Utiles objets futiles : QUI PEUT ECRIRE SANS FETICHE ? _____ _____ _____ (Lire Balaert)

Pourrions-nous écrire, créer ou même simplement vivre sans le regard de ces objets sans usages, qui peuplent nos lieux de vie ? Sont-ils des voix, d’ancêtres ou du passé? Des images ou  des fantômes, des reproches ou des regrets ? Eux qui me survivront, m’enterrent-ils ? Ou me donnent-ils, avec la direction, le courage de la suivre ? Quels sont les objets fétiches qui veillent sur votre bureau, comme des dieux ou des démons  ?

A titre d’exemple d’intime et de sacré, voici le bureau de George Sand, vu par Ella Balaert :

« J’entre dans le bureau de Sand. Elle est assise sur une simple chaise héritée de son père, penchée sur sa feuille. Sa main trempe régulièrement la plume dans un encrier de faïence blanche. À portée de main, sur les trois tablettes d’un bureau long de plus de deux mètres, deux boîtes : dans l’une, une pile de pages blanches; dans l’autre, des cigarettes[1]. Quelques souvenirs aussi, un jouet de Jeanne, sa petite fille morte, un éléphant de porcelaine, quelques échantillons minéralogiques. Un petit pot fait office de cendrier : Sand y éteint ses mégots dans l’eau. Pas d’autres excitants, depuis toujours, que le tabac et le café noir sans sucre – ni opium, ni alcool, passé le verre de lait et la limonade des premières années.»

En savoir plus sur son livre : George Sand à Nohant, drames et mimodrames, (Belin)  http://ellabalaert.wordpress.com/


[1]              Le bureau que l’on peut voir actuellement à Nohant n’est pas celui sur lequel elle travaillait. Celui-ci a été cédé par les petites filles de l’auteur à  Henri Amic, pour son musée George Sand, à Gouvieux, dans l’Oise. Mais il s’est perdu pendant la deuxième guerre mondiale.

12 réflexions sur “Utiles objets futiles : QUI PEUT ECRIRE SANS FETICHE ? _____ _____ _____ (Lire Balaert)

  1. Nos souvenirs et de significations internautes
    Certains objets peuvent ne pas être aussi inutile si nous croyons que la beauté est ce qui rend la vie vaut la peine
    J’ai bien aimé votre article

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  2. Peut-être les objets sont-ils la forme d’existence la plus élaborée, ayant (presque, ou du moins plus que nous) accès à l’éternité ? Bon, jusqu’à preuve du contraire, il leur manque la conscience… Que penserait un objet conscient d’être un objet ? N’est-ce pas ce que nous tendons à devenir ?

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  3. Moi, j’ai aussi mes clopes, ma tasse de café, et des cadeaux de mes proches, comme un bouddha offert par ma mère, une horloge de mon frère, et un chat porte-bonheur affreux qui lève et abaisse son bras grâce à sa cellule photovoltaïque…que mon meilleur ami m’a rapporté d’un voyage…c’est bien sûr la force du souvenir, et le besoin de se rassurer dans les objets du quotidien.

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  4. Mes objets fétiches

    Agrippé à sa lampe de bureau
    Un petit singe magnétique
    Revêt son gilet de tricot
    Une petite veste magnifique
    Sous la lumière brillent les plumes
    D’un petit oiseau de métal
    Il a le bec d’or et d’écume
    Un bel écrin original
    Et puis cette trousse brodée de blanc
    Tranchée du noir nous dit pourtant
    Libre d’écrire ce que je veux
    Un fétiche juste un peu précieux
    La boite à clefs me fait penser
    Au coffre qui a transporté
    Le conte Dracula en bateau
    Quand il retourna au château
    Et puis les photos souvenirs
    Un chat perché comme un sourire
    Trois iris un cadre maison
    Une pile de livres et des crayons
    Les objets auxquels je tiens tant
    Sont reliés à d’autres temps
    Et m’enveloppent de leur ambiance
    Propice à la belle résonnance
    D’une écriture en poésie
    Quand elle me saisit de l’envie.

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  5. Quelques objets inutiles,futiles d’apparence ont parfois beaucoup d’importance…..Quelques uns « trainent » ici et là dans mon appartement ,chacun un souvenir rappelant….Ils sont le « déclic » de la mémoire…..

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  6. Bojour Jean-Paul
    Quand nous écrivons nous avons tous quelque chose qui nous vient en aide si nous sommes en manque d’inspiration. Il nous suffit parfois de regarder quelque chose ou quelqu’un pour reprendre le cour de notre écriture . Le regard posé sur une chose ou un être humain , un chat , fait s’envoler nos pensées et par là même relancer un fil conducteur dans nos écrits
    Bonne journée
    Cordialement

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  7. Je suis assez détachée des objets. Je n’en ai aucun d’inutile sur mon bureau. Non, vraiment, je ne peux pas dire que les objets m’inspirent pour écrire. C’est plutôt un état d’âme ou un regard vers ma fenêtre. Merci pour le texte, j’aime bien.

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