Pour un mouvement de libération des possibles

Que sera l’Europe dans le monde qui vient ? Avons-nous encore pour elle quelque ambition, quelque espoir, ou même le moindre désir ? Non pas comment la faire, mais pourquoi ? De quel droit ? De quoi vivra-t-elle, à quoi servira-t-elle ? Aura-telle quelque fonction pour justifier, avec son passé prédateur, l’impudente richesse qui en résulte ?

Dès lors qu’elle ne produit plus de marchandises indispensables, sera-t-elle une banque, un marché, un poste de commandement, ou quelque industrie  du tourisme et du spectacle ? Tout cela, sans doute, mais uniquement par le travail de notre imagination. Nous, consommateurs, producteurs, tous travailleurs de l’imaginaire, laisserons-nous l’hypercapitalisme des marques fonder sa rentabilité sans précédent sur l’exploitation de notre imagination, ou bien trouverons-nous l’énergie de nous démarquer, de diriger nous-mêmes notre imagination ?

Mais nous, les imaginaires, quelle autre réalité pourrions-nous avoir que le peuple des possibles ? L’Europe désormais ne peut avoir de sens que par la création, un mouvement de libération des possibles qui affleurent dans le peuple des créateurs. Ou bien les anonymes se réveilleront, se révèleront gisements d’avenirs, en devenant capable de rire, d’alliance, de connivence intempestive, ou bien l’Europe disparaîtra, en croulant sous le poids de son injustice et de notre épuisement.

Créer, déployer, ouvrir grand l’algue des possibles, ou mourir à juste titre. L’incertain, ou la fatigue. Nul ne sait ce que nous choisirons.

14 réflexions sur “Pour un mouvement de libération des possibles

  1. passé prédateur de l’Europe ? Pouvez-vous développer ?
    diriger nous même notre imagination ? pouvez-vous développer ? De quoi parlez-vous ? si régime politique, pouvez-vous développer ? exemples ? types ?
    le peuples des créateurs ? n’est-ce pas ce que nous faisons déjà ? Sinon, que voulez-vous dire ?
    l’algue des possible ou mourir à juste titre ? Que voulez-vous dire ?
    l’incertain, n’est-ce pas le quotidien ?
    idem pour le choix ?
    merci pour vos réponses.
    bine à vous.

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  2. Mais nous, les imaginaires, quelle autre réalité pourrions-nous avoir que le peuple des possibles ? L’Europe désormais ne peut avoir de sens que par la création, un mouvement de libération des possibles qui affleurent dans le peuple des créateurs. Ou bien les anonymes se réveilleront, se révèleront gisements d’avenirs, en devenant capable de rire, d’alliance, de connivence intempestive, ou bien l’Europe disparaîtra, en croulant sous le poids de son injustice et de notre épuisement.

    Créer, déployer, ouvrir grand l’algue des possibles, ou mourir à juste titre. L’incertain, ou la fatigue. Nul ne sait ce que nous choisirons.

    j’adore !

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  3. De l’ an 1500 jusqu’ à nos jours, le futur de l’ Europe a migré vers les Amériques surtout vers celle du Nord. Nous sommes ce que l`Europe aurait pu être si tous ces rebelles, ces nonconformistes et rêveurs avaient pu se développer et florir dans les régimes monarchiques absolus ou dictatoriaux tout aussi absolus.
    L`Europe, avec la patine du temps, me rappelle nos vistes chez nos vieilles tantes; toujours intéressantes et instructives quant à nos origines mais nous rendant conscients du chemin parcouru.
    Au plaisr cousin.

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  4. Les créateurs, poètes et rêveurs imbéciles dont je fais partie, se sont fait damer le pion par les créatifs. Tandis que les premiers -« imaginaires », comme vous le dites, donc irréels- fabriquent du beau, les seconds -pragmatistes- mettent leur imagination au service de l’argent et du pouvoir, usant de subterfuges financiers pour atteindre leurs objectifs.
    Les démocraties européennes ont largement montré leurs limites ; continuer à croire que les urnes vont résoudre les problèmes me semble illusoire. Le risque existe que les imaginatifs, à force d’être muselés et bernés, n’aient d’autre choix que celui des armes. Qui ne seraient pas obligatoirment pacifistes. Alors, peut-être pourront-ils enfin poser sur la table leurs idées généreuses et de toute façon plus réalistes que celles des prédateurs (je pense, entre autres et à titre d’exemple d’irréalisme, à un certain réseau social), qui les soumirent.

