INEXISTENCE 4: l’évidance

Chaque jour de travail évide hommes et choses. Toute existence se voit taraudée par une patiente évidance. Produire, c’est évider. Comme ce qu’une chose est censée être coûte toujours trop cher, toute marchandise est coupée, comme un vin. Dans sa composition, tout le coûteux est peu à peu remplacé par un ersatz, vaguement équivalent et autrement plus compétitif. Mieux : si la quantité baisse encore, le consommateur remplira la partie vide de l’emballage par un travail supplémentaire de l’imagination. Nous sommes même prévenus, par une date de péremption, que notre marchandise cessera officiellement d’exister à très bref délai. A nous donc de la détruire rapidement, et de jeter l’emballage. Est-il vraiment dans tout cela question d’existence ?

20 réflexions sur “INEXISTENCE 4: l’évidance

  1. De ce que j’ai compris de tout ce qui précède, seule l’inexistence existe; quel beau paradoxe.
    Paul Costopoulos

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  2. « remplira la partie vide de l’emballage par un travail supplémentaire de l’imagination » :

    je dirais plutôt par un travail supplémentaire rémunéré. Car c’est bien cela qu’il faut aussi régler à la caisse : l’air de la boite….

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  3. « Mieux : si la quantité baisse encore, le consommateur remplira la partie vide de l’emballage par un travail supplémentaire de l’imagination. » C’est trop prêter de sentiments au consommateur, son imagination n’est rien d’autre que le rappel de ce qu’il a vu dans la publicité!

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    1. Je crois au contraire
      qu’il s’agit d’un véritable travail,
      susceptible d’exploitation:
      il s’agit de temps passé,
      et non de sentiment.
      Calculez à la loupe
      l’emploi du temps
      d’une de vos journées,
      et reparlez-m’en…

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      1. Lorsque nous passons à la caisse, le « vide de la boîte » correspond aux frais de pub, de transport, de com, de l’assiette de caviar du patron…alors à ce moment précis nous remplissons notre pensée des images qui nous ont « manipulé ». Le vide de la boîte de kinder est alors occupé par le sourire de notre enfant et nous sommes en proie au « dilemne du consommateur bienveillant » : vaut-il mieux que j’achète de la joie à mon enfant ou que j’achète de la raison en reposant le paquet? Lorsque nous choisissons la première option, il est clair que notre imagination travaille mais elle est conditionnée par l’environnement du produit (la pub, le paquet, le rayon, le contexte, le besoin physiologique etc.)

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  4.  » Dans sa composition…Mieux : si la quantité baisse encore, le consommateur remplira la partie vide de l’emballage par un travail supplémentaire de l’imagination.  » En effet, une fois de plus le propre de beaucoup de marchands… travailler ou jouer avec notre imagination…

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  5. Nous faisons de notre planète cette grande poubelle du jetable, du « à usage unique », du consommable périssable à courte échéance. Mais que fait l’Homme pour « l’être » ? Aligné au rang du produit, il oeuvre de rentabilité, laissant la paresse et le désoeuvrement au rang du rejetable… C’est de survie dont nous sommes dotés, pas d’existence. Et si les métiers de la parole sont aussi en danger de survie, c’est bien qu’ils représentent par là même le risque d’amener à penser. La monnaie est sensée combler toute forme de vie par l’appat de la possession, par la consommation. Serions nous plus malheureux à n’avoir que l’essentiel ? L’essentiel est-il ailleurs ? Et si notre seule porte de sortie était l’amour, l’ouverture, le don ?
    Parfois je me dis que se contenter d’être authentique est déja bien… « Le mieux est l’ennemi du bien » parait-il.

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