Espace-temps: la brume

La brume se pend, se perd, se prend dans les arbres du versant. Tout est  d’un vert aigu. L’air est plein d’une pluie posée. Le lac est sur la montagne. Il est des lieux où le calme se pose sans passer. En ces méandres où le temps s’alanguit, tout verdoie, tout ondoie. 

La brume estompe tout contour. Elle est  ce bord souple du ciel, cette frange entre l’air et le mont, qui demeure indécise. Le ciel est tout entier posé sur sa légèreté. Le torrent rit comme un roc, clarté sonore et continue. Jamais l’eau n’est si vive. Elle est si blanche qu’elle parait ascendante. Le torrent  est une erreur de l’eau. La brume est un nuage du ciel tout entier. Un nuage unique et silencieux qui serait à lui seul la totalité du ciel.

Disjointe, la brume opère la multiplication des sites. Autant de nuées, autant d’endroits. Des plans se mêlent et multiplient. Ils apparaissent  et s’évanouissent. La brume éparse est comme un récit dont toutes les scènes seraient simultanées, une sorte de vision de Dieu. Des alvéoles de l’espace forment comme des bulles de temps. Le temps bouillonne et s’évapore. Des plans de temps se  fondent, se croisent et se disjoignent.

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