Comment passer du sentiment d’inexistence à la joie ?

L’existence, parfois, ne tient qu’à un fil. Mais pour peu qu’il tienne, voilà que ce fil gagne en épaisseur, devient un passage. Lorsque tout est rien, il se produit entre les riens une limite réelle et existante. Lorsque tout se contredit, il se produit entre les contraires un jeu réel et existant. Il y a donc toujours, entre les riens ou les contraires, une voie pour l’existence, un passage pour la joie, où la différence devient connivence, et la contradiction contraste. Car la contradiction la plus vive est toujours susceptible d’un repos, d’une stase d’équilibre et d’harmonie, comme une douceur de la lumière. Il suffit que les contraires se fassent valoir pour permettre la vue et la vie. Là où tout était prêt pour la mort, l’existence, paradoxalement, se faufile et se propage.

C’est au bord des buches, dans l’interstice incandescent, que le feu prend. C’est tout contre la peau que les draps se réchauffent. C’est au contour des choses que la lumière se pose. Quand le jour nous rend le monde, quand les regards se croisent, quand les sourires s’appellent, quand la main espérée se pose sur la mienne, on sent d’un coup que la vie va continuer et qu’elle vaut la peine d’être vécue. Il suffit de suivre, entre les néants, la ligne mélodique de la joie.

La ligne de l’être brille sur fond de néant et c’est cela, la joie.

24 réflexions sur “Comment passer du sentiment d’inexistence à la joie ?

  1. … parfois, il n’y a plus de contrastes, juste le néant, qui succède au néant. Plus « d’entre » les néants. Juste l’inexistence.
    Parfois, on cherche le contraste, et lorsqu’on le trouve, il est fade, déteint.
    La lumière se pose, certes, mais elle n’a plus vraiment d’éclat.
    Parfois, on se créée une joie superficielle, pour attirer la joie réelle, mais il n’y a plus de spontanéité, juste une espérance vaine, et finalement une déception…

    (désolée pour ces mots sans jolie conclusion, mais c’est ce que me fait ressentir votre post…)

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      1. Les choses existent par elle même, elles brillent par elle même. Sont elles joyeuses pour autant ? Le sourire à la vie est suffisant et tellement grand. La joie est superflue (mais pas pour autant inutile !). J’ai connu un maître qui n’aimait pas ce mot. Le bonheur se passe de la joie, disait-il.

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      2. It is very interesting to see how the same words have such a different impact on each person…To me, these are words of hope..Sometimes life opens a door we thought it was close, and , voilà, behind is the light…May be not too bright, but enough to draw silhouettes that remind us there is something else further away, enough to warm up a little bit our heart for a few more steps…
        I enjoyed it!

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  2. pas toujours facile au bord du gouffre de voir la main qui se tend, le sourire et les regards, pas facile de voir la lumière teinter l’horizon et le vent apporter un peu d’espoir…

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  3. Bonjour. Un bien joli texte tellement poétique. Mais je n’y crois pas car de la discussion tourne la plupart du temps à l’aigreur, à l’entêtement imbécile ou chacun reste sur sa position ..Voyez dans la vie de tous les jours, voyez ceux qui nous dirigent..je ne peux que constater qu’il y a des incompatibilités qui seront toujours source de conflits..

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