LE SACRIFICE

Le sacrifice est mise hors-jeu, et comme le jeu courant est usage, le sacrifice consiste à retirer quelque chose de l’usage usuel privé. Qu’il soit chose, objet, activité ou personne, le sacrifié peut-être sacré (retiré de tout usage, interdit), public (retiré de l’usage privé, obligatoire), consommé (au sein d’un partage public) ou détruit.

D’où vient ce trouble à penser le sacrifice ?

Le sacrifice est un devoir du mal. Il est donc bien du mal ou mal du bien, indépendamment des valeurs. Car toute valeur comporte une dimension sacrificielle : si vous y croyez vraiment, vous êtes prêts à donner votre vie pour elle.

Il y a de la mort dans le bien. Le bien est quelque chose qui réclame le sacrifice. Et d’abord le don.

Le don est sacrifice. On peut donner à tous, mettre en commun, ou à personne, détruire. Le don pourrait ainsi être l’origine commune du bien et du mal. On peut aussi réserver, préserver, interdire ou omettre ; c’est la voie du sacré, entre mise en commun et destruction.

Le don crée la dette, et la dette est devoir de sacrifice. Le don est donc est donc un  sacrifice qui crée du sacrifice.

Le morale est don de soi, sacrifice. Le service est un sacrifice. Les lois sont un sacrifice : celui de l’interdit

L’argent nous libère de la dette. L’argent nous sort de la logique sacrificielle. L’argent serait-il donc une bonne chose ? Mais d’où vient donc l’argent ? L’a-t-on volé ? Mais d’où le propriétaire le tenait-il ? L’a-t-on eu en échange d’un travail ? Mais l’échange n’est-il pas un double don, et donc un double sacrifice ?

7 réflexions sur “LE SACRIFICE

  1. Bonsoir .Il est vrai que le sacrifice est tenu pour une offrande…Un livre de Georges Bataille en parle fort justement.il y mêle religions,civilisations de l’homme et le pourquoi des interdits..Il s’intitule: l’érotisme Il répond totalement à votre article.Ce serait trop long ici de développer:)Lisez le …

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  2. Notre sacrifice n’est-il pas permanent? Ne sacrifions-nous pas une option pour un autre à chaque fois que nous choisissons une chose plutôt qu’une autre? De ce fait, je peux me considérer en état de sacrifice permanent.

    Qu’à cela ne tienne car en effet l’argent est une forme tout ce qu’il y a de plus spirituelle, l’argent est Lumière. Dans l’absolu, il n’y a que la Lumière (le don, ou le force créatrice) et sa réception (la créature). De ces deux formes diamétralement opposées, soit le moule que la Lumière créé en laissant son empreinte dans la créature qui s’est créée en tant que désir de recevoir la Lumière, soit à l’exacte opposé de la Lumière et du don. Sinon comment pourrait-elle la recevoir, sans récipient?

    Tout le travail de l’être se résume ainsi à désirer ressembler à sa source, sa racine, qui sont la Lumière. Ce ne sera que dans la mesure que l’être peut ressembler, et même devenir la Lumière qu’il pourra enfin commencer à comprendre la logique derrière le plan de la Création, qui au départ va sembler une mesure contre-intuitive car elle ne désire rien pour elle-même. La Lumière ne peut que transmettre sa propre perfection qui dans la première moitié du chemin d’une incarnation sera sous le signe de la souffrance et de la douleur jusqu’à ce que l’être révèle son opposition au but, et qu’il commence à demander à la Lumière de le changer intérieurement afin de se rapprocher du but de la Création, soit la révélation du Créateur à ses créatures.

    Tout étant perçu seulement dans le récipient que se formule la créature, nous pourrions aussi dire qu’il n’y a ni Lumière ni créature avant que la créature ne prenne conscience de son état véritable. À partir de là, il y a l’ébauche de la créature mais avant ce point la créature est imaginaire. C’est bel et bien ce que Platon tentait de transmettre dans son « allégorie de la caverne »….

