L’idée d’algue

Nous sommes des algues. La vie est apparue comme algue. Nous avons d’abord été des algues. Le cerveau, circuit du sang, tous les systèmes sont des algues, comme le circuit de l’eau, les systèmes sociaux, les langues. L’homme est une algue d’algue : les membres, la main, les doigts. Les systèmes respiratoires, sanguins, nerveux. Mais le labyrinthe est encore une algue.

On reconnaît une algue à la bifurcation. C’est sa signature. Son signe distinctif. Le principe à la fois de sa croissance et de son expansion. Une algue n’est jamais qu’une bifurcation qui se reproduit à l’infini. Sauf qu’un tel infini finit par communiquer. Les branches séparées se multiplient tellement qu’elles finissent par se rejoindre.

L’anastomose est l’inverse de la bifurcation. C’est la jonction des lames, qui sont comme les branches d’abord divergentes de l’algue. L’algue anastomosée se fait rideau, filet. C’est la gorgone. L’algue devient alors le circuit, le réseau.

Un tel réseau peut se contracter. Il se durcit alors pour devenir une croûte. C’est un corail. Le voici dur comme une pierre. L’algue est dure, et tendre est la pierre. Ses fils se font tissu, se calcifient, et deviennent des os. Mais il peut aussi bien s’amollir, se répandre au fil de l’eau, flotter sans fin. Il peut même se disperser. Se multiplier dans tous les sens à la fois. L’algue continue alors en étant discontinue. Elle se fait éclat, essaim, nuage. L’algue est le peuple des formes. Leur génétique.

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