SE PROMENER, C’EST PENSER (Ontologie négative 12)

Il y a des expériences du vide, et la plupart sont salutaires. Ainsi le promeneur est-il celui qui n’a pas peur que sa marche soit sans raison. Le vide est la condition de la promenade, comme de la pensée. Car la démarche du promeneur, comme celle du penseur qui ne sait rien, est celle d’un mobile sans mobile, qui accepte d’avance l’absurde comme la condition d’un sens qui ne soit pas vain. En effet, il serait aisé de postuler un sens préalable, à la manière d’un objectif, ou d’un plan caché, mais la découverte n’aurait alors que la piètre valeur d’une confirmation de nos espérances ou de nos manipulations. Le promeneur, comme le penseur véritable, a l’audace du rien : il plonge dans le désert et l’indéterminé, il part sans savoir ce qu’il cherche, ni comment le reconnaître, et surtout sans la peur de l’échec. Car, s’il n’y a rien, qu’importe au fond qu’il trouve quelque chose ou rien ?

Et est-ce au fond si différent, si le vide est précisément ce qui peut aussi bien être n’importe quoi ? En un sens, nul ne sait ce qu’est le vide ; pas plus que la mort, et pour la même raison. Le vide inquiète et séduit toute démarche, comme ce qui peut être n’importe quoi, autrement dit comme une libre et souveraine plasticité. 

80 réflexions sur “SE PROMENER, C’EST PENSER (Ontologie négative 12)

  1. Je ne peux m’empêcher de citer cette phrase de Dainin Katagiri : “ Le véritable sens du vide c’est l’immensité “. Tout un non-programme. A bientôt.

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  2. Là, je vous suis. Qu’importe en effet s’il n’y a rien au bout l’important est de « se promener » .Et c’est la meilleure façon -d’ éventuellement -trouver qq chose.

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  3. Et Vlan! Je me prends la balade en plein dans la blague à bulbe. Si je reconnaissais sans barguigner à nos vieux philosophes l’art d’enseigner en marchant, comme le pratiquèrent aussi les belles péripatéticiennes de l’Antiquité vilipendées sinon pendues ensuite, plus tard par Nietzsche, il me fallait à toute promenade partir en quête de « quelque chose », d’une ruine, d’une masure de château ou de moulin , de vestiges cachés, de souterrains secrets, que sais-je? Toujours en pareille circonstance mon regard se portait loin au devant de mes pieds….et peut-être ainsi de « mes vrais yeux » aussi… Aucune promenade qui aurait été dépourvue d’objectif/alibis ne m’enthousiasmait tellement j’en redoutait la monotonie supposée quand la véritable monotonie était toute entière contenue dans ma soif permanente d’insolites représentés et pauvres, d’inattendus très attendus sinon toujours décevants…Il m’est même arrivé ainsi de parcourir le monde rien moins, et surtout en en voyant bien peu.
    Steph.

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  4. That’s right! When we have to develop a poem, article, short story and so, often we need stand up and walk around for hours to light some thoughts. We walk to be free to welcome a meeting, a thought, everything o nothing.

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  5. Ne rien faire c’est bon quand on a passé sa journée à s’occuper de choses minutieuses. Alors faire une promenade permet de se défatiguer de ses occupations. Et donc de faire le vide. Bonne soirée.

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  6. « L’audace du rien », voilà une expression que j’aime particulièrement – et qui me fait penser aux « conquérants de l’inutile » (les alpinistes, risquant leur vie entre le roc et le ciel). Mais je pense que le « rien absolu » n’existe pas. Il y a toujours quelque chose. Et c’est la rareté-même de cette chose, la possibilité d’un accident minime, d’une rencontre fortuite, qui rend ce rien attrayant. Ne serait-ce que dans la confrontation du vide en soi avec le vide autour de soi. Il y a alors comme un bouillonnement fécond dans cette frontière ténue. Puisque la nature a horreur du vide.

