L’art plastique l’espace

Tout art ouvre, pour ne pas dire fomente l’espace ambiant. Pierre Francastel disait qu’un Mondrian géométrise l’espace autour de lui. Charles Bouleau, avec son idée de charpente, signalait le poids du cadre sur la composition. Mais ces lignes de composition, se réfèrent au cadre, mais, loin de s’y arrêter, elles continuent au delà, construisant pas à pas les alentours de l’œuvre Et jusqu’où ira-t-il,  ce rayonnement des lignes de l’œuvre, si l’on n’y prend garde,? Jusqu’à l’espace entier, rouvert, réinventé, recréé par l’œuvre. Alors  » plastique  » risque de cesser d’être une qualité de l’espace pour devenir une action de l’art.

Dans cette opération, il y a évidemment un danger sémantique, qui est aussi, forcément, politique. Le verbe plastiquer existe déjà, et il désigne l’action directe préférée des terroristes les mieux au fait des technologies militaires. A moins qu’on utilise ce péril pour armer le paradoxe. Pourquoi ne pas penser l’art comme un terrorisme doux ? Imaginez le pouvoir de celui qui, sans un mot, rebâtit entièrement l’espace autour de vous. C’est donc l’art qui est le créateur du monde, et l’artiste qui s’empare résolument de la place de Dieu, malheureusement laissée vacante par son inexistence. Voilà donc une piste prioritaire pour une esthétique utopiste et athée, c’est-à-dire proprement humaniste : c’est l’art qui crée l’espace, en le plastiquant.

Tout art ouvre, pour ne pas dire fomente l’espace ambiant. Pierre Francastel disait qu’un Mondrian géométrise l’espace autour de lui. Charles Bouleau, avec son idée de charpente, signalait le poids du cadre sur la composition. Mais ces lignes de composition, se réfèrent au cadre, mais, loin de s’y arrêter, elles continuent au delà, construisant pas à pas les alentours de l’œuvre Et jusqu’où ira-t-il,  ce rayonnement des lignes de l’œuvre, si l’on n’y prend garde,? Jusqu’à l’espace entier, rouvert, réinventé, recréé par l’œuvre. Alors  » plastique  » risque de cesser d’être une qualité de l’espace pour devenir une action de l’art.

Dans cette opération, il y a évidemment un danger sémantique, qui est aussi, forcément, politique. Le verbe plastiquer existe déjà, et il désigne l’action directe préférée des terroristes les mieux au fait des technologies militaires. A moins qu’on utilise ce péril pour armer le paradoxe. Pourquoi ne pas penser l’art comme un terrorisme doux ? Imaginez le pouvoir de celui qui, sans un mot, rebâtit entièrement l’espace autour de vous. C’est donc l’art qui est le créateur du monde, et l’artiste qui s’empare résolument de la place de Dieu, malheureusement laissée vacante par son inexistence. Voilà donc une piste prioritaire pour une esthétique utopiste et athée, c’est-à-dire proprement humaniste : c’est l’art qui crée l’espace, en le plastiquant.

Extrait de « L’art plastique l’espace », texte publié sur Espace temps.

7 réflexions sur “L’art plastique l’espace

  1. Peut-être que le copié-collé 2x est voulu? Je vous le souligne dès fois que non.

    Vos textes sur l’art plastique de l’espace sont fascinants. Cela fait résonnance dans mon écriture. Je me suis mis à écrire à mon arrivé à Montréal, il y a douze ans. Premièrement par manque d’espace, je n’avais plus d’atelier pour peindre ou dessiner et puis l’écriture était un espace vierge, identique à la ville où je me trouvais. J’avais besoin de perdre mes repères et de créer. Je me suis rendue compte que chaque court texte était une toile dans ma tête, que les mots étaient des couleurs, des formes, des contre-formes, des ratures, des lignes. Que mon débit, je la visualisais en coups de pinceaux plus ou moins violents, de la même façon que je peignais. J’ai donc observé que parfois l’écriture peut être une toile, la toile des mots, la musique une sculpture. Tout ce mélange, tout s’obtient. L’écriture de Camus est pour moi en général, une toile chaude d’un soleil d’été de 16 heures. Bon, je papote. Je m’arrête ici.😉

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  2. Citation : Tout art ouvre, pour ne pas dire fomente l’espace ambiant.

    Oui, c’est pourquoi, beaucoup d’entre nous sortons des espaces ‘confinés’, des villes, des parcs, et des ‘aménagements’, pour entrer dans une autre dimension, celle de la nature ambiante … autre art, autre créateur !🙂

    L’art y est infini, renouvelé sans cesse, au grès des saisons … mais déjà au grès de l’heure du jour, de la luminosité, de la pluie ou du vent par exemple, et même de la température … l’air ne dessine pas les mêmes courbes et d’une heure à l’autre, l’ensemble peut être totalement transformé à notre regard ! Il que la nuit tombe … ou qu’un nuage page ou qu’il neige … ou après une mousson, un dessert soudain fleuri.
    … plus la vue diffère de notre environnement, donc plus elle nous est inaccessible, généralement, plus elle nous coupe le souffle …

    … tout comme l’art de notre espace confiné ambiant fini par ne plus attiré notre regard … après quelques années, même si l’ensemble est ‘époustouflant’, il devient ‘habituel’ … le renouveler, oui ? Après combien de temps, deviendra-il habituel à nos yeux ? Le renouveler encore ? Nos yeux ont si vite tendance à ne plus s’émerveiller de rien … même si parfois, pendant un temps, c’est le regard des autres qui maintient notre émérvei’notre orgueil, plutot …

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