Création. Le seul désir est d’être Dieu.

Créer, ce n’est pas faire quelque chose, mais produire le monde par une existence. Loin de nous cette piètre pensée de produire à nous seul notre propre existence. Notre désir est que, du simple fait que nous sommes, tout soit. Notre cogito sera un Fiat. Nous nous installerons délicieusement à la place de Dieu. Nous ferons mieux que lui, parce que nous sommes sans haine. Nous seuls saurons aimer sans tri.

A quoi bon ce désir d’être Dieu, dans le monde en vigueur ? La vraie question est inverse : est-il monde qui vaille sans ce désir d’être Dieu ? Le désir n’est pas concupiscence passive face à une pauvre chose du monde en l’état. Le vrai désir est création de son objet. Désirer, c’est créer le monde qui manque. Non pas par adjonction, mais par subversion. Il ne s’agit pas d’ajouter, ou d’opposer à l’ambiant quelque aérolithe, mais de se faire interstitiel. De s’installer résolument dans le milieu des choses, dans leurs frontières mouvantes et troubles, afin de leur fomenter un avenir au sein même de leurs contradictions. Une œuvre est possible n’importe où.

Chaque lieu est gros d’une œuvre. Elle n’attend qu’un rien pour éclore .L’artiste n’est pas l’introducteur, mais l’accoucheur. Il n’est pas l’éclairage factice et surplombant qui sourdrait d’un dehors, mais l’éclatement même qui couve en tout lieu. L’art n’est que l’éclat des choses. Ainsi s’entend enfin que le beau soit autant naturel qu’artificiel, puisque l’artifice de l’art n’est qu’assistance à la contrariété naturelle.

4 réflexions sur “Création. Le seul désir est d’être Dieu.

  1. L’art n’attends pas le beau, et l’artiste n’entends pas à être Dieu, il cherche à embêter Dieu… de la subversion que diable. L’art fait voler en éclat.

    L’artiste en arrive même, par fonction à être le trait de désunion entre le(s) dieu(x) et les hommes… toute « réconciliation » est mort de la pensée… et voila pq selon Nietschze l’artiste mange à la table des dieux… être dieu, c’est ennuyeux… mais peut-être je dérive du sujet.

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  2. « produire à nous seul notre propre existence » est-il une si piètre pensée?
    « l’éclatement qui couve en tout lieu » n’est rien d’autre que le frottement des vanités. L’artiste est celui qui fait naître « l’à-côté », suffisamment poli pour que nulle réponse y trouve son crochet. L’éclosion ne naît qu’en le temple (nouveau lieu!) où l’artiste s’humilie devant l’Ego. Je ne suis que perspective de création, et je repasse sur ce que j’ai effleuré de ma nature, ou cru y voir! Dieu accepterait-il que, de cette « contrariété naturelle » puissent naître ses erreurs constituantes?

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