Espace-temps : Vent.

C’est étrange, le vent : tant de puissance, et rien de visible. On croit le voir dans les mouvements qu’il déclanche, dans ces torsions et ces ploiements qu’il inflige à toute souplesse. Les arbres, á cet égard, sont les plus mobiles des masses immobiles. On a toujours besoin de quelque témoin objectif pour indiquer le vent.

Jamais signe n’aura mieux mérité sa définition, qui est de valoir pour une absence. Car le vent agit par son absence. Songeons en effet qu’il n’est pas l’air qu’il déplace. A cet égard, on ne saurait sentir le vent, qui demeure une abstraction,   comme un mouvement de l’air distinct de l’air même, ou comme une différence de pression.

Reste que par cette magie du signe comme lieutenant du vent, il est le plus patent des invisibles. La chose importe car le vent est la cause de presque tous les mouvements de ce qui n’est pas vivant. Le vent est au bord de l’horizon. Car il est tout puissant dans le ciel et le terrestre n’y semble soumis que s’il dépasse du sol, et baigne dans l’air. Le vent est un gardien du ciel, qui agirait sans méthode. Le vent est le chaos du ciel.

Une réflexion sur “Espace-temps : Vent.

  1. Merci pour cette invitation à toucher l’invisible du bout du coeur !
    Je me souviens avec émerveillement d’une exposition à Mouans Sartoux, petite ville de l’arrière pays niçois. L’artiste, alors en résidence au Château, se nommait Herman de Vries, poète de la nature et d’un art sensible et délicat.
    L’une de ses oeuvres était un triptyque et chaque volet de la trilogie portait un titre : Une heure sous un cerisier, Deux heures sous un cerisier, Trois heures sous un cerisier. Le premier tableau se composait d’un collage de quelques feuilles de ceriser, positionnées à l’endroit même où elles étaient tombées lors de l’expostion du canson sous l’arbre. Le deuxième collage comportait plus de feuilles, le temps d’expostition du canson sous l’arbre étant deux fois plus long. Quant au troisième…Magie de la nature, observation patiente de l’artiste et restitution d’un souffle, de l’invisible… Presque toutes les feuilles avaient disparues, une bourrasque de vent les ayant jetées, dispersées hors du champ du canson. Le vent avait remodelé l’espace, oeuvré, tel un artiste, à la réalisation d’un nouvel ordre. Cette oeuvre reste à jamais mon coup de coeur pour l’intention qu’elle portait de rendre visible, l’invisible…

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