CAMERA OSCURA _____ ______ _______ (Lire Balaert)

Sommes-nous assez grands pour vivre dans le réel ? Pour le percevoir tel quel, sans lui rien ajouter qui soit imaginaire ? Et dès lors y a-t-il un lieu qui soit simplement réel, ou bien tout lieu, pourvu qu’il soit vécu, se fait-il peuple d’images, surface où projeter les mythes, écran de nos rêves ? Songez à la chambre de l’enfant : est-elle réelle, ou simplement image, défilement, cinéma ? Est-il seulement une chambre qui nous héberge, où sont-elles toutes en train de nous refléter, et de nous entrainer dans nos récits?

Il faudrait, pour le savoir, remonter dans le vécu de notre enfance, afin de voir si aujourd’hui nous savons voir tout autrement. C’est ce que fait Ella Balaert à propos de George Sand :

« C’est l’hiver. La petite Aurore est dans son lit, au premier étage de Nohant. Autour des murs de sa chambre, tendus de papier teint vert, courent des bordures ornées de médaillons. Silènes et bacchantes y boivent et y dansent. C’est la première chose qu’elle voit en se réveillant le matin, la dernière qu’elle regarde avant de s’endormir au soir. Deux divinités surtout la préoccupent. Elles sont au centre de médaillons plus grands que les autres, et surmontent les portes.  L’une est dansante, riante et jolie. Vêtue de bleu, elle est la jeunesse et la joie de vivre, l’appel du sang, de la vie, vive comme l’oiseau. L’autre, en face, est méchante, effrayante et grave. Elle est la vieillesse et la tristesse, l’attrait de la mort, la séduction mélancolique. Aurore se méfie d’elle. Elle la regarde de loin et de biais. Le thyrse qu’elle a en main parait bien menaçant à l’enfant. L’été, Aurore ne peut la voir de son lit. Mais l’hiver, son lit, rapproché de la cheminée, lui fait face. »

Sommes-nous devenus adultes, et vivons-nous dans le réel ? ou sommes-nous restés des enfants, en choisissant de vivre toujours dans le monde, ce monde qui est aussi ordinaire et vécu, qu’imaginaire ? Des enfants si heureux au cinéma ?

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22 réflexions sur “CAMERA OSCURA _____ ______ _______ (Lire Balaert)

  1. A vrai dire, c’est tellement poétique, que je n’ai même pas envie de réfléchir à se que tu dis, c’est si jolie.Comme une litanie de mots, à la sonorité poétique. On dirais une compte de Marcel Pagnol, qui narre son enfance, ou  »le Chateau de ma mère ».
    Désolé, je te laisse un peu seul dans l’histoire, sa t’apprendra à avoir de si jolies formulations🙂 !!

    Allé, je me refais un kiff de te relire🙂

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  2. Qu’est ce que le reel ? Est il le même pour chacun d’entre nous? Assurément non : Ce que nous vivons ,pensons,déduisons aujourd’hui résulte de notre passé ,de notre éducation (assumée ou rejetée) etc…..Nous sommes restés des enfants,je dirais même que nous voulons rester enfanfs…Peut-être parceque l’enfant ,lui,rêve ,rêvait à un monde que nous ne trouvons pas ,ne trouverons pas…..
    F.

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  3. Nous avons tous un enfant en nous; c’est le coin de l’émerveillement qui nous permet de rester jeune et de rêver. Il ne faut pas le tuer.

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  4. Est-ce être adulte que de laisser l’imaginaire sur le bord de la route comme on abandonne derrière soi un chien encombrant, qu’on démarre la voiture en le laissant sur l’aire de repos ? Je ne crois pas qu’il y restera et y trouvera joie et contentements. À quoi rêvent nos enfants aujourd’hui, de qui et quoi leurs chambres sont-elles peuplées… Mickey, Donald, un reflet au plafond, les lumières passantes à travers les volets, des animaux en peluche… Les nouvelles muses. L’imaginaire nous rattrape, le chien va partir à la recherche de ses maîtres, se perdre, peut-être trouver refuge dans un lieu d’accueil. Nous ne pouvons pas savoir, mais ce qui est sûr c’est qu’il n’en restera pas là. Percevoir le réel tel quel, sans imaginaire, ce serait comme partir à la recherche du chien après l’avoir abandonné, alors qu’on n’a plus trace de son passage ni d’aucune bête que ce soit.

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  5. Nous sommes restés des enfants je crois.
    L’adulte ne serait -t’il pas que l’entité « qui fait le bilan du potentiel », des rêves ou de des chaînes de cet enfant, tentant soit de les réaliser, soit de les briser ?

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  6. Un sage disait sourire Quand on projette un film sur un écran de cinéma, les péripéties du film sont fictives, elles n’existent pas vraiment. Ce qui est réel, c’est l’écran sous-jacent. Ainsi, le monde extérieur est projeté sur l’écran du SOI.

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  7. L’étude de l’Écran, voilà le grand point de controverse philosophique. Les uns, et ils sont nombreux à notre époque, ils affirment que l’Écran est tout de chair et d’os…sourire

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  8. On ne voit pas les choses de la même façon/manière c est prouvé
    l’œil (physiologique) et la perception (psychologique).peut ‘inverser les couleurs est de changer de vocabulaire…sourire

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  9. Nous sommes des enfants qui jouent à êtres grands..le premier mot,la première pensée du début de notre vie est:Maman et,lorsque la fin est là en mourant ,nous le prononçons une dernière fois.

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