Qu’écririez-vous, si vous alliez écrire au café?

En écrivant dans son célèbre café, Jean-Paul Sartre a sans doute déposé une puissante empreinte dans l’imaginaire de bien des philosophes français. Le risque et le pari, l’espoir ou le phantasme d’une philosophie directe, enfin concrète ont pris ce visage, cet exemple, ce précédent. Il se peut que le succès de la phénoménologie en France lui doive beaucoup.

Billeter, en assumant un livre explicitement écrit au café, sait pertinemment qu’il reprend une posture, une situation de la pensée libre qui remonte au moins jusqu’à Diderot. Car il faut, d’une certaine manière, fermer les livres pour aller écrire et penser au café. L’expérience n’est pas sans danger, comme si le lieu lui-même vous demandait non pas ce que vous pensez de tel ou tel auteur, mais ce que vous pensez vous-même.

La suite de l’article est à lire sur LeLittéraire.com:      http://www.lelitteraire.com/?p=3213

26 réflexions sur “Qu’écririez-vous, si vous alliez écrire au café?

  1. Il faut avoir lu Jean-Paul Sartre ou connaître sa bibliographie.. A part quelques livres de Zola que j’ai lu j’avais 20ans , les grands classiques me sont inconnus.
    Maintenant on écrit devant son ordinateur et l’on peut plus facilement se prendre un thé qu’un café …
    J’avais déjà visité votre blog sans avoir tilté, je ne sais pas pourquoi, mais j’aime bien ce que vous écrivez et pour ne pas zapper, j’ai mis le liens en évidence sur mon blog.
    Pour répondre ouvertement à votre question, je vais rarement au café et chez moi je n’ai plus de cafetière que j’ai donné à l’une de mes nièces qui en avait besoin . Et j’ai pensé qu’elle sera plus utile chez elle que chez moi a prendre la poussière …
    Bon weekend à vous tous(tes))))🙂

    J'aime

  2. Il faut surtout éviter de se perdre dans une philosophie de comptoir😉
    Moi, j’aime bien aller dessiner au café. Lever les yeux de mon cahier. Observer les gens autour. Les petites histoires qui se déroulent. Capter une posture, un geste, un regard…

    J'aime

  3. Je n’ai pas lu Sartre. La café est l’endroit où je prends mon café, en lisant deux quotidiens mainstream. Après cette lecture, on ne pense plus.

    Il faudrait donc aller à ce café, boire des cafés, et tapoter sur son clavier sans toucher aux livres qui sont dans la vitrine. Intéressant ! Que se passerait-il ? Il est fort probable que je commencerais à écrire, pour ma part, un journal de ce café, dont je connais déjà beaucoup les rituels et les passages. À l’ouverture vers 06h00 je gênerais tandis qu’on installe les tables. Mais quinze minutes plus tard, il n’y aurait de toute façon plus de place au comptoir. Une secrétaire, deux égoutiers, un balayeur qui planque son balais pour se réchauffer le gosier, un chef d’équipe qui cherche son équipe. On épluche le canard du jour. Les conversations s’enchaînent : tel journaliste qui débarque à 10h30 me remarque et vient s’asseoir, me demande des nouvelles de mes bouquins : ben ils se vendent pas, comme d’hab. Nous parlons, pour me consoler, d’Henri James dont les livres parfois se vendaient à quatre exemplaires dans une année. Puis j’embraye sur Twitter, qui est un univers parfaitement inconnu de mon journaliste. Lui donne dans la culture. C’est pourquoi, me dit-il plein d’amertume, on l’envoie interviewer quelques chefs étoilés. Nous parlons alors de la culture populaire, et donc de Franck Lepage. Je reprends un café, je n’écris plus rien. À ce moment-là, les anciens patrons de cet endroit arrivent : ils viennent lire le journal et siroter des thés d’avant midi. Puis un ex-SDF débarque et réclame le journal, tout en s’enquerrant de ce qui se prépare en cuisine. Maintenant, il vit dans un vrai chez-lui, et n’en revient toujours pas. Sur cette fin de vie, il est un peu à l’aise aussi, alors il s’offre le resto tous les midis. On prétend qu’il a acheté cash son deux-pièces avec l’argent de quarante ans de mendicité !!! « Et alors ? dit mon journaliste, c’est un boulot comme un autre ! » puis il part voir ses cuisiniers étoilés.

    Boum ! Voilà toute une floppée d’ouvriers maçons qui s’installent au comptoir. Ils sentent le béton, ils sentent le plâtre frais. La conversation s’engage avec la patronne. Tout ce qu’ils disent est intéressant ! Puis huit manouches débarquent en gueulant, et posent d’autorité un billet de cinquante sur le comptoir. Le whisky gicle des étagères et se met aux ordres. Comment écrire dans ce prodigieux bordel ? Je vois bien qu’au café je ne pourrai jamais faire autre chose que parler et écouter, mais je rapporterai tout à la maison…

    JPG, vous m’avez donné une idée de livre qui se fait sans y penser. Hop, je commence la semaine prochaine ! Merci !