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    1. D’accord avec vous: le rien absolu, qui est le néant, a beau faire de son mieux pour s’autodétruire, il est encore un rien, c’est à dire une alliance entre l’existence et l’inexistence, car son oeuvre même de destruction est tout à fait réelle. C’est donc toujours le « quelque chose » qui nous fascine dans le rien.

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  7. Bonsoir,

    De toutes mes expériences du vide, aucune ne m’a été salutaire. Depuis, j’accorde à toutes mes promenades une raison : la mienne. C’est elle qui m’amène ici, aussi.
    Pour penser, il me faut une matière, même rien en est une. Mon esprit est ainsi fait qu’il n’abandonne plus aucune seconde au vide car il n’aime pas tourner fou. Toujours, il se pose sur quelque chose même si cette chose est infirme, même si cette chose est infiniment futile et inopérante.
    Je ne vous suis pas non plus lorsque vous affirmez que la joie est le plaisir de l’angoisse. Si je comprends de quoi mes angoisses me protègent parfois et en quoi, elles peuvent être utiles, je dois avouer que dans la plupart des cas, elle transforment atrocement mes perceptions de la réalité (source de plaisir) et ne me procurent aucune joie.
    Bien sûr, je ne possède pas toutes vos connaissances et sans doute, vous ai-je mal compris.
    Pouvez-vous me guider?

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    1. Le sentiment d’inexister, que me semble être l’angoisse, procure, de son fait même, le sentiment d’exister.
      Il y aurait donc un bonheur possible dans le fait même de l’angoisse.
      L’endurance de l’atroce est heureusement
      le contraire de l’atroce
      je ne suis pas sûr d’être plus clair
      dites-moi

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      1. As tu déjà frolé l’angoisse pour en évoquer une notion de plaisir associée ? A moins que le bonheur soit perceptible quand cette angoisse s’évapore et disparait pour un temps incontrolé… La souffrance peut elle être associée au bonheur ? Je cotoie l’angoisse dans mon quotidien et je ne vois aucun bonheur dans le regard de ceux qu’elle habite…

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        1. J’ai tenté d’unir les deux dans la notion de trajectoire. Mais c’est une solution individuelle. Notre responsabilité d’autrui va peut-être jusqu’à une insoumission qui réclame une certaine présence. A moins que fuir n’ait encore ses vertus. La notion d’effronterie n’est-elle pas tentante?

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  8. Moi, pour comprendre, j’ai besoin de rapporter les concepts à la vie quotidienne. Et comme nous le disions dans un article précédent, le monde du travail permet de rendre la pensée peut-être plus concrète. Si je prends par exemple mes collègues, qui ont un CDI, ils n’angoissent plus, ils n’ont plus peur. Mais, ils sont « blasés » si je peux dire. Moi, qui suis dans une situation plus précaire, j’ai encore les angoisses de savoir ce que je vais faire l’année prochaine….mais d’un côté, cette angoisse est créative, elle me pousse à profiter de l’instant présent, à donner le meilleur de moi même pour rester, et donc, est source de bonheur.
    Dans la même idée, je me dis souvent que ce travail, est en quelque sorte une promenade, un passage, et qu’il est absurde d’essayer de savoir quelle sera l’issue, ce qui compte, c’est ce que je vis au présent, même si je ne trouve rien au bout ou même si la suite est absurde, je serai riche d’avoir vécu l’expérience.

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  9. Sans vouloir se faire trop cuistre, on pourrait répondre qu’à ce moment-ci du considéré le « plein du vide », acharné et méthodique, rencontre l’intense « vide du plein », sans concession ni possible aménagements, et alors peut-être est-il envisageable de rire du « quotidien » en le dépassant après l’avoir réalisé. En aucun cas autrement ou à moins.

