La signature de l’inexistence

Que ne ferions-nous pas pour avoir quelque chose à faire ? Presque autant que pour trouver l’objet suprême de notre quête : des choses déjà toutes faites. Un vécu tout prêt, qu’il n’y ait plus qu’à vivre. Un spectacle bien ficelé, une intrigue bien menée, un corps bien tourné, n’importe quelle chose qui semble comme d’avance disponible, c’est à dire qui suscite peu ou prou, à grands renforts de désirs propices, l’inaccessible impression d’exister.

Le désir d’exister et la conscience d’inexister sont une seule et même chose. Les gens font la queue des heures durant devant tous les lieux dont ils ont entendu dire qu’ils contenaient quelque occasion d’existence. La hâte laborieuse, la frénésie, l’immense patience, autant d’indices pour qui regarde sans illusion, de la claire conscience d’inexister. Le désir d’exister est la signature de l’inexistence. C’est pourquoi tout ce que nous faisons est la preuve que nous ne sommes rien.

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