    J'aime

    1. Fulgurance des brèves de comptoir et des nouvelles du monde… immobilité réduite à néant dans la tempête des uns et des autres ; le café est un axe qu’on n’y travaille ou pas il fait parcourir quelques arpents contemporains parlés, ouvrés, usités, en plein déménagement! Le café est peut-être l’endroit où « ça déménage », les objets et les êtres y sont redistribués selon l’heure et leur venue, on n’y reste pas, pourtant on s’y installe, la salle se transforme au gré du jour. Au café, les choses se déplacent, un nouvel ordre, dans ce désordre, prend place, agit. C’est le lieu des départs, de l’attente, du cinéma et de la conversation publique.
      Il y a plus de scènes de cafés dans les films me semble-t-il qu’en publicité. Le café n’est peut-ête pas un lieu pour la publicité car il reste un endroit renégat…

      J'aime

  4. Peut-être pouvons-nous trouver matière à réflexion, dans un café. Surtout aux différentes heures où l’on se pointe. Il y a de la vie dans un café…surtout quand ce dernier a ses habituéEs et pour une étude sociologique, il y aurait de quoi faire😉

    Mais je pense que les bonnes idées sont dans le mouvement, dans une ballade en pleine forêt. La marche lave le cerveau et il n’y a rien de tel pour voir émerger de bonnes inspirations. Cela dépend tout ce qu’on veut écrire…

    J'aime

    1. Il est vrai que les fumeurs aujourd’hui vont fumer dehors c’est ce qui m’arrêtait avant , ne fumant pas et je deviens allergique a la fumée. Et puis entre nous il y a pas que du beau monde qui va dans les cafés … mais bon ça dépend si c’est un café qui rassemble des ouvriers après leur travail , des joueurs du Quintés , tiercé …si c’est juste pendant les vacances pour se rafraîchir … Lors d’une conférence et la consommation permet de rentabiliser la soirée ….
      Ça me rappel un livre que j’ai lu entre un maitre et son élève qui se donnaient rendez-vous dans un café  » le Langage secret du Tarot  » et a chaque rencontre il était abordé l’histoire d’une nouvelle arcane du tarot …
      Il me semble que cette histoire n’était pas fictive et qu’elle avait vraiment existé …

      J'aime

  5. On peut très bien emmener son ordinateur portable au café… Cela dit, je pense qu’il faut bien choisir le café. Imaginons un café bruyant avec ses habitués qui ont toujours des tas de commentaires à faire sur l’actualité. Certes, les livres sont fermés, mais la parole est bien présente. Est-il toujours possible de s’y soustraire et de ne pas se laisser influencer… ? Finalement, l’idée d’écrire au café est séduisante, justement parce qu’elle représente une ouverture au monde qui va titiller mon imagination. Au final, ce que je produirai pourra être malgré tout très personnel.

    J'aime

  6. Bien, si j’écris au café, qu’écris-je ? Un poème, une réflexion sur la vie.

    Un roman que j’ai écrit pour mon théâtre, un texte que je changeais, pour comprendre pourquoi j’avais créé un personnage venant de Colombie, qu’un éditeur veut publier…

    Mais un café peut être un lieu qui inspire les artistes…

    J'aime

  7. Étrangement, c’est en roulant que me viennent mes meilleures idées, quant à les mettre sur papier ou ordi, une place un peu reculée dans un café, en y connaissant personne bien entendu, c’ est possible.

    J'aime

  8. Malheureusement, d’habitude, je ne suis jamais allée pas trop d’accord avec Sartre. Au sujet d’écrire dans un café, un de mes écrivains préférés, F. Scott Fitzgerald, écrivait dans les cafés. Plus recemment, on dit que J.K. Rowling écrivit le premier volume de ‘Harry Potter’ dans un café. Personnellemt, jusqu’à il y a quelques années, j’écrivais dans mon café local. J’ai cessé de faire ça parce que je ne supporte plus la musique, qui est devenue de plus en plus forte dans les cafés de Londres.

    J'aime

  9. Pas besoin d’aller ailleurs pour réfléchir. Il suffit de lire vos articles, bien que cette expérience intime, devant l’ordinateur, soit moins dangereuse que dans un endroit public comme un café🙂

    J'aime

  10. Ècrire dans en café me semble très romantique. Mais aujourd’hui dans les cafés il y a trop des bruit.
    Pour moi c’est important d’avoir du papier è un crayon – sourtuot dans mon parc.

