Le temps du peuple

Ont-ils tort tous ces gens du peuple qui parlent si souvent du temps qu’il fait? Dirons-nous à leur encontre, comme tant de philosophes endormis, que le vrai temps est celui qui passe? Mais  de quel droit décider que le vrai temps n’est pas le leur? Les présocratiques avaient-il ce mépris du climat? ou ont-ils inventé leur philosophie comme une météorologie?

Les paresseux de la pensée détestent le temps qu’il fait, et on les comprend: rien n’est plus épuisant que penser le chaos. Tandis que la ligne droite est un guide sans égaré, une route unique et rectiligne, un  repos, même au sein du mouvement, les nuages s’évadent à l’infini. Rien, rien, rien ne change si vite et si absolument que le paysage de l’air. L’histoire elle même, auprès de lui, n’est qu’un labour alangui. Toute la paresse de la philosophie se révèle à la fixité de ses buts: le principe, le fondement,  le terrain assuré, la définition, la carte, toujours la fixité, intangible. Nous avons même attaché à la droite la prolixité galopante du temps. Ignorant nos accords et nos oublis, le peuple parle et le ciel rit.

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