neige

Un bord immense s’est posé dans la nuit : un nouveau sol est tombé du ciel. Il s’est posé point par point sur le bord de toutes choses. Ce n’est qu’une pellicule, et pourtant tout est blanc. De tous les bords la neige est le plus éphémère, et son enseignement, le plus soudain. En cachant tout, elle nous apprend que tout est plat, que tout est opaque, et donc que nous ne percevons rien de la profondeur des choses. Quelques millimètres suffisent à cacher le peu qui est à voir.

La neige remonte sur la vitre. Elle est le sol, la profondeur de l’air. Une ouate cotonneuse estompant tout contour. Chaque pas devient plus pas, si lourd si sourd que l’on ne l’entend pas : il se grave seulement dans la fausse surface des choses.

Elles ont une autre peau. Un sol étrange et provisoire, immobile, éphémère s’est posé sur le sol. Un simulacre sans fin, si blanc dans le noir qu’il brille dans la nuit. Tout est gris, sauf ce cri figeant tout plan. Car la neige se pose. Elle aime demeurer. Un certain rien suffirait à dissoudre cet empire invincible mais il suffit qu’il ne se produise pas pour que la neige soit éternelle, comme un linceul définitif.

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