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      1. Votre pensée, votre écriture, me font parfois penser à Montaigne, à sauts et à gambades, sans craindre les contradictions (car ne disiez-vous pas ailleurs que le bonheur naissait par opposition à l’angoisse du vide ? Ou bien l’ai-je rêvé ? Mais rien n’est sûr en ce bas monde, n’ayons pas peur des apories)

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        1. En effet, j’ai longtemps défini l’angoisse par le néant, et le néant par le mal, puisqu’il est destruction. Mais justement: peut-on détruire une autodestruction, et rêver d’un homme sans angoisse? Peut-être vaut-il mieux tisser son bonheur avec.
          Quant aux contradictions, je les assume si elles sont dans la chose: j’ai trop peur qu’en les proscrivant on omette d’un coup tous les problèmes du réel.

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      2. Oui, oui, c’est ce que je voulais dire, sans angoisse, sans l’expérience du malheur, je ne vois pas comment on peut avoir conscience de son bonheur. Les deux sont liés, comme tous les contraires. C’est ce qui rend le réel compliqué, et en même temps, c’est un principe simple qui marche assez fréquemment…
        Dur d’expliquer le réel sans contradictions et sans nuances… « Le monde est une balance pérenne ».

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        1. Montaigne parlait même de branloir pérenne. Il est vrai qu’il pensait sans doute au branle, ce hamac que les marins détachaient avants les combats. C’est donc bien l’idée de balance.
          Mais, si certains contraires se font valoir, d’autres luttent à mort. Et puis que faire d’autre que lutter, contre ceux qui détruisent tout?

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  10. C’est drôle, cette obsession du vide, comme s’il fallait nécessairement l’expérimenter pour toucher du doigt la condition humaine dans une vérité….moi qui suis assez fragmentée dans mon genre, j’expérimente dans mes très longues déambulations quelque chose qui s’apparente à une forme d’équilibre: se laisser transpercer par des idées, certes fugitives mais là, et faire cette unité du corps et de l’âme par les sensations du corps en marche….autrement dit, ni un vide ni un plein, plutôt une interaction douce ou un va et vient entre ces deux états…..une anomalie :)?

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      1. Honnêtement, je ne sais pas vous répondre…..je dirais simplement que je n’ai ni l’angoisse du vide ni celle du plein, et que ce ressenti de fragmentation est plutôt l’expérimentation d’une non permanence d’état ou de vérité d’être formelle qui me serait attachée….

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        1. Toujours est-il que « la politique » et la pensée d’un monde qui n’en finit pas ont horreur du vide ou de la vacuité. Il est voir comment pour combler à la fois l’une et l’autre (distinguer les nuances innombrables entre « vide » et « vacuité » et « vices du rien ») que d’Art, que d’Art déployé et puisé avec acharnement au fond de la sottise la plus et débecquetante.L’affaire DSK/NAFFISATOU/BANON dans la totalité de ses « attendus » nous offre indiscutablement un tableau qui n’est pas véritablement un tableau du genre « Un diner sur l’herbe » ou  » L’origine de l’humanité »…Il faudra bien en tenir compte, se le tenir pour dit, à ce stade c’est bien l’immense pauvreté de ce monde qui est en cause, de son vide, de sa vacuité comme de son plein…
          Steph.

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          1. Ce qui compte pour rien, en politique, c’est le peuple, le « corrélat d’un projet de domination », comme dit Rancière. Ce sens du mot « rien », toujours présent à mon esprit, est une des raisons de ma tentative de revalorisation du rien. Dans la démocratie elle-même, les tendances sont puissantes, sinon toute-puissantes pour faire glisser le peuple, de son statut de souverain à son rôle coutumier: compter pour du beurre. L’affaire que vous évoquez, dont nous ne connaisons ni les faits ni les instigateurs s’il y en a, est révélatrice à cet égard: considérez la facilité avec laquelle nous sommes passés d’un vainqueur attendu à un autre vainqueur attendu pour les prochaines élections. Est-ce le peuple qui décide, ou des sondeurs et journalistes, dont l’autonomie par rapport aux puissances de l’argent est relative? Le capital, combien de voix?

