Croyez-vous aux objets?

Tout le monde n’a pas toujours le courage de ne rien vivre.

Il est à tous égard plus rassurant, logique et ordonné de simuler et feindre quelque objet. Je vais transformer mes sentiments en relation, et pour cela supposer, affirmer, croire qu’ils ont des modes de rencontre avec des choses réelles. Je vais me plaire à croire que la conscience est une visée, une donation d’une extériorité pure. Je vais me plaire à croire que la perception est la preuve du monde qu’elle suppose. Mes complices sont nombreux, mes précurseurs sans nombre : toute l’histoire de la pensée se projette sans cesse dans cette inquiète direction de l’objet miraculeux dont la rencontre inédite garantirait enfin qu’il y ait hors de nous quoi que ce soit qui réponde quoi que ce quoi à n’importe laquelle de nos questions.

Que ne ferions-nous pas pour avoir quelque chose à faire ? Presque autant que pour trouver l’objet suprême de notre quête : des choses déjà toutes faites. Un vécu tout prêt, qu’il n’y ait plus qu’à vivre. Un spectacle bien ficelé, une intrigue bien menée, un corps bien tourné, n’importe quelle chose qui semble comme d’avance disponible, c’est à dire qui suscite peu ou prou, à grands renforts de désirs propices, l’inaccessible impression d’exister.

13 réflexions sur “Croyez-vous aux objets?

  1. Objet.. de désir ? de manipulation? de convoitise? Femme et homme objet ? Proche et loin de la philosophie sont les neurosciences cognitives. Un livre :  » L’oeil de l’esprit » par le neurologue américain Olivier Sacks. Illustrant par des cas de patients et par sa propre expérience de troubles visuels ( objets déformés, persévération visuelle de personnes ou d’objets alors qu’ils sont « hors champs  » , couleurs altérées..)Il en tire des remarques : l’expérience et la vision que nous nous faisons du monde est pure création de notre cerveau. Cette perception (conscience?) que nous nous en faisons n’est que subjective, interprétation via les représentations socioculturelles, éducatives, religieuses, ethniques etc..autant dire que nous vivons dans une réalité « virtuelle » filtrée par nos sens . Informations intégrées par notre cerveau et nous restituant une image tronquée, codifiée par notre « intérieur » ..Conscience « extériorité pure »?? Pour moi et de façon subjective selon ma propre perception et interprétation une émergence complexe, subjective et individuelle liée aux engrenages de l’activité cérébrale et des acquis. Et l’âme dans tout ça ?? Un sourire pour Mr J.P.G et tous ses lecteurs .

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  2. Au delà des conventions, langages, notre perception peut être altérée sur le sujet et l’objet. Peut-on vraiment se délester de toute interprétation ? Sans déconstruction de nos apprentissages, la chose n’est pas aisée voire impossible même en passant par les processus initiatiques de « morts et de renaissances ».
    Il nous faut avoir des canaux et des vecteur pour communiquer sur les « réalités vraies » pour s’entendre, pour se comprendre la matière culturelle s’avère très presente, parfois trop.

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  3. Il n’y a rien du tout à la base à part des besoins primaires ou primitifs. La société , les hommes ont créé une  »civilisation » différente selon les pays et les cultures ou religions. Nous avons besoin  »d’objets » pour nous rapprocher et communiquer (par exemple un sujet de conversation comme celui-ci). Après, a-t-on besoin de toujours être en activité, ne pouvons-nous pas nous contenter de ne rien faire? Si vous dites que vous n’avez rien fait un week-end par exemple, les gens vous regardent bizarrement et disent :  »tu n’as pas de vie?? » Mais on oublie souvent que le repos fait partie intégrante d’une vie. Il faut accepter de s’ennuyer. Cela ne veut pas dire que l’on ne fait rien de sa vie à ce moment-là, cela veut simplement dire que l’on accepte de se mettre au repos et de vivre au ralenti pendant un temps. Mais ce que la plupart des gens appellent le ralenti, ne serait-ce pas là la vraie vie?Le réel est avant tout une interprétation profondément personnelle que nous nous faisons des situations qui nous entourent.

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  4. Ne seriez vous pas Gepetto le père de Pinocchio? Ou alors êtes vous un petit garçon bien caché?
    Objets inanimés avez vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer… Ah! ça me passe comme cela par la tête:) c’est je ne sais plus quel poète a dit ça.. Pour moi les objets représentent un peu ce que nous sommes lorsque nous les aimons.

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  5. Oui nous les aimons ils respirent tous (lorsque nous y sommes attachés) des images,des mots,des situations,des souvenirs dont pour rien au monde nous voudrions ne plus avoir.Chaque chose respire à travers des souvenirs et les objets parlent en passant par nos émotions,notre vécu..

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  6. Ce « je » que vous utilisez m’a l’air d’un « je » universel, ce qui suppose qu’il ne s’agisse pas nécessairement de vous, mais qu’il est supposition de pensée, mise en contexte, abstraction du « je », la remarque s’appliquant par ailleurs à d’autres de vos articulets, qui seraient dès lors de l’ordre du socratique.

