L’hypertravail

 Le temps de parole est un temps de travail permanent qui produit une valeur réelle et mesurable par sa durée. 

Pour l’essentiel, l’hypertravail, qu’effectue notamment le consommateur, consiste à créditer, c’est à dire à ajouter par l’imagination de la valeur au nom de la marchandise que l’on consomme, ou de l’entité pour laquelle on travaille. J’achète un jean deux fois plus cher parce qu’il porte une marque célèbre; je pourrais acheter exactement le même objet, dégriffé, à moitié prix. Comment comprendre l’ajout de valeur qui permet le doublement du prix? 

Puisque je n’accepte cette dépense supplémentaire que parce que j’imagine une qualité supplémentaire propre au nom de la marque, force est de reconnaître que ce travail n’est autre que mon propre travail imaginaire, par lequel je produis la valeur supplémentaire de la marchandise nantie du label. Comment le mesurer? par la durée. (…)  ensuite, lors de l’achat, je paye la marchandise à son juste prix, calculé en additionnant d’une part le temps de travail classique nécessaire à la production de l’objet, et d’autre part le temps d’hypertravail que j’ai moi-même effectué. Mais encore faut-il que j’achète mon propre travail.

Extrait de jean paul Galibert , »L’hypercapitalisme », in Philosophie et politique,  P.U.F., texte en ligne

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