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  11. Le Vide est Plein
    et même la Physique le dit
    (Effet Casimir)
    Alors nous en sommes venus
    nous y retournons
    Quelle … CHANCE!! (((-:

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    1. Oui, le vide est plein…
      c’est tout autre chose que de dire que le plein est vide.
      Quant à la chance, il faudrait qu’il y ait autre chose pour que nous puissions la mesurer…
      Mais y a-t-il autre chose? Et quel besoin avons-nous d’autre chose,
      s’il peut prendre la forme, la couleur et le tact de chaque chose?

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  12. Bonsoir Jean Paul
    Le vide c’est aussi la tranquillité . La promenade a pour but de retrouver une certaine sérénité et aussi le rêve d’autre chose de la vie . Se vider la tête des soucis , de la maladie , du fric et de tous ces tracas . Être en pleine nature seul , respirer le calme redevenir un peut comme un enfant qui redécouvre la paix et le rêve
    Amitié

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  13. Que dire de Kierkegaard, de Pessoa, de Albert Cossery dont chacun estimera -à tort ou raison- s’ils étaient ((ou non )) des « philosophes »…

    Après quoi, naturellement nous nous interrogerons avec impertinence sur ce qu’est, chez les badernes modernes ce qui relève – ou pas- de la fameuse filosobonnefille si complaisante qu’à la fin elle tolère définitivement tellement tout…et s’agenouille.

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  14. Savez-vous quoi? Je suis à cuisiner une excellente tarte aux poires et aux pommes que je risque fort de louper, comme j’ai loupé mon rencard avec Michel Onfray à qui j’entendais démontrer l’inanité de quelques considérations malheureuses siennes. M.O est très occupé d’où le rencard manqué, moi aussi: d’où la tarte ratée.

    Pas grave!

    Nous, nous tenons nos conférences plutôt prisées, non filmées ou vidéastées dans des bistrots un peu prolots, ponctuellement, au gré de nos inspirations et de nos goûts.

    Mais Michel est un voisin…………
    Steph.

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  15. les amis du negatif (@nosotrosincontr) dit :
    Votre commentaire est en attente de validation.
    5 octobre 2011 à 2:06

    Savez-vous quoi? Je suis à cuisiner une excellente tarte aux poires et aux pommes que je risque fort de louper, comme j’ai loupé mon rencard avec Michel Onfray à qui j’entendais démontrer l’inanité de quelques considérations malheureuses siennes. M.O est très occupé d’où le rencard manqué, moi aussi: d’où la tarte ratée.

    Pas grave!

    Nous, nous tenons nos conférences plutôt prisées, non filmées ou vidéastées dans des bistrots un peu prolots, ponctuellement, au gré de nos inspirations et de nos goûts.

    Mais Michel est un voisin…………
    Steph.

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    1. Les cadors de la double pensée rivés aux « chaines du savoir représenté », celles mises à l’honneur dans le spectacle de la fausse contestation et de la fausse conscience aux abois, (lire à ce propos J.Gabel) tire sur leurs chaines espérant ainsi vainement en allonger les maillons en dépit du collier qui tellement les blesse et leur inspire une infinie reconnaissance servile et pathétique.
      Il ne gémissent en rien dans leur souffrances mais soupirent d’aise et de de plaisir dans leur servitude volontaire.

      Et c’est partout que, sans pitié, l’on se moque d’eux.
      S.

