur de ma peau, le pays où je suis née. J’ai subi les aléas de la vie qui vous mènent sur des routes déjà crées. Nous sommes nés formatés dans le moule de ce monde matériel et industriel où il n’y a pas de place pour la pensée individuelle. S’en écarter c’est fuir le monde et devenir asocial…
    Pourtant j’ai trouvé un moyen de fuir, et de devenir un individu unique… Je suis devenue artiste. Chaque jour est un nouveau jour, un nouveau départ pour une nouvelle vie…
    La question que je me pose aujourd’hui : Puis-je rater ma mort ???

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