    « L’incertain, ou la fatigue. Nul ne sait ce que nous choisirons ».
    Les deux. C’est ce que nous faisons en venant au monde. Avec la mort en fin de course.
    Rien ne nous oblige maintenant à choisir entre ces deux pôles : l’incertain de la venue au monde ou la fatigue de fin de vie (avec la certitude de la disparition). Nous avons la latitude de porter notre choix sur d’autres latitudes. Entre les deux pôles existent tropiques, équateur et bien d’autres possibles.

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    1. Je ne vois pas de bon usage d’une arme:
      elle est le pouvoir fait objet
      destruction pure
      mal
      et l’idée
      d’un mal pour un bien
      me semble être l’idée même du mal
      sa malignité, selon le mot de Levinas.
      Détruire le mal n’est pas la solution, mais le problème

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      1. Je partage. Nous pouvons cependant craindre que cela arrive, comme par le passé en 1789, 1848, 1917 et autres. Mais quelle dose d’imagination, de courage et de patience il nous faudra pour faire taire les armes avant même qu’elles ne donnent de la voix.

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  5. Moi, je veux bien prendre la carte de ce nouveau mouvent! Parce que la place des artistes, dans notre société, n’est malheureusement pas très enviable, à part quelques stars, faire sa place et vivre de son art n’est pas chose facile…mais c’est vrai que c’est peut-être bien la seule alternative possible, car, niveau consommation courante, nous sommes en panne d’imagination, que c’est le bien culturel qui pourrait bien nous sauver un jour.Mais cela doit s’accompagner d’une transformation profonde d’une société habituée à la frénésie d’achat, que des ingénieurs nous inventent toujours de nouveaux gadgets pour nous rendre encore plus faignant physiquement et intellectuellement…

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  6. Bravo à vous, toujours formidable de vous lire, vous et ceux qui comme moi viennent visiter ces lieux et les « commenter ». Ces quelques lectures de notre temps sont toujours enthousiasmantes. C’est un réel plaisir de venir parcourir ces pages cosmopolites et substantielles. Qu’elles existent comme une ouverture à la langue et à la pensée de l’autre… Déjà tout un imaginaire emprunt de notre vieille Europe qui court toujours sur son taureau. Je pense à Borges. À qui? Vous avez dit Argentin, non?

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  7. Armée des mots je combats pour la révolution des possibles par l’éveil des consciences où l’homme en son être se reconnaîtra responsable et agira en conséquence. Merci de nous questionner et nous faire réfléchir…

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  8. A la base de tout il y a d’abord l’imaginaire puis la création. Tout le reste n’est ensuite qu’appropriation pour le commerce, les gros sous qui font souvent oublier l’Humain.

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  9. Finalement, les questions fondamentales sont simples : pour  » vivre pleinement  » faut-il Etre ? Paraître ? Posséder toujours plus de biens matériels ? se Battre pour une cause ? ou ne pas se poser toutes ces questions et  » vivre en aveugle, sourd et muet « ?
    Le simple fait d’écrire dans ce blog et dans d’autres, que ce soit de la poésie, de la philosophie, des chroniques sur le monde réel est déjà une manière d’exister et de rompre la  » loi du silence « …
    Mais ça ne suffit pas, car il faut aussi d’autres actions concrètes pour  » conscientiser » le plus d’individus vers un but commun : rompre  » cette loi du silence  » !
    Certains ont choisis la politique comme moyen d’action sur la société et je peux vous dire, par expérience locale, que ce n’est qu’une illusion dans la mesure où seul une poignée de dirigeants décide réellement dans un parti politique.
    D’autres ont choisis la création artistique (comme moi) et doivent d’abord trouver un espace d’expression libre, gratuit et sans contraintes commerciales. Ce n’est pas évident du tout !
    Il ne faudrait pas oublier que pour écrire un billet dans un blog, il faut d’abord avoir une connexion internet et je me permets de rappeler que tout le monde n’en a pas les moyens. Mon blog d’auteur n’existe que depuis que j’ai cette connexion à domicile, je n’aurais pas pu développer ce blog dans les conditions difficiles d’un Espace Public Numérique.
    Donc pour qu’internet devienne un outil d’expression accessible à tous, il faudrait d’abord que les connexions soient moins chères, idéalement gratuites… pour permettre à tous les auteurs de pouvoir s’exprimer sans passer par les médias et les éditeurs, et ne pas se laisser piéger par des contraintes politiques ou commerciales.
    Alors  » un mouvement de libération des possibles  » ? Belle formule, optimiste et généreuse, monsieur Galibert, mais avec quels moyens ?

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    1. Avec ceux du possible.
      Vous parlez fort bien de la gratuité;
      pourquoi ne pas l’exiger, pour un nombre croissant de choses?
      Un objectif ausi souhaitable suscite sa propre énergie, mais je ne sous estime pas les freins, et leur puissance

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