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      1. Pour tant de raisons, à dire une autre fois, ou ailleurs,
        j’aime, profondément, intimement, votre ton, votre style de pensée.
        et pourtant, même s’il sont aussi nécessaires et justes que jubilatoires,
        je suis troublé par leur emploi. Car ils soulignent la différence avec d’autres,
        qui pensent autrement et autre chose, et au fond, pourraient aussi avoir raison.
        Mais aussi et surtout parce qu’ils semblent refuser par avance toute alliance possible
        ou toute simple connivence, avec qui que ce soit qui s’écarterait des attendus.
        Le rôle de la minorité la plus révolutionnaire, ainsi codifié et fermé,
        serait un des plus conservateurs qui soit,
        en restant exclusivement consacré
        à la jouissance de sa distance
        et de sa pureté .
        En espérant que vous pardonnerez ma franchise (J’ai de mauvais souvenirs à cet égard)

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  16. ll ne tient guère qu’à celui qui lit un peu de « comprendre » – au sens de « prendre avec »?- ou « de vouloir comprendre » ce qui est écrit.

    Ce fait seul, comme l’usage qui pourrait en être fait, malheureux ou non, ne saurait relever sur le fond ,la nature et même la forme du propos soutenu autant que de l’intelligence – ou de la mésintelligence- employée à cette fin contre la direction initiale du propos et non de notre fait, à « nous autres » auteurs.
    D’ailleurs cher ami, vous le savez aussi vous-même, tout aussi pleinement et assurément.

    Nous n’avons rien à vous pardonner, d’ailleurs qui le pourrait lorsque plus haut vous admettez en préambule aimer intimement et profondément (c’est là plus d’honneurs que nous n’en attentions!) ce que nous disons, pensons et même notre style jubilatoire.Ce qui s’ensuit de votre exposé semblerait s’égarer dans un procès d’intention mal à propos davantage soucieux de vous permettre quelques facilités avec ce qui vous semblera neutre et libre propre à ménager le choux et la chaine de la chèvre qui vous lient au châlit philosophique quasi métaphysique à partir duquel, avec une certaine complaisance visible, vous ne voudriez surtout pas heurter certains des lecteurs vôtres qui dans ce domaine feront montre en retour de ces grands soins qui sont les leurs de ne point vous heurter non plus, tout en paraissant infiniment sages parfois.

    Il s’entend que en « espérant » nous voir pardonner cette « franchise-là » vous estimiez seulement que nous serions en mesure de « comprendre avec » les raisons autrement incompréhensibles de cette rupture que vous semblez souhaiter et qui pour de mauvaises raisons ne se dit pas.(Voila qui serait amusant!)

    C’est à peu près ce que nous entendons d’ordinaire par « Patinage intellectuel » bien que cette considération ne puisse s’appliquer dans toute son extension à votre démarche par ailleurs plaisante à bien des égards, cher Jean-Paul.

    Les suites de cette rencontre à laquelle vous accordez des vertus d’exclusive, pour ne pas dire d’exclusion comme vous le supposez et exposez avec force a priori ne tiennent qu’à vous.

    Nous nous en remettons pour ce faire entièrement à votre sagacité comme à votre franchise.

    Bien cordialement.
    Steph/K
    pour les « amis du négatif à l’œuvre »/nosotros.incontrolados.

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    1. Cher ami
      Je n’entendais préparer aucune rupture, au contraire
      Je suis ravi de vous lire, comme d’être lu par vous .
      J’ai voulu vous parler de cette question du style,
      que Foucault nommait « politique du discours ».
      J’aimerait que les notres diffèrent,
      comme des rôles connivents.
      Pourquoi?
      Parce que je crois que certains
      doivent assumer résolument la position d’utopiste,
      si l’on veut qu’existe ne serait-ce qu’un dialogue réel entre les traditions révolutionnaires,
      voire une entente entre les traditions démocratiques .
      J’ai le souci du commun, de l’entente possible, et même de l’entente impossible.
      Au fond, je ne suis toujours pas arrivé à me défaire de l’idée
      qu’une idée rationnelle devrait être unanime
      et que notre travail était de les former .

