Le vague

La raison réclame souvent la précision, sans voir que le lieu décisif est le vague. Car c’est dans l’indécis que le terrain même de la décision se déplace, et s’esquisse. Se dessiner, s’est se décider. Une chose se profile avant de se détailler. Un sentiment, une idée, un projet sont d’abord vagues. Sans doute doivent-ils se préciser pour se réaliser, mais s’ils n’avaient pas été vagues, ils n’auraient pas été du tout.

Or le vague n’est pas l’imprécis, mais ce qui glisse encore, ce dont la limite joue. Non pas le fond infini des possibles où tout figure sans que rien ne se décide à être, mais la limite et le sens à l’état naissant, dont le jeu propre est encore d’hésiter entre plusieurs formes, plusieurs tracés de la limite, plusieurs figures également possibles.

Extrait de Jeanpaul Galibert, Li’dée de ludique, en ligne et en vente sur publie.net

Une réflexion sur “Le vague

  1. Cela me touche, car c’est très prés de mon travail :  » Dessiner c’est se décider ».
    Merci pour l’intérêt que vous portez à mon blog. Cordialement.

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