PEUT-ON VIVRE SANS RISQUER SA VIE ? ______________ (lire Balaert 4)

Que l’on saute par la fenêtre ou que l’on prenne toutes les précautions du monde, cela ne change rien : on a toujours le choix entre faire quelque chose, au risque d’échouer, et ne rien faire, au risque de l’endurer, mais dans les deux cas, on risque sa vie. Quelle est la manière la plus subtile et la moins risquée de risquer sa vie ? Que préférons-nous perdre ?  Socrate risquait sa vie en questionnant, Galilée en cherchant, Molière en jouant. Car même sans mise à mort, nous courrons tous le risque de mourir en faisant ce que nous avons choisi de faire. La mort n’est que la loupe, l’arrêt sur image de nos choix. On comprend peu à peu que le grand risque serait de ne rien risquer.

Vivre, c’est risquer sa vie, chacun à sa manière. Alice, le personnage de Pseudo, a choisi de risquer sa vie en jouant : 

 « Il y a cette violence. Elle est ma sève. Elle est sans nom, mais elle exige de tout risquer sur un tapis, de tout miser sur un homme. Elle veut l’adrénaline, l’excès, les choses en grand. Dans les bras de Tony, c’est comme quand je gagne au poker: j’ai le sentiment d’exister. Ça ne dure pas. Mais l’instant est magique, absolu. Je donne tout. Je prends tout. Je sais très bien qu’après, il retourne vers sa femme, et qu’alors, c’est comme quand je perds, je ne suis plus qu’un tas de néant, bon pour le caniveau.  Mais ma vie entière est là, dans ce balancement. Mon destin va du tout au rien, et c’est le hasard qui pousse ou retient l’escarpolette. Tout en haut, tout en bas, tout en haut. »

 Il y a des milliers de styles de vies possibles. Mais le jeu est sans doute celui qui ressemble le plus au risque même de vivre :

« Chaque jour qui se lève ouvre une partie neuve et jette un nouveau dé : chaque nuit qui s’achève sonne l’heure du jugement. Tu parles du balancement de ta vie (passons sur l’image, quoiqu’il y ait à écrire, dessus). Je dirais plutôt que tu mets à chaque instant ta vie dansla balance. Tu pèses tes pertes comme Horus l’âme des morts et ta vie ne tient qu’à cette plume, qui repose sur son plateau. C’est-à-dire sur ton tapis. Le jeu est plus pour toi qu’un passe-temps. C’est un mode de vie, une façon d’être, de penser, de te lancer dans chaque aventure. C’est toi qui nous donnes une leçon à chaque instant : toi qui nous secoues et  nous invites au pari. Entends ce mot comme tu veux. Au sens du  tiercé dominical. Ou au sens du pari de Pascal. Avec au bout, possible, un bonheur absolu. Plus haut, toujours plus haut. »

35 réflexions sur “PEUT-ON VIVRE SANS RISQUER SA VIE ? ______________ (lire Balaert 4)

  1. voilà une question bien pertinente que je pense que beaucoup pourront te donner de leur avis cher Jean-Paul !!!

    Le Risque De La Vie.

    Vivre sans risquer, n’est point vivre
    La vie est un combat
    Que nous risquons chaque jour
    Car le pont bien que droit
    Parfois les virages sont obtus de non-sens.
    Vivre sa vie sans danger
    Est-ce vivre sa vie à cent à l’heure ?
    Vivre quel beau mot que celui là
    Que nous voulons alors en profiter
    D’aller ici et là alors que péril sonne
    À nos portes non protégées d’un blindage doré.
    Vivre sans oser, n’est point vivre
    La vie est un combat
    Une bataille à gagner contre le temps
    À combattre contre les grands moulins à vent
    Tout comme le conquérant espagnol
    Avec son immense lance d’argent
    Qui avait trop abusé de sa gnole.
    Vivre, vivre sans la tentation
    De vouloir aller plus loin, hors de nos limites
    D’aller flirter parfois avec le diable,
    De se brûler les ailes aux anges déchus.
    Vivre sans risquer, n’est point vivre
    La vie est un combat de longue haleine
    Et lorsque ce moment de partir viendra
    Nous serons fiers de dire que
    Nous avons vécu une vie pleine de richesse,
    Et de folie, de s’être alors senti bien vivant
    Dans son corps, son âme et son cœur.
    Vivre sans risquer, n’est point vivre
    Alors vivons nos instants de liberté
    Avant que nous mettions pieds devant,
    Direction le royaume des trépassés.

    Paul Andrews
    Écrit le 20/10/2011.

    bien à toi et au plaisir un jour de te croiser sur mon blog

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  2. Et s’il était possible de vivre, tout simplement, une fois le risque osé, dépassé, consommé ?
    Serait-ce un prochain thème d’article à venir ?
    Auquel cas, je l’attends avec impatience.