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      1. Cela me renvoie aux longues lectures de « les mots et les choses » et aussi de « histoire de la folie » qui, à Fresnes seules pouvaient scier avec l’acier l’offensante barrière verticale sombre me barrant odieusement tout autre horizon. Avec aussi Hegel et Sénèque.
        Si les barreaux n’étaient plus…. le reste si!
        Comme pour tant d’autres….

        Pas de rupture en vue? C »est très bien…Du moins il semble.
        Bien cordialement
        Steph

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  17. Nos rares Conf’ -essentiellement bistroquières et plutôt festives- non vidéastées pour l’essentiel ont fait cependant l’objet d’enregistrements audio fort malhabiles et rares . Non moins malhabilement le siteque nous avions créé (sur Google)sur lequel nous les avions conservés a planté et tout ce qui allait avec, textes depuis 2006 ) 2009…
    Ces Conf’ devaient nous servir de matos à discussions…Pas grave: il y en aura d’autres.
    Pour l essentiel, :
    http://nosotros.incontrolados.over-blog
    tu trouveras sans peine, depuis 2007, de quoi ne pas nous aimer, ou bien le contraire.
    Bien cordialement
    Steph

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  18. J’ai parfois l’impression que les mots vous servent de valises pour y mettre tout et n’importe quoi. Pardonnez-moi ma franchise, mais j’ai l’habitude de m’en servir pour désigner d’infimes nuances, des états précis. Tous les blancs ne se ressemblent pas, les vides non plus.
    Peut-être, pouvez-vous m’orienter en me guidant vers les endroits où vous définissez ce que vous entendez par « mal » « destruction » ou « angoisse » autrement que dans des phrases génériques? J’aimerais mieux vous comprendre et ainsi appréhender un autre monde. Vous avez toujours la gentillesse de répondre à moi, à d’autres. Sans doute parce que vous jugez que cela a une importance: combler les vides. Merci

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    1. Comme vous souhaitez une réponse fouillée, je me permets de vous renvoyer à la troisième de mes Invitations philosophiques à la pensée du rien, consacrée au néant, qui définit en son sein le mal et l’angoisse.
      Quant à mon usage des mots, ma thèse sur le langage a été l’occasion de comprendre que chaque mot, par sa polysémie, est une occasion pour la pensée. Et je préfèrerais toujours une idée naissante, même mal éclaircie, à toutes ces distinctions professorales qui finissent par n’autoriser que les discours attendus.

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      1. Merci. Les mots sont les miroirs de notre pensée. Un seul peut contenir tout un cheminement. C’est ainsi qu’ils assurent contenance à mon existence. Comme vous, je me méfie des discours qui formatent les idées et me forcent à suivre un chemin que je n’aurais pas choisi ni compris.Tellement de mots sans le vouloir, me ferment tellement de portes que je n’ai de cesse d’en chercher qui restent ouvertes.

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      1. Bien sûr et je le dis aussi😉 Cependant je parlais de l’espace avec soi-même, + l’expérience en silence avec la nature et l’être humain étant aussi une part intégrante de la nature, l’un et l’autre se retrouvant ensemble = comme une ‘communion’ avec soi : )

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      2. jean paul galibert dit :
        10 octobre 2011 à 8:26

        mais moi aussi:
        faut-il avoir peur d’un vide intérieur,
        ou au contraire l’apprivoiser,
        et le laisser nous apaiser?

        ————-
        Pourquoi avoir peur…😉 Le vide c’est paradoxalement la plénitude j’ai remarqué, du moins pour moi, et c’est si agréable…

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  19. Se promener, c’est demander aux pieds de réfléter les sensations perçues au niveau du mental, dans l’entière compensation du désir corporel. Le promeneur est un bel esprit qui savoure le régal plaisir des yeux dans la conjonction sentimentale de sa liberté tel un papillon qui cherche sa belle fleur dans le jardin pour goûter au bon suc et à l’ambroisie.