    Cela posé, que vous ayez des sentiments ne sous-tend-il pas déjà que vous projetiez ? Ou ceux-ci sont-ils de l’ordre de l’instinctif, indépendants de votre volonté ? Dans ce cas, pouvez-vous parler de sentiments ? Ne s’agirait-il pas plutôt de stimuli, voire d’instinct ?

    Quant à l’extériorité pure en tant qu’elle serait guide menant à la perception du monde qu’elle suppose (avec insistance, de ma part, sur ‘pure’ et sur le pronom défini ‘la’), outre qu’elle pourrait trahir dans votre plume un certain absolutisme dans l’observation ou l’analyse, quelle est sa nature ? Plurielle ou univoque ? Statique ? Changeante et évolutive ? Dans l’affirmative, en fonction de quoi ?… N’y a-t-il pas eu apparition, au moins depuis le début du XXe, de paramètres technologiques nouveaux qui compliquent les équivalences exactes entre les pensées contemporaines et les pensées antérieures, ou tout cela relève-t-il de la métaphore de la poule et de l’œuf ?

    Le compas universel auquel vous faites allusion sans le nommer se donnerait-il si facilement, sans Quête (désintéressée), sans harmonie intérieure, à n’importe qui ? Et le sens de la ou des questions n’importe-t-il pas autant quasiment que les réponses elles-mêmes ? Les questions ne génèrent-elles pas le plus souvent leurs pareilles, plutôt que des amas de certitudes ? Si oui, ne favorisent-elles pas, ici aussi, le mouvement de l’esprit, contraire au « tout cuit » ?

    En fait d’objet suprême, il me semble que vous décriviez plutôt la société occidentale comme elle va : rien de suprême, que de l’ordinaire au contraire, dans les cas de figure que vous citez. Aucune quête à l’horizon en ces matières… Le transcendantal se cantonnerait-il soit au spectacle contemporain, soit à une Création toute faite, les deux interprétations que me semble permettre votre second paragraphe ?

    La Quête ne réside-t-elle pas à la fois dans le dépassement de cet évident factice en tant que quotidienne construction humaine spectaculaire qui n’a rien d’essentiellement spéculatif, et dans le surpassement, par la preuve scientifique mais aussi la méditation, de cet idéal extrapolé en dessein ? Si oui, l’embarras ou les barrières à ses tentatives d’accomplissement ne résident-elles pas, très souvent, dans une forme de totalité sociale, de quelque nature qu’elle soit, qui se traduit par l’expérience de la très grande difficulté de trouver (pour d’aucuns, de chercher même) tacitement une terre commune par le biais d’angles originaux en infraction avec les angles d’approche dominants / imposés ?

    Qu’est-ce qui rend, selon vous, inaccessible à l’homo conscientus universalis l’impression d’exister, et à l’inverse, qu’est-ce qui la lui rendrait accessible ? Si ne s’agit que de l’impression, vous inférez qu’il existe bel et bien, qu’il n’est pas nature morte. Qu’est-ce qui fait, dès lors, son existence à l’estime du « philosophe de l’inexistence » que vous êtes / vous prétendez ? Ou, néant pour néant, exprimiez-vous votre conviction qu’exister se limite forcément à l’impression, donc au voile, donc à la traduction du réel, auquel cas, selon votre logique, exister n’existe pas ?

    Votre philosophie telle que vous la développez est-elle profondément égoïste, ou n’est-ce là qu’une impression ? Qu’est-ce qui vous pousse à partager vos cogitations ? Espoir(s) ? Devoir ? Automatisme ? Quête ? Projection ? …

    Pour ce qui est de la nature du faire, je vous invite à lire le post suivant : http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2012/05/21/quest-ce-que-faire-in-fine/

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  7. Et que faites-vous d’une chose, de la chose, des choses? Ce qui échappe à un « objectif » précis… Ce manque de différenciation qui risque de nous engloutir, ce néant, la « chose », et son versant, le « monstrueux » – quand on lui donne sens, nous amène à penser qu’il doit y avoir dans les objets l’espoir dans transcendance…

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  8. « l’espoir d’une transcendance »…
    Que nous est-il permis d’espérer? …
    N’existe-t-il pas des objets qui transcendent leur existence d’objets, le simple fait que les objets et objectifs existent témoigne de notre volonté d’échapper à l’indifférenciation de la chose, mais s’enfermer dans un objet c’est aussi mourir car l’objet nous aliène à notre finitude. Mais si cet objet n’atteint pas son objectif, si, pour une fois, il y en avait dont la fonction d’objet serait détournée, s’il ne servait à rien celui-là, à aucune représentation, à aucun parachèvement, aucune délimitation, mais qu’il nous amènerait au-dehors, serait-il transcendant, peut-on l’espérer? À travers lui nous pourrions faire l’expérience d’un contresens initial.

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