L’ENVERS DU MONDE (Ontologie négative 3)

Dans les lieux publics, il y a des lieux privés. Une porte le proclame expressément, en les dérobant à la vue.  Derrière,  il y a de tout autres plans de réalité, l’envers du décor. Local technique, réservé aux initiés, aux employés, à ceux qui partagent la servitude, les gestes et le jargon de ceux qui entretiennent le spectacle qui sert de monde aux autres.

On est toujours d’un côté ou de l’autre du comptoir, du guichet, du bureau. Comme les raccourcis d’IKEA, le travail est toujours l’envers du monde, parce qu’il sait ces lieux parallèles et secrets qui relient les choses à l’insu de chacun : les plans de réalité sont les souterrains du réel.

17 réflexions sur “L’ENVERS DU MONDE (Ontologie négative 3)

  1. C’est Erving Goffman qui dans « la mise en scène de la vie quotidienne » traduit cet envers par le concept de « coulisses ».

    Bien à vous.

    J'aime

  2. il y a tout ce qui ne se voit pas afin de laisser la part belle au rêve; à la surprise, à l’inattendu afin de convaincre les spectateurs-consommateurs que nous sommes…
    il y a tout ce qui ne se voit pas afin de garder une part de mystère et autant de pouvoir que nous, spectateurs inactifs, ne puissions y accéder…
    il y a tout ce qui se voit, réalité ou illusion, pour nous faire croire, pour nous faire voir, pour nous faire accepter des tas de choses que nous, pauvres spectateurs ignares, n’aurions même pas la présence d’esprit d’imaginer…
    et finalement, toutes ces choses qui se voient, toutes celles qui ne se voient pas, font partie de notre monde et viennent nous façonner telle l’argile d’un potier ! et cela, que l’on soit d’un côté ou de l’autre du guichet, comme tu le dis si bien !
    la véritable question est peut-ètre « a-t-on réellement besoin de tout savoir, de tout voir ? »

    J'aime

  3. Je n’ai pas encore bien capté le concept pour me permettre de répondre á cet article,
    pour être capable de dire ce que je ressens tant c’est intense, si je peux me permettre je vous laisse une de mes réflexions, merci d’exister!
    Nous traversons á la hâte les journées qui nous sont données, impatients de rentrer dans les conflits, de connaître des passions, d’essayer de tout conquérir, et de voir enfin comment tout se termine.Puis quand d’un seul coup la fin devient visible, on est tout surpris.

    Et nous voila á essayer de tout freiner, désireux brusquement de savourer le temps qui passe, le soleil brille plus fort, les sourires plus tendres. et je guête les mots d’amour avec une avidité et une urgence poignante.
    C’est ce qui m’est arivé aprés avoir appris ma maladie; á postiriori quand je m’observe, m’analyse, je me dit que la vie m’offre un avertissement…
    La maladie, le manque d’estime de soi, la solitude pour tragiques qu’elles soient m’ont servi á me mettre au pied du mur; elles m’ont placée face á moi-même, et j’ai été obligée de faire des choix.
    J’ai choisi de vivre chaque jour á fond, délirer á ma facon, aimer ceux qui me permettrons de rire, et de pleurer.

    Mary-Lee

    J'aime

    1. Ce que vous décrivez si bien, ce sont des expériences de traversée de plans de réalité.
      Ici, ils sont plutôt successifs, mais ils peuvent aussi coexister, se superposer, se juxtaposer.
      La maladie est un plan, ou plusieurs, qui réorganise sansdoute beaucoup d’autres.
      Chaque journée, peut–être, fait de même.
      Je crois que vous faites plus que capter un concept, vous le vivez.
      Merci beaucoup pour votre message, et bienvenue.

      J'aime

  4. J’ai écrit en effet un monde à l’envers, celui que je vois en noir bien souvent. La face cachée du décor est souvent impitoyable, j’ose croire qu’il reste des gens vrais sur cette terre. Bien à vous, véro

    J'aime

    1. Vos engrenages me font penser à Paracelse, qui, d’après Koyré, à inventé le corps astral pour évité l’éxécution de certains de ses disciples. Il tentait de faire peur aux bourreaux en les menaçant d’un retour des disciples sous forme de fantômes, parce que les rouages leurs âmes n’auraient pas accomplies l’ensemble de leurs rotations. Un jeu assez subtil, et précurseur,entre plusieurs plans de l’imaginaire et du réel. L’envers du décor, c’est aussi l’ensemble des plans de l’imaginaire, la profusion des mondes possibles .

      J'aime

  5. L’ envers du décor a lui aussi son propre décor donc à son tour son envers, il n’ y a que par la sortie de secours de l’ imaginaire avec pour clé la créativité que l’ on perçoit peut- être un vrai sentiment de liberté?

    J'aime

    1. Il ya un jeu des plans, qui ne sont donc pas des bulles. Et ce jeu ne concerne pas seulement l’imaginaire. Mais il faut pour cela surmonter la tendance des plans à s’ignorer. C’est cette conégation, et son poids, qui est la pente, si présente, au néant. Face à elle, l’être est jeu, traversée des plans, création, connexion, branchement, surperposition, transparence, fluidité, flou. Pour exister, il faut troubler les plans.

      J'aime

votre réponse:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s