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  3. Mais bien sûr que la vie n’est qu’un jeu! Chaque jour, chaque seconde est un nouveau pari, où on peut gagner ou perdre, mais gagner ou perdre quoi au fond? l’essentiel, c’est de se lever, de parier, quelques en soient les conséquences. Pour moi, ce qui me motive, c’est de ressentir, la peine, la joie, l’angoisse (hummmmmmm, quelle douce sensation, pas vrai JP?), l’amour, l’amitié…toutes ces sensations, c’est pour cela que l’on se lève, qu’on bosse, qu’on sort, qu’on rencontre les autres. Même si la vie n’est rien, même, si nous ne sommes que passage, même, si ça sert à rien, on ne vit que pour cela. Et en ce qui me concerne, je trouve que ça valait le coup de me lever ce matin, parce qu’avec mes collègues aujourd’hui, j’ai bien ri…Il ne faut pas justement soupeser, il faut prendre, l’instant, la sensation au moment où elle se présente, c’est vrai, j’ai pas ri toute la journée, mais les minutes où j’ai ri sont les plus précieuses de ma journée. Le reste, je l’ai déjà oublié…

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  4. finalement, j’ai pas fini…heureusement, que la vie est risquée. A tout instant, la mécanique fragile de nos corps, de nos esprits, de nos vies, peut se rompre. Ca saute aux yeux pour les personnes qui meurent brutalement, mais cela est valable en tout. Tout notre entourage familier peut basculer d’une minute à l’autre. Sortir, on peut se faire renverser par une voiture, rester chez soi, une fuite de gaz peut vous tuer, un appel d’un ami, peut ensoleiller votre journée. Mais, si ce n’était pas risqué, ça vaudrait pas le coup!

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  5. c’est vraiment la fin cette foi, quoique…si l’on réfléchit, par rapport à ce que vous disiez de l’angoisse, c’est parce que c’est risqué qu’on doute, et parce qu’on doute, on se sent vivant. La boucle est bouclée!

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  6. je ne connais pas « pseudo » mais ça a l’air d’être fort
    hier soir un film me bouleverse  » million dollar baby  » de clint Eastwood , et la on est en plein dedans , c’est cette adrénaline à 100% pour fuir cette non vie et ce déchet que nous en faisons, la vie devient alors cette dépense d’énergie qui propulse parce qu’il n’y a rien à gagner dans la staticité et la peur ni à s’enfermer dans un excès de prudence pour éviter l’échec ; alors vivre pour prouver que l’on existe , à soi même et dans ce mouvement d’énergie épouser la vie
    il y a sans doute plus au film mais cela est écrasant!
    au delà de ça , un système comme comme celui des US , s’il génère des déchets à l’extrême et induit un confort malsain, laisse aussi l’être humain face à lui même et cet dans cet humain que la matière de la vie brille , dans ce point de rupture sans avenir mais qui laisse la force somptueuse de vivre, la beauté de la pauvreté

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  7. Très juste. Bien vivre, c’est risquer en connaissance de cause. Ceux qui craignent le risque invitent un peu de mort de leur vivant… Au bord de la mort, on ne se jugera pas coupable d’avoir été malheureux, on se jugera coupable d’avoir été lâche.
    Le risque amoureux est celui qu’on rencontre peut-être le plus souvent sur notre route. Il peut prendre deux formes principales, bien différentes : la passion, et la vie conjugale. Certains craignent l’une, certains craignent l’autre… Je n’ai encore rencontré personne qui ait peur des deux, heureusement…

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  8. trouver des beautés partout , c’est exactement cela , car que sait on de la vie , je suis frappé de l’éclat du vivant, ni beau ni moche mais de fait tout simplement beau, parce que vivant

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  9. Peut-on séparer la vie du danger? La vie elle même n’est que danger, constance de la tension. La vie n’est pas la vie, mais la mort, l’acheminement vers et pour le danger de cesser de mourir. La vie nait du cri, du danger de la mère de mourir et toute la vie est danger de mourir. Il me semble que la vie est un risque en soi, que la vie « est » le risque. Risque d’être ou de ne pas être, de faire ou de ne pas faire, de faire mal ou de faire bien.

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  10. Bonjour,
    Pourquoi faudrait-il avoir raison de dénaturer le plaisir du jeu qu’est la vie en ne s’interrogeant que sur ce qu’on risque, en ne voyant que ce qu’on peut perdre et en ne pensant qu’à l’issue fatale ?
    À la page 296 de « l’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, le jeune héros de 12 ans se demande quand un enfant devient-il un adulte. Il ne sait pas vraiment mais il constate que tous les adultes qu’il a rencontrés ont 10 caractéristiques qui font qu’il peut les reconnaître. La 10ème est « on ne se réjouit jamais de rien ».
    Je me demande sincèrement si vous parvenez à vous réjouir si vous envisagez la partie comme une possibilité de manipuler les autres ou d’être manipulé, de tricher ou d’être dupé, de penser qu’on ne peut que perdre puisque de toute façon nous mourrons tous? Il est où le danger? En nous?

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  11. Quelle judicieuse question pouvons nous vivre sans risquer ça vie ? Je ne crois pas , car la vie est un risque en elle-même , il faut osé pour grandir , osé pour tomber et se relevé . Vivre sans rien risquer serait d’un ennuis mortel .

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  12. le seul risque que j’entrevois est celui de perdre sa vie , en ne considérant pas sa valeur et d’être au seuil de la mort avec de profonds regrets

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