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  3. J’aime beaucoup votre article, mais je dois dire que je n’ai jamais eu l’impression, ni même la sensation de faire un sacrifice en faisant don de quelque chose, comme un peu de mon temps ou autre. Pour moi, le don, est une satisfaction. Je donne parce que cela me fait plaisir ainsi qu’à celle ou celui qui reçoit. Le fait de voir ce plaisir chez l’autre, me fait l’effet boumerang.

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  4. Bonjour Jean paul galibert,
    nous nous étions croisés, il y a quelques temps, je reçois quelquefois un like de vous parfois,
    aujourd’hui, cherchant des ptits riens, que j’avais déposé sur un lien ancien sur mon blog, j’ai croisé un commentaire de toi, je me suis dit, va voir, et je suis là, face à ce billet. Je dépose un lien, à Vous de Voir.
    Biens des Pensées Vers Vous, on ne peut être partout, mais parfois une intuition et voilà que l’on passe, c’est ainsi que ce jour, ben je suis là, à laisser une trace :

    http://mavoie2958.wordpress.com/2012/06/30/la-charte-du-monde-libre-rendons-tout-gratuit-et-libre-cest-possible/

    au sein de cet article et aussi dans les réflexions qui suivent en commentaire ou vidéo, il y a quelques bonnes pépites qui à mon sens, sonnent Biens en énergies libres et surtout Biens Vivantes, en Conscience de l’Ensemble.
    bon voilà, c’était l’instant de présence.
    A un de ces quatre à la croisée des Liens🙂
    Soyez Biens

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  5. Il me semble que l’argent aussi demande des sacrifices : pour en avoir on doit sacrifier une bonne partie de son temps et je dirais même de sa vie. Peu de gens vont à leur travail avec plaisir.
    Et d’ailleurs peu de gens utilisent leur argent à des fins de pur agrément : combien de personnes n’utilisent leur salaire que pour le strict nécessaire (dormir sous un toit, manger, s’habiller, se déplacer) et doivent de ce fait sacrifier leurs loisirs, vacances, rêves, etc.

    Je ne vois pas ce qu’il y a de lumineux dans l’argent …

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  6. « (…)
    Les yeux de Dencombe s’ouvrirent encore plus. « Elle vous a laissé ‘une jolie somme’? »
    Le jeune homme eut un rire presque trop léger pour une chambre de douleur. « Pas un sou. Elle m’a carrément maudit. »
    « Maudit? » gémit Dencombe.
    « Pour l’avoir abandonnée. Je l’ai abandonnée pour vous. J’ai dû choisir », expliqua son compagnon.
    « Vous avez choisi de laisser échapper une fortune? »
    « J’ai choisi d’accepter, quelles qu’elles pussent être, les conséquences de mon engouement », sourit le docteur Hugh. Puis, comme une plus grande plaisanterie: « Au diable la fortune! C’est votre faute si je ne peux pas me sortir vos choses de la tête. (…)
    Cet incident était une preuve extraordinaire, et il projetait une lumière plus intense. À la fin il fit signe au docteur Hugh d’écouter et, quand il fut à genoux près de son oreiller, il l’attira tout près de lui. « Vous m’avez fait penser que tout cela était une illusion. »
    « Pas votre gloire, mon cher ami », bredouilla le jeune homme. (…)
    Dencombe, immobile, accueillit ces paroles; puis il rassembla ses forces pour parler une fois encore. « Une seconde chance – voilà l’illusion. Il n’y en a jamais eu qu’une seule. Nous travaillons dans le noir – nous faisons ce que nous pouvons – nous donnons ce que nous avons. Notre doute est notre passion et notre passion est notre tâche. Le reste est la folie de l’art. »
    (…) »

    extrait d’Henry James, La Seconde chance ( The Middle Years ), réédité en 2012

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