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  20. Non, pas pour moi. Je ne souhaite pas me ranger parmi les adorateurs du vide (puisque dès qu’on le pense on lui accorde matière à existence). Je ne peux me résoudre à torturer les choses et les autres pour les réduire à rien. Je préfère remplir qu’évider. Produire plutôt que réduire. Parfaire plutôt que défaire.

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    1. Je propose de distinguer nettement le rien et le néant. Je crois que vous parlez ici du néant, une sorte d’autodestruction, effectivement mortifère, que nous rencontrons à l’état pur dans l’extermination, et qui est le mal. Mais au nom de quoi le récuser? Au nom de l’être sans doute, des idées, des créations, de l’idéal, de l’utopie, en un mot, du bien. Or le bien est un rien, tout comme l’imaginaire, que j’appelle le monde, ou l’absurde, que j’appelle le réel. Le rien est donc riche de tout ce qui existe sans exister, c’est ma définition. Elle permet de voir dans le rien une plénitude, une profusion de choses, certes indécises quant à leur existence, mais qui peut être certain de l’existence de quoi que ce soit?

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      1. Oui, j’ai bien saisi la distinction que vous faites entre le néant et le rien. En quoi, pour vous, le rien est porteur de sens, dépouillé du superflu, épuré, un peu comme le sont les jardins japonnais ou comme le sont certains monochromes. Le rien est une idée, un mot. Et en soi, il est un tout.
        Mais avons-nous le droit de scinder ce rien en deux ? De partager le monde et nos actions pour le penser en « mal » et en « bien » ? Les chemins sont multiples, quel est le meilleur ? N’avons nous pas à déplacer toujours nos frontières?
        Je trouve vos chemins tortueux mais le sont-ils vraiment? Sans doute pas, puisqu’ils permettent à tellement de gens d’y voir clair.

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        1. Merveilleux exemple de rien que les jardins zen: on y saisit la quasi-vacuité comme plénitude. Quant au reste, ce sont les cathares qui m’ont appris à opposer radicalement un bien et un mal. Sans cela, point de raison de s’opposer au nazisme, par exemple. Il a malheureusement existé des destructions tellement massives qu’elles ne laisent subsister aucune des voies morales ou culturelles entre lesquelles on aurait fort bien pu hésiter. C’est pourquoi ce qui détruit tout est mal, indépendamment des controverses possibles entre cultures. L’islam et le judaïsme, par exemple, ont sans doute bien des divergences quant aux limites exactes du bien et du mal, mais les nazis les ont réunis en désignant le détenu ( leplus souvent juif) qui meurt progressivement de carence alimentaire par le mot « musulman ». Tout est bon en dehors du mal pur.

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  21. J’essaie de faire de la vie, une grande promenade et je n’ai pas l’impression d’avancer dans le vide. Il y a toujours un paysage, une musique, un texte, une rencontre… une question pour se laisser aller à la pensée vagabonde. Marcher dans le vide, cela ressemble à l’errance d’une pensée qui fuit sans but précis aussi je pose la question des conditions climatiques? Sous une légère bruine, pourquoi pas, une tempête au bord de l’océan avec le vent en rafale soulevant les corps aussi, sous le soleil exactement par n’importe où commela chanson… en hivers avec une belle lumière. Il est des chemins gris qui ne mènent que vers les idées noires. Et là on se retrouve vraiment dans le vide voir même en face… Bonne journée, bonnes pensées, bonnes promenades à tous!!!

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    1. Grand merci de ce beau texte, et de cette belle intuition.
      Je crois que vous avez raison: le vide en face,
      c’est exactement ce que je tente de décrire
      comme le métaphysique.
      Et, à la lettre, c’est tout
      sauf du néant.

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  22. Très intéressante discussion. L’art, l’apprivoisement du vide, se promener, avec ou sans objectif – dans mon cas, un 80 mm fixe…
    Merci de votre intérêt pour mes images. Je lis votre blog avec un vif plaisir et y retrouve pas mal d’échos à des questions personnelles.
    A tout moment,

    François

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