    J'aime

  11. Ecrire DANS un café

    Je suis allé au café. Rien d’extraordinaire, puisque j’y vais plusieurs fois par jour. J’ai commandé un café, un double. Dans une grande tasse, j’ai demandé.
    Trop petit.
    Un double double, je vous prie.Dans un très grand bol, que ça ne déborde pas.
    Encore trop petit.
    J’ai hêlé le garçon. Pensant que ça ferait l’affaire, je lui ai demandé un quadruple double double. Dans une soupière, s’il vous plaît.
    Certes, je pourrais y plonger les mains, sortir mon stylo waterproof à encre indélébile. Pour écrire n’importe quoi à l’aveuglette et en mettre partout ?
    Finalement je crois bien que je vais prendre un fût, lui ai-je dit. Sans sucre. Un de 130 litres, ce serait parfait.

    Stylo et papier en main, j’ai plongé.

    Ecrire AU café

    Page vierge, porte plume. Je n’ai rien écrit depuis plusieurs mois. Ecailles d’encre sèche sur la plume Sergent-major. Je la jette, en fixe une autre. Une minute de gazinière, l’eau est tiède. Dix cuillèrèes bien tassées de café soluble dans un petit mazagran, plus deux sucres, un truc de ma grand-mère pour fixer la couleur. Je touille consciencieusement, indispensable pour éviter de faire des pâtés. Je laisse reposer deux minutes, l’encre est prête.

    J'aime

  12. J’ai beaucoup lu Sartre et quand je suis allée à Paris, assise au Café de Flore ou aux Deux-Magots, je l’ai imaginé en train d’écrire. J’ignore ce que j’écrirais dans un café car je n’écris que lorsque je suis inspirée. J’écrirais peut-être une nouvelle ou rien du tout.

    J'aime

  13. Tout comme Jean-Baptiste, j’aurais du mal à écrire dans un café. Il me faut une certaine solitude et réclusion. En outre, j’ai besoin d’écouter ma musique préférée.
    Par contre j’adore écrire en prenant le train lorsqu’il fait nuit.

    J'aime

  14. Personnellement, j’écris partout. Dans la rue, debout, dans les jardins, au café, chez moi, dans le train. ce sont mes enfants qui me l’ont appris parce que lorsqu’ils étaient petits, il y avait rarement la place et l’espace idéaux pour cela; J’ai appris à lire et écrire dans le bruit et la fureur, Il suffit de laisser couler le langage que l’on a ensoi, ou de se concentrer, cela s’apprend très vite. Ce n’est pas le lieu qui devient important, c’est l’envie ! Et quand elle vous tient, hein !

    J'aime

  15. Le café est un lieu public dans lequel il est plus facile de s’isoler pour créer. Que se soit pour écrire ou dessiner, et même lire. Vous êtes à la fois anonyme et existant. J’ai souvent fréquenté ces lieux à Liège (Le couleur café, le Pot au lait, La planète interdite et d’autres encore). Je pense que se plonger ainsi dans le cours de la vie nous permet d’être plus proche de ceux qui forment la base, le magma, avec lequel nous travaillons. Observer nos semblables et nous en inspirer (un visage, une intonation, une phrase isolée dans le brouhaha). Lorsque l’atmosphère est propice il est possible d’écrire sous éclairs. Le lieu public est le lieu d’inspiration par excellence.

    J'aime

  16. Mon avis personnel serait une chose de cet ordre : pour moi, l’écriture se perçoit comme des expériences de relations humains abordées, entremêlées ou observées ou même les trois à la fois.
    Personnellement je trouve intéressant l’inspiration qui naît d’observation d’humains et de monde(s) et de choses qui nous entoure.
    Écrire au café, c’est peut-être se poser comme un chat sur a hauteur d’un mur à observer passer, changer de couleurs, chanter, être en silence en pleurs en rires.
    Écrire au café. C’est pas trop mal je crois.
    (J’ai moi-même écris dans un hall de gare il y a peu, une nuit en matin)

    J'aime

  17. Lu page 17 de ce petit livre (qui est maintenant dans ma main à chaque instant pour éclairer mes rêveries)…cette formule magique :
    « Le corps a le pouvoir de rendre naturel ce qui est artificiel  »
    ou « un beau jour en servant du vin, j’ai compris que tout concourait soudain à la réussite de mon geste :  » ou…. et puis non !
    Courez donc l’acheter c’est une merveille !

    J'aime

  18. écrire dans un café? pas seulement à paris, c’est possible mais si on ne voit personne autour)) idem qu’écrire (composer dans la tête) un poème au métro ou sur un banc… même en marchant dans les rues). ah oui voilà la réponse au titre de l’article – écrire dans un café – pour un poème (noter) ou pour un projet (discuter et organiser) ))

    J'aime